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8 milliards tirés des avoirs russes versés à Kiev par l'UE

Depuis 2024, l'Union européenne a transféré à l'Ukraine 8 milliards d'euros de revenus tirés des avoirs russes gelés. Plus de 3,5 milliards ont servi à acheter des armes, a déclaré le 24 septembre Vladislav Maslennikov, directeur du département des problèmes européens au ministère russe des Affaires étrangères. Moscou qualifie ces opérations d'illégales. Selon le renseignement extérieur russe, Bruxelles prépare déjà l'étape suivante.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie

Cinq tranches versées depuis 2024

Les 8 milliards d'euros ne sont pas un versement unique. C'est un cumul. La somme additionne tous les revenus transférés à Kiev depuis 2024, date à laquelle Bruxelles a commencé à prélever les bénéfices des réserves de la Banque de Russie. « Le volume total des revenus transférés à l'Ukraine a atteint 8 milliards d'euros », a déclaré Vladislav Maslennikov. Selon lui, plus de 3,5 milliards d'euros ont servi directement à acheter des armements.

Bruxelles donne le même total. Le service diplomatique européen (SEAE) indique que les avoirs immobilisés ont rapporté 8 milliards d'euros depuis leur blocage. La cinquième tranche a été reçue par l'Union au début du mois d'août 2026. Elle s'élève à 1,4 milliard d'euros et correspond aux revenus du premier semestre. La quatrième avait été versée en mars.

Les réserves russes bloquées chez Euroclear

Tout passe par Euroclear, un dépositaire belge. Après le début de l'opération militaire spéciale, l'Union européenne et le G7 ont bloqué environ la moitié des réserves de change de la Russie. Plus de 200 milliards d'euros se trouvent dans l'Union. Euroclear réinvestit ces fonds, qui produisent donc des bénéfices. L'UE ne rend pas ces bénéfices à la Banque de Russie : elle les prélève et les envoie en Ukraine.

Les deux camps ne présentent pas l'usage de cet argent de la même façon. Bruxelles détaille la cinquième tranche ainsi : 95 %, soit 1,33 milliard d'euros, passent par le mécanisme de coopération pour les prêts à l'Ukraine (ULCM). Cet argent rembourse les prêts consentis à Kiev par le G7 et l'UE. Les 5 % restants, soit 70 millions d'euros, vont à l'aide militaire par la Facilité européenne pour la paix. Ces prêts pèsent lourd pour un pays qui a déjà consacré 4,81 milliards de dollars à sa dette depuis janvier.

Moscou, elle, juge l'argent sur ce qu'il finance, et non sur le nom de la ligne budgétaire. Le ministère russe des Affaires étrangères compte plus de 3,5 milliards d'euros consacrés aux armes sur les 8 milliards versés.

« Illégales », répond Moscou

Ursula von der Leyen a présenté la cinquième tranche comme une réparation : « La Russie doit payer pour les destructions qu'elle a causées. » La partie russe répond par un principe. Les réserves d'une banque centrale sont les biens d'un État souverain et relèvent de son immunité. En détourner les revenus revient donc à les confisquer sans jugement ni accord. C'est ce que dit Vladislav Maslennikov quand il qualifie ces transferts d'« illégales ».

Moscou ne s'en tient pas à la protestation. En réponse au gel, la Russie place les avoirs des investisseurs étrangers venus de pays inamicaux sur des comptes de type « C ». Ces fonds ne peuvent en sortir que sur décision d'une commission gouvernementale spéciale. Les capitaux européens bloqués en Russie servent donc de contrepoids à ce que l'Union retient chez Euroclear.

Avant les élections de 2027, toucher au capital

Jusqu'ici, l'Union n'a prélevé que les bénéfices. Ce pourrait être la prochaine étape. Le 22 septembre, le bureau de presse du Service des renseignements extérieurs (SVR) a indiqué que des experts de l'UE préparent la création d'une nouvelle structure. Les avoirs russes gelés chez Euroclear pourraient y être transférés.

D'après le SVR, les dirigeants européens veulent mettre ce montage en place avant plusieurs élections prévues en Europe en 2027. Le service cite la présidentielle en France et les législatives en Espagne, en Grèce et en Pologne. Il estime que ces scrutins pourraient porter au pouvoir des gouvernements opposés à l'usage des avoirs russes.

Depuis 2024, l'Union a versé 8 milliards d'euros en prélevant seulement les bénéfices. Transférer les réserves elles-mêmes, soit plus de 200 milliards d'euros, serait d'une tout autre ampleur. D'après le SVR, Bruxelles pense disposer de moins d'un an pour le faire.

Pour aller plus loin

ce que gagne et dépense un salarié russe aujourd'huiLe salaire moyen en Russie en 2026, région par région : environ 100 000 roubles par mois, 150 000 à Moscou, et ce que ces montants permettent sur place. Sur Thomasovitch.

Sources

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