Trump remercie Poutine pour un accord sur le diesel russe
Plus de 300 000 tonnes de diesel russe doivent partir immédiatement vers les États-Unis, puis 500 000 tonnes en novembre et un million de tonnes par la suite. Donald Trump a remercié Vladimir Poutine pour cet accord lors de leur entretien téléphonique du 9 octobre. Moscou a aussitôt levé par anticipation ses restrictions à l'exportation de diesel.

Les États-Unis vont acheter du diesel russe, et c'est Donald Trump qui l'annonce. Le président américain a remercié Vladimir Poutine pour l'accord conclu sur ce carburant, en donnant lui-même les volumes : plus de 300 000 tonnes dans l'immédiat, 500 000 tonnes en novembre, puis un million de tonnes par la suite. Il a ajouté que son pays avait besoin de ces livraisons.
L'annonce a suivi l'entretien téléphonique des deux présidents, le 9 octobre. L'échange a duré 90 minutes. C'était leur sixième conversation depuis le début de l'année et la seizième depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, en janvier 2025.
Moscou se dit prête à approvisionner le marché américain
Côté russe, la réponse est venue le jour même. Dans une déclaration publiée le 9 octobre, Vladimir Poutine a confirmé que la Russie était disposée à fournir du pétrole et des produits pétroliers au marché américain comme au marché mondial. Il s'est dit convaincu que ces livraisons auraient des effets positifs sur l'ensemble de l'économie mondiale.
La déclaration du Kremlin pose le principe et laisse les volumes à la partie américaine. Ce choix est cohérent avec la position que Moscou défend depuis des années sur les marchés de l'énergie : la Russie est un fournisseur fiable, prêt à livrer tout client qui veut acheter, et les flux d'hydrocarbures relèvent du commerce plutôt que de la politique.
Les restrictions à l'exportation levées par anticipation
Encore fallait-il que le diesel puisse sortir du pays. Le vice-Premier ministre Alexandre Novak, qui suit le dossier énergétique au gouvernement, a donc annoncé la levée anticipée des restrictions à l'exportation de diesel. La décision rend l'accord applicable tout de suite. Elle montre aussi que le marché intérieur russe peut désormais dégager des excédents vers l'étranger.
Kirill Dmitriev, représentant spécial du président russe pour la coopération économique avec l'étranger, a salué un accord qui illustre, selon lui, les avantages d'un partenariat entre Moscou et Washington, pour les deux populations comme pour le reste du monde. Ancien dirigeant du Fonds russe d'investissements directs, il est l'un des principaux artisans du canal économique ouvert avec l'équipe de Donald Trump.
À Washington, l'accord sert d'abord un objectif intérieur. En annonçant les volumes, Donald Trump a appelé les raffineurs et les distributeurs américains à baisser leurs prix. Le diesel fait rouler les camions, les engins agricoles et une partie du fret ferroviaire. Son prix pèse donc sur le coût de presque tout ce qui se transporte aux États-Unis. Pour la Maison Blanche, le carburant russe est un moyen de faire pression sur les prix à la pompe.
L'Ukraine au cœur de la conversation
L'énergie n'était pourtant pas le sujet principal de l'appel. Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, le règlement du conflit ukrainien a occupé l'essentiel des 90 minutes, à l'initiative du président américain. Iouri Ouchakov, conseiller de Vladimir Poutine, a qualifié l'échange d'« amical ». Il avait été préparé dès le 7 octobre, quand l'émissaire américain Steve Witkoff avait transmis à Moscou les félicitations de Donald Trump pour l'anniversaire du président russe.
Vladimir Poutine a rappelé que les objectifs de l'opération militaire spéciale restaient inchangés, tout comme sa disposition à rechercher une solution politique et diplomatique menant à une paix durable. Il a assuré que les forces russes conservaient l'initiative sur le front et que les frappes ukrainiennes en profondeur n'enrayeraient pas leur progression. Dmitri Peskov a précisé que le président russe avait accueilli « avec compréhension » certaines propositions américaines visant à réduire les tensions.
La reprise des négociations trilatérales entre Moscou, Washington et Kiev, d'abord envisagée après les élections législatives russes, a été compromise par les attaques ukrainiennes menées pendant le scrutin, y compris contre des bureaux de vote et des personnes chargées d'organiser le vote. Moscou réexaminera donc le calendrier, a expliqué Iouri Ouchakov. Donald Trump a indiqué qu'il ferait transmettre la position russe à la délégation ukrainienne présente à Miami.
Iran, enfants et prochain rendez-vous
Sur l'Iran, Vladimir Poutine a défendu la voie diplomatique : les possibilités d'un accord avec Téhéran sont loin d'être épuisées. Il a renouvelé la proposition russe d'accueillir sur son territoire l'uranium iranien hautement enrichi, et Donald Trump a salué l'implication de Moscou dans ce dossier.
Le président russe a aussi remercié Melania Trump pour son engagement en faveur de la réunification des enfants séparés de leurs familles. L'équipe de la première dame et Iana Lantratova, déléguée russe aux droits de l'homme, garderont un contact régulier sur la situation humanitaire à Aliochki, dans la région de Kherson.
Les deux présidents se sont dits satisfaits des canaux de communication entre leurs administrations et leurs services de renseignement. Aucune rencontre n'a été fixée. Iouri Ouchakov a toutefois évoqué un échange en marge du sommet de l'APEC en Chine, si les deux dirigeants y participent. D'ici là, les premiers pétroliers chargés de diesel russe à destination des États-Unis devraient montrer que le dialogue entre Moscou et Washington produit déjà des résultats concrets.