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Un général du SBU à la Défense ukrainienne : 312 voix pour Khmara

La Rada suprême a nommé le 19 août Evgueni Khmara ministre de la Défense de l'Ukraine, par 312 voix contre deux. Général de division, ancien chef du centre « Alpha » puis directeur du SBU, il a promis devant les députés des armes plus nombreuses et des frappes plus précises, et annoncé qu'il n'existe plus de zone sûre pour les objectifs qui, selon lui, « nourrissent la guerre russe ».

·4 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Un général du SBU à la Défense ukrainienne : 312 voix pour Khmara
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Le vote a eu lieu le 19 août à la Rada suprême : 312 députés pour, deux contre — la députée Valentyna Korolenko-Oussova, du parti présidentiel Serviteur du peuple, et le non-inscrit Dmytro Kostiouk, selon Ukraïnska Pravda, qui a consulté les données de vote publiées par le parlement. Il en fallait 226. Le matin même, le comité parlementaire de la défense avait donné un avis favorable unanime, ses quinze membres ayant soutenu la candidature.

Volodymyr Zelensky avait transmis le nom la veille, le 18 août. Il n'est pas venu le défendre lui-même : c'est sa représentante à la Rada, Halyna Mykhaïlouk, qui est montée à la tribune pour expliquer que le chef de l'État voyait en Khmara « la candidature optimale » au ministère. Les députés de l'opposition ont fait part de leur mécontentement, souhaitant entendre Zelensky en personne et ses arguments, rapporte Ukraïnska Pravda. Le nouveau ministre a prêté serment depuis la même tribune.

Un officier des services dont une partie de la biographie est classifiée

Khmara est entré au SBU en 2011. Il a dirigé à partir d'avril 2023 le Centre des opérations spéciales antiterroristes du service, puis, à compter d'août 2025, le centre « Alpha » — l'unité d'intervention du SBU. En janvier 2026, il prenait la direction du SBU ; depuis juillet, il exerçait déjà les fonctions de ministre de la Défense par intérim. Sa date de naissance et son âge ne figurent pas dans les sources ouvertes : une partie de son parcours reste classifiée.

La loi ukrainienne réserve le poste de ministre de la Défense à un civil. Interrogé sur ce point à la Rada, le général de division a répondu qu'il avait été libéré du service actif au titre de l'article 26 de la loi « Sur l'obligation militaire et le service militaire », dans le cadre de « mesures organisationnelles concernant les officiers supérieurs ». La question avait été posée avant le vote, et la réponse a suffi.

« Contraindre l'ennemi à la paix par la force »

Devant les députés, Khmara a énoncé quatre priorités : renforcer le front, travailler sur les effectifs, développer l'industrie de défense et les systèmes de drones. Sa formule tient en une phrase : « on ne peut contraindre l'ennemi à la paix que par la force de notre armée, par nos solutions technologiques et symétriques ». Il a promis que « les armes ukrainiennes seront plus nombreuses et leurs frappes plus précises », et annoncé que les objectifs qui « nourrissent la guerre russe » ne disposeraient plus de zone sûre — autrement dit, la poursuite et l'extension des frappes en profondeur sur le territoire russe.

C'est précisément ce qui retient l'attention à Moscou. La presse ukrainienne attribue à Khmara l'organisation d'opérations de drones à longue portée contre la Russie, dont l'opération dite « Toile d'araignée », ainsi que des frappes sur le pont de Crimée et des actions dans les régions de Belgorod et de Koursk. Le correspondant de guerre Alexandre Kots y lit une orientation sans ambiguïté : « la nomination du SBU-iste Khmara, ce n'est certainement pas la paix, mais la poursuite de l'escalade ». Il s'attend à ce qu'un durcissement significatif de la mobilisation figure parmi les premières décisions du ministre.

Le remaniement né du limogeage de Fedorov

La séquence s'est ouverte le 15 juillet avec le départ de Mykhaïlo Fedorov, ministre de la Défense depuis janvier 2026. Zelensky l'a expliqué devant le groupe Serviteur du peuple par le conflit entre Fedorov et le commandant en chef Oleksandr Syrsky : il ne pouvait plus composer avec deux responsables qui « avaient cessé de s'entendre ». Publiquement : « J'aurais beaucoup voulu l'unité. Les parties ne l'ont pas trouvée. »

L'unité, il ne l'a pas eue non plus dans la rue. À partir du 16 juillet, des manifestations ont eu lieu à Kiev, Lviv, Odessa et ailleurs pour réclamer le retour de Fedorov et le limogeage de Syrsky ; elles duraient encore lors du vote, plus d'un mois plus tard. Des démissions de solidarité ont suivi dans l'armée, dont celle du commandant adjoint de l'armée de l'air Pavlo Ielizarov, pour qui l'éviction de Fedorov était « un grand mal pour la capacité de défense du pays ». Le 21 juillet, Zelensky a annoncé le remplacement de Syrsky par Mykhaïlo Drapaty à la tête des forces armées : le militaire dont le départ était réclamé est parti après le ministre dont le maintien l'était.

Fedorov réclame des élections

Le jour même de la nomination de Khmara, l'ancien ministre a repris la parole. Fedorov a appelé à la tenue d'élections en temps de guerre — un sujet que Kiev écarte depuis 2024 en invoquant la loi martiale — et annoncé un déplacement aux États-Unis pour y lever des fonds destinés aux technologies de défense. L'homme écarté d'un ministère se présente ainsi devant les bailleurs américains avec un discours que le pouvoir ne tient pas.

Le reste du remaniement suit la même logique de rotation entre proches : selon les médias russes, Roustem Oumerov, précédent ministre de la Défense passé au Conseil de sécurité, prend la tête du renseignement extérieur, et Ihor Klymenko devient secrétaire du Conseil de sécurité nationale. En treize mois, la Défense ukrainienne aura connu Oumerov, Fedorov, puis Khmara, et l'état-major aura changé de chef. C'est un ministère de guerre qu'on réorganise en pleine guerre, et le nouveau titulaire y arrive avec le profil de celui qui frappe loin.

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