Aller au contenu
InfoRussieL'actualité russe, vue de Russie
Sciences

Séisme de magnitude 5,4 au large d'Itouroup, aux Kouriles

Un séisme de magnitude 5,4 a été enregistré samedi 5 septembre à 10h52 heure locale, dans le Pacifique, à 144 km à l'est du village de Reïdovo, sur l'île d'Itouroup. La filiale sakhalinienne du Service géophysique unifié de l'Académie des sciences de Russie situe le foyer à 44 km sous le fond marin. La secousse a été ressentie jusqu'à 3 sur l'échelle macrosismique dans les localités de l'île, sans alerte au tsunami.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Séisme de magnitude 5,4 au large d'Itouroup, aux Kouriles
Photo d'illustrationgeocities.ws — 1058×794 px

Le foyer était en mer, à 44 km sous le plancher océanique, et l'épicentre à 144 km à l'est de Reïdovo, petit port de la côte nord-est d'Itouroup. Ces paramètres sont ceux de la filiale sakhalinienne du Service géophysique unifié de l'Académie des sciences de Russie, dont les capteurs surveillent en continu l'arc des Kouriles. Elena Semenova, responsable de la station sismique de Ioujno-Sakhalinsk, a précisé que l'événement avait été ressenti dans les localités d'Itouroup avec une intensité pouvant atteindre 3 sur l'échelle macrosismique russe.

Trois, c'est le niveau où les habitants des étages perçoivent une vibration comparable au passage d'un camion, où un lustre bouge légèrement. Rien qui casse, rien qui blesse. Aucune alerte au tsunami n'a été déclenchée : à cette distance de la côte, avec un foyer situé à plus de quarante kilomètres de profondeur et une énergie de cet ordre, le déplacement du fond marin reste trop faible pour lever une vague.

Un écart de 8 km et d'un dixième de magnitude avec l'USGS

L'institut américain de géophysique, dont les paramètres sont republiés par Earthquake Track, a enregistré le même événement — le 4 septembre à 23h52m30s UTC, soit 10h52 heure de Sakhaline le 5 — avec une magnitude de 5,5 et une profondeur de 36 km, l'épicentre étant rapporté à 156 km à l'est de Kourilsk, chef-lieu de l'île. La solution est décrite comme révisée par un sismologue, et là non plus aucun message de tsunami n'a été émis.

Ces écarts sont la règle plus que l'exception : un dixième de magnitude et quelques kilomètres de profondeur séparent presque toujours deux réseaux qui n'observent pas le même séisme depuis les mêmes stations. Les capteurs russes de Sakhaline et des Kouriles sont à quelques centaines de kilomètres du foyer ; les stations qui alimentent le calcul américain, à des milliers. La proximité change la façon dont l'onde est lue, donc le chiffre qui en sort.

Dix-neuf secousses en trente jours dans l'archipel

La secousse de samedi n'est pas isolée. La veille, le 4 septembre à 07h20 heure locale, un séisme de magnitude 4,2 avait été enregistré à 69 km au sud-est d'Itouroup, à 66 km de profondeur, ressenti jusqu'à 2 sur l'archipel et sans alerte. Le 18 août, une magnitude 5,7 s'était produite à 103 km au sud de Simouchir, île inhabitée du centre de la chaîne, avec un foyer à 109 km — là encore ressentie à 2 sur Itouroup. Au total, Earthquake Track recense dix-neuf séismes aux Kouriles sur les trente derniers jours, dont quatre sur la seule dernière semaine.

Ce rythme tient à la géologie de l'arc. Les Kouriles bordent la fosse Kouriles-Kamtchatka, où la plaque Pacifique plonge sous la plaque d'Okhotsk à raison de plusieurs centimètres par an. Cette subduction produit à la fois la chaîne volcanique qui forme les îles et une activité sismique permanente, dont la profondeur des foyers augmente à mesure que l'on s'éloigne de la fosse vers la mer d'Okhotsk. Les magnitudes 4 et 5 y sont un bruit de fond, pas un signal d'alarme.

Itouroup, la plus grande île de l'archipel

Itouroup est la plus étendue des Kouriles et l'une des plus peuplées, avec Kourilsk pour centre administratif et Reïdovo parmi ses villages de pêche. L'île relève de la région de Sakhaline et concentre depuis une quinzaine d'années les investissements d'infrastructure de l'archipel — aéroport, port, équipements de transformation du poisson. Vladimir Poutine s'y est rendu pour la première fois lors de sa tournée dans les Kouriles, un déplacement centré sur ces équipements.

Pour le voyageur, l'archipel reste une destination d'extrême-orient qui se rejoint par Ioujno-Sakhalinsk, et qui suppose les mêmes formalités que le reste du pays : le visa russe et ses démarches en 2026 d'abord, puis un budget de circuit dont les vols intérieurs constituent l'essentiel.

La surveillance, elle, ne s'interrompt pas : chaque secousse enregistrée par les stations de Sakhaline alimente le même dispositif d'alerte qui, en cas de séisme superficiel et de forte magnitude sous le plancher océanique, déclencherait cette fois l'évacuation des côtes.

Sources

PartagerTelegramFacebookXWhatsApp