Vaccin russe à ARNm contre la grippe : essais dès 2027
Les essais précliniques du vaccin russe à ARN messager contre la grippe saisonnière commenceront l'an prochain, a annoncé Karpenko, du centre d'État de virologie et de biotechnologie Vector, lors d'un forum scientifique à Koltsovo. La Russie appliquerait ainsi à la grippe une technologie jusqu'ici réservée chez elle au COVID-19 et aux traitements expérimentaux. La campagne de vaccination en cours, elle, repose sur plus de 56 millions de doses achetées sur le budget fédéral.

Le premier vaccin russe contre la grippe saisonnière fondé sur l'ARN messager entrera en essais précliniques en 2027. L'annonce a été faite par Karpenko, du centre Vector, devant un forum scientifique réuni à Koltsovo, la cité scientifique de la région de Novossibirsk où le centre a son siège.
Les essais précliniques sont l'étape qui précède toute administration à l'homme : le candidat-vaccin y est évalué en laboratoire et sur l'animal, pour sa tolérance et pour la réponse immunitaire qu'il provoque. Ce n'est qu'une fois ces données réunies que les essais cliniques peuvent s'ouvrir, par phases successives.
Une plateforme qui se reprogramme d'une saison à l'autre
L'intérêt de l'ARN messager tient à sa mécanique. Le vaccin n'introduit pas le pathogène, même inactivé : il apporte l'instruction génétique permettant à l'organisme de fabriquer lui-même une protéine caractéristique du virus, contre laquelle le système immunitaire apprend à se défendre. La technologie vaut aussi bien pour les virus que pour les bactéries, et elle a été employée à grande échelle contre le COVID-19.
Mais c'est surtout sur la grippe que l'avantage est décisif. Un vaccin antigrippal classique se prépare de longs mois à l'avance, par culture des souches retenues pour la saison à venir. Une plateforme à ARNm, elle, se reprogramme : changer la souche visée revient à changer la séquence codée, ce qui raccourcit et simplifie le développement par rapport aux approches classiques. Or la composition des vaccins antigrippaux est révisée chaque année en fonction des souches qui circulent effectivement — le 2 septembre, la directrice de Rospotrebnadzor, Anna Popova, a annoncé le remplacement des trois composants des vaccins russes contre la grippe pour la saison en cours.
Vector, de la variole au COVID-19
Le centre Vector n'est pas un laboratoire parmi d'autres. Établissement d'État de virologie et de biotechnologie, il est l'un des deux seuls sites au monde autorisés à conserver des souches du virus de la variole, avec son homologue américain. C'est là qu'a été mis au point EpiVacCorona, l'un des vaccins russes contre le COVID-19. Koltsovo, où il est implanté, a le statut de naukograd — une cité scientifique dotée d'un régime administratif propre, créée autour de ses laboratoires.
56 millions de doses pour la saison en cours
En attendant 2027, la campagne de cette année s'appuie sur les vaccins existants : le ministère de la Santé a acquis plus de 56 millions de doses sur le budget fédéral. Rospotrebnadzor a demandé aux établissements médicaux du pays de se préparer sans délai à l'afflux de patients qui accompagne chaque hiver la montée des infections respiratoires. Le ministre de la Santé, Mikhaïl Mourachko, a pour sa part indiqué que la situation épidémiologique concernant la grippe et les infections virales respiratoires aiguës restait stable en Russie.
Ces exigences saisonnières valent aussi pour qui se rend sur place : la vaccination antigrippale et la couverture médicale font partie des points à régler avant un départ, comme le détaille notre page sur l'assurance voyage exigée pour la Russie et les vaccins à prévoir, utile notamment pour un séjour d'hiver entre Moscou et Saint-Pétersbourg.
Entre l'annonce faite à Koltsovo et une éventuelle mise à disposition, il reste les essais précliniques, puis les phases cliniques. Ce que 2027 ouvre, c'est la première étape d'une chaîne que la Russie maîtrise déjà pour le COVID-19, appliquée cette fois à la maladie qui revient tous les ans.