Vivre cent ans : les six gestes listés par Onichtchenko
Renoncer au tabac et à l'alcool, bouger, marcher, manger normalement et se faire vacciner contre la grippe : l'académicien Guennadi Onichtchenko a énuméré les conditions qui permettent, selon lui, d'atteindre cent ans. Le membre de l'Académie des sciences de Russie, vice-président de l'Académie russe de l'éducation, voit dans la culture d'organes la piste la plus prometteuse pour la longévité — mais il refuse d'attendre qu'elle arrive.

Atteindre cent ans n'a rien d'une loterie génétique : c'est le résultat d'une série de décisions ordinaires, prises tôt et tenues longtemps. Guennadi Onichtchenko les a énumérées sans détour. « Pour vivre jusqu'à cent ans, il faut préserver sa santé, ne pas fumer, ne pas consommer d'alcool, faire du sport, marcher, s'alimenter normalement et se faire vacciner contre la grippe », a déclaré l'académicien.
La liste tient en une phrase, et c'est sa force. Six gestes, aucun qui suppose un équipement, un abonnement ou un revenu particulier. L'homme qui les énonce n'est pas un chroniqueur bien-être : longtemps médecin sanitaire en chef de la Russie, à la tête du service fédéral de surveillance sanitaire Rospotrebnadzor, Guennadi Onichtchenko a passé sa carrière sur les statistiques de mortalité d'un pays de cent quarante-cinq millions d'habitants. Quand il place la vaccination antigrippale au même rang que l'arrêt du tabac, ce n'est pas une préférence personnelle : c'est un classement fondé sur ce qui tue, et sur l'âge auquel cela tue.
Trois familles de maladies décident de l'espérance de vie
L'académicien avait détaillé ce classement le 25 juillet. En tête de la mortalité et des années de vie perdues viennent les pathologies cardio-vasculaires ; suivent les maladies oncologiques, puis les maladies endocriniennes. L'ordre compte : il explique pourquoi la liste des six gestes ressemble à ce qu'elle est. Le tabac, l'alcool, la sédentarité et l'alimentation agissent précisément sur ce premier bloc, celui qui pèse le plus lourd dans le total.
Onichtchenko est allé plus loin le 11 juillet, en reliant la progression de ce qu'il appelle les « maladies-cavaliers » — celles qui avancent ensemble et emportent le plus de vies — à trois causes contemporaines : le mode de vie sédentaire, le stress chronique et la surcharge du système nerveux. Le diagnostic déplace la responsabilité du terrain médical vers l'organisation de la journée : le temps assis, la charge mentale, le sommeil. Donc les six gestes ne valent pas seulement contre une cigarette ou un verre, mais contre une manière de vivre.
La culture d'organes, horizon réel mais pas alibi
Interrogé sur les pistes scientifiques, l'académicien désigne la culture d'organes. Les technologies de bio-ingénierie se développent activement, estime-t-il, et deviendront plus accessibles à l'avenir. La réserve arrive aussitôt : « Mais pour l'instant, ne restons pas assis à attendre, occupons-nous de notre santé. »
La phrase vise un réflexe précis, celui qui consiste à reporter l'effort sur une médecine à venir. Un organe cultivé remplacera peut-être un cœur usé ; il ne rendra pas les trente années pendant lesquelles ce cœur aura été abîmé. L'académicien tient les deux bouts : soutenir la recherche, et refuser qu'elle serve d'excuse.
Un rappel qui vaut aussi pour les étrangers installés en Russie
Pour un Français qui vit en Russie, ces recommandations croisent une réalité administrative concrète. La vaccination antigrippale, les bilans de santé, la prise de rendez-vous chez un médecin passent par un système où un minimum de russe devient vite indispensable : on circule et on paie sans un mot de russe, on consulte beaucoup plus difficilement. L'inscription auprès d'une polyclinique fait partie des démarches à régler dès l'installation, au même titre que le compte bancaire ou le logement.
Onichtchenko ne promet pas cent ans à qui suit sa liste. Il énonce une condition, pas une garantie : sans ces six gestes, la question ne se pose même pas. Reste à savoir combien de ceux qui les lisent en retiendront le dernier, celui qui coûte le moins et se néglige le plus — un vaccin, une fois par an, avant l'hiver.
Sources
- Онищенко назвал условия для жизни до 100 лет — Vedomosti
- Онищенко пояснил, что поможет людям доживать до ста лет — Rossiïskaïa Gazeta