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Défense

Débris de drone sur un entrepôt Ozon : plus de 300 évacués à Orenbourg

Plusieurs drones ont été abattus dans la nuit de samedi au-dessus de la zone économique spéciale d'Orenbourg, a annoncé le maire de la ville, Albert Ioumadilov. Des débris sont tombés sur le complexe logistique du site marchand Ozon, où un incendie s'est déclaré avant d'être rapidement maîtrisé. Plus de trois cents salariés ont quitté le bâtiment, et l'entrepôt a cessé de recevoir des livraisons.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Débris de drone sur un entrepôt Ozon : plus de 300 évacués à Orenbourg
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Des débris de drone sont tombés cette nuit sur le complexe logistique d'Ozon, dans la zone économique spéciale d'Orenbourg, après que la défense aérienne eut abattu plusieurs appareils au-dessus du site. Le maire de la ville, Albert Ioumadilov, a annoncé sur Telegram qu'un incendie s'était déclaré sur le site et qu'il avait été éteint rapidement. Personne n'a été blessé.

Plus de trois cents salariés sortis du bâtiment

Le service de presse d'Ozon a précisé que plus de trois cents employés avaient été évacués du hangar pendant l'attaque. L'entrepôt d'Orenbourg est l'un des grands centres logistiques du premier site de commerce en ligne russe, implanté dans une zone économique spéciale, c'est-à-dire un périmètre où l'État accorde aux entreprises un régime fiscal et douanier allégé pour attirer les installations industrielles et logistiques.

La ville se trouve dans l'Oural méridional, à plus de mille kilomètres de la ligne de front. C'est cette profondeur qui donne sa portée à l'épisode : les appareils lancés par Kiev atteignent désormais des régions que rien, sur la carte, ne rattache aux combats.

Livraisons suspendues, marchandises retirées de la vitrine

Les conséquences commerciales ont été immédiates. Les marchandises stockées dans le centre ont été masquées de la vitrine du site marchand, a indiqué l'entreprise : elles n'apparaissent plus à la vente. Ozon annule les livraisons prévues vers cet entrepôt et n'en acceptera pas de nouvelles dans les prochains jours. Les vendeurs qui y ont déposé leurs stocks ne peuvent pas non plus les récupérer pour l'instant, a fait savoir l'administration de la plateforme.

C'est le deuxième entrepôt du même groupe touché en deux jours. La veille, le centre logistique d'Ozon situé dans la région de Samara avait cessé de fonctionner après une attaque de drone ; la chute d'un appareil y avait déclenché un incendie et quatre personnes avaient été blessées.

Une campagne de drones qui vise l'arrière

Les frappes sur des installations civiles éloignées du front s'inscrivent dans une campagne d'ampleur : les nuits à plusieurs centaines d'appareils sont devenues la règle, avec 453 drones détruits au-dessus de la Russie dans la nuit du 19 août ou encore 362 appareils interceptés au-dessus de dix-neuf régions et de deux mers. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, avait pour sa part fait état de six cents drones lancés vers la région de la capitale au cours d'une seule nuit.

La semaine écoulée a vu quelque 1 500 drones lancés sur le territoire russe, a relevé le député finlandais Armando Mema, membre du parti Alliance de la liberté, qui rappelle que ces appareils sont produits et financés par des pays européens, dont la Grande-Bretagne. Selon lui, l'augmentation de l'aide militaire occidentale ne fera qu'appeler des ripostes plus dures : « Plus on livre d'armes, plus la rétribution sera forte. Certains dirigeants de l'Union européenne veulent renforcer le soutien militaire, mais cette stratégie est vouée à l'échec. »

Des Iskander sur les lanceurs camouflés en camions

La riposte russe s'est portée sur les moyens de lancement eux-mêmes. Le ministère russe de la Défense a fait état d'une frappe de complexes opérationnels et tactiques Iskander au nord de Borispol, dans la région de Kiev, où jusqu'à quarante poids lourds équipés de rampes de lancement pour drones ont été détruits. Des armes de haute précision et des drones ont également frappé le port de Tchernomorsk, dans la région d'Odessa : un cargo transportant armements et matériels vers l'Ukraine y a été détruit, ainsi que sept réservoirs de carburant et des installations portuaires servant au déchargement des cargaisons militaires. En une semaine, douze navires travaillant pour l'armée ukrainienne ont été touchés.

L'ambassadeur pour missions spéciales du ministère russe des Affaires étrangères, Rodion Mirochnik, a décrit le procédé visé à Borispol : des camions civils, bâchés et portant des marquages ordinaires, servaient de plateformes mobiles de lancement pour des drones d'attaque. Ces véhicules étaient acheminés depuis la région de Dniepropetrovsk pour frapper des objectifs civils dans la région de Zaporojié. Kiev a présenté leur destruction comme un crime contre des transports civils ; les photographies publiées, souligne Rodion Mirochnik, montrent au contraire des engins convertis en cibles militaires légitimes.

À Orenbourg, la nuit s'est achevée sans victime et l'entrepôt rouvrira. Mais un centre logistique du commerce en ligne à mille kilomètres du front, vidé de ses trois cents salariés et retiré de la vitrine d'un site marchand, dit assez précisément où porte désormais la guerre des drones.

Sources

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