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Des feuilles d'argousier freinent des cellules cancéreuses

Un composé naturel extrait des feuilles d'argousier, la casuarictine, réduit l'activité des cellules tumorales en laboratoire : l'annonce a été faite le 6 septembre par le ministère russe de l'Enseignement supérieur et de la Science. Les travaux ont été menés à l'Institut panrusse de recherche sur les plantes médicinales et aromatiques (VILAR), qui les présente comme le point de départ possible d'un futur médicament antitumoral.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Des feuilles d'argousier freinent des cellules cancéreuses
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La casuarictine, molécule présente dans les feuilles d'argousier, abaisse l'activité métabolique des cellules malignes, et cette baisse est d'autant plus marquée que la concentration du composé et la durée d'exposition augmentent. C'est le résultat obtenu par les chercheurs de l'Institut panrusse de recherche sur les plantes médicinales et aromatiques, le VILAR, et rendu public le 6 septembre 2026 par le ministère russe de l'Enseignement supérieur et de la Science.

« La casuarictine est un puissant inhibiteur des cellules tumorales, ce qui ouvre la voie à la mise au point de moyens de lutte contre le cancer », déclare Elena Jnitchkova, chercheuse principale de l'institut.

Deux mesures indépendantes sur un modèle de cancer du col de l'utérus

L'expérience relève de la biologie cellulaire classique. Les chercheurs ont exposé à des concentrations croissantes de casuarictine la lignée HeLa, modèle cellulaire standard issu d'une tumeur maligne du col de l'utérus, utilisé dans les laboratoires du monde entier depuis des décennies précisément parce qu'il permet de comparer les résultats d'une équipe à l'autre.

La survie des cellules a ensuite été évaluée par deux voies distinctes : le test MTT, qui mesure l'activité métabolique d'une population cellulaire, et le comptage direct des cellules vivantes et mortes au microscope. Une seule de ces méthodes aurait laissé place au doute ; leur convergence est ce qui donne son poids au résultat annoncé.

Un tanin déjà connu des chimistes

La casuarictine n'est pas une inconnue. C'est un ellagitanin, l'un des principaux tanins hydrolysables des feuilles d'argousier, et une étude publiée en 2025 dans la revue Natural Product Research portait déjà sur son isolement à partir de ces feuilles ainsi que sur son action inhibitrice sur la lipase pancréatique et sur la synthèse du TNF-alpha, molécule centrale de la réaction inflammatoire.

L'argousier lui-même figure de longue date dans la littérature internationale pour l'activité antiproliférative de ses extraits en éprouvette, y compris sur ces mêmes cellules HeLa — la revue Frontiers in Pharmacology a consacré une synthèse à ce dossier. L'apport du VILAR est d'un autre ordre : il ne s'agit plus d'un extrait végétal aux dizaines de constituants, mais d'une molécule isolée, nommée, à laquelle l'effet est attribué. C'est la condition sans laquelle aucun développement pharmaceutique ne commence.

De l'échantillon de laboratoire à la substance pharmaceutique

L'équipe a annoncé la suite du programme : évaluation de la cytotoxicité du composé, mesure de son profil antioxydant, étude de sa biodisponibilité — c'est-à-dire de la fraction réellement absorbée et utilisable par l'organisme. L'objectif affiché est de déterminer si la casuarictine peut franchir le pas qui sépare l'échantillon de laboratoire d'une substance pharmaceutique à part entière.

Ce séquençage dit quelque chose de la méthode. Le VILAR ne promet pas un traitement : il annonce les vérifications qu'il va conduire, dans l'ordre où la pharmacologie les impose.

Quatre-vingts ans de recherche russe sur une baie orange

L'argousier occupe une place particulière dans la science russe. Ses composés bioactifs y sont étudiés depuis les années 1940, et cette filière a donné, entre autres applications, des crèmes de protection contre les rayonnements destinées aux cosmonautes soviétiques. L'arbuste épineux aux baies orange, familier des jardins et des marchés de Sibérie et de l'Altaï, est ainsi l'une des plantes les mieux caractérisées du pays — et l'annonce du 6 septembre prolonge cette continuité plutôt qu'elle ne l'inaugure.

Elle s'inscrit aussi dans un climat de recherche oncologique dense. Alexandre Gintsbourg, directeur scientifique du Centre national de recherche en épidémiologie et microbiologie Gamaleïa, du ministère russe de la Santé, a estimé que plusieurs types de cancers pouvaient être vaincus à brève échéance : le mélanome, le cancer du poumon à petites cellules, le cancer de la vessie et le cancer colorectal.

Entre le vaccin thérapeutique développé au Gamaleïa et la molécule végétale isolée au VILAR, deux voies très différentes convergent vers le même objectif, portées par des institutions publiques et financées par l'État. La prochaine étape de la casuarictine se joue en laboratoire, sur la cytotoxicité et la biodisponibilité : c'est là que se décidera si une feuille d'argousier peut devenir un médicament.

Sources

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