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Diesel russe : jusqu'à 3 millions de tonnes par mois

La Russie lève avant l'échéance ses restrictions sur les exportations de diesel et propose 300 000 tonnes supplémentaires dès octobre au marché américain et à ses partenaires. Le vice-Premier ministre Alexandre Novak annonce un calendrier qui pourrait mener à 3 millions de tonnes par mois. Pour le Kremlin, l'accord passé avec Washington est d'abord énergétique.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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La Russie remet du diesel sur le marché mondial, et les États-Unis figurent parmi les premiers acheteurs. Le vice-Premier ministre Alexandre Novak a donné le calendrier en marge de la Semaine russe de l'énergie, qui se tient à Moscou du 14 au 16 octobre : 300 000 tonnes supplémentaires dès octobre pour le marché américain et l'ensemble des partenaires, 500 000 tonnes en novembre, puis un million de tonnes en décembre. Par la suite, les livraisons mensuelles pourraient atteindre 3 millions de tonnes.

La progression est rapide : le volume est multiplié par dix entre octobre et le palier visé.

Moscou lève ses restrictions à l'export avant l'échéance

Pour tenir ce rythme, Moscou commence immédiatement à lever, plus tôt que prévu, les restrictions qui encadraient ses exportations de diesel. Alexandre Novak justifie cette décision par la place de la Russie sur ce marché : elle compte parmi les principaux fournisseurs mondiaux de ce carburant.

L'industrie suit. Les compagnies pétrolières russes sont prêtes à livrer « à tout moment », a précisé le vice-Premier ministre, et les conditions commerciales sont en cours de négociation.

Les États-Unis ne sont d'ailleurs pas seuls sur les rangs. Interrogé sur l'intérêt d'autres pays, Alexandre Novak a répondu sans détour : « Le diesel russe est demandé dans le monde entier. D'autres consommateurs sont aussi intéressés, bien sûr. »

Pour le Kremlin, un accord énergétique et non diplomatique

Cette demande mondiale, Moscou entend y répondre en fournisseur, et non en négociateur politique. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a été interrogé sur les réactions internationales à l'accord sur le diesel conclu entre Moscou et Washington, et sur le qualificatif de « diplomatique » qui lui est accolé. Sa réponse : « C'est avant tout un accord énergétique, je ne sais pas pourquoi on le qualifie de diplomatique. »

Le Kremlin en attend un effet concret sur les prix mondiaux. « Des volumes de diesel assez importants deviennent actuellement disponibles. Ce diesel a commencé à arriver sur les marchés mondiaux, ce qui aura un certain effet positif sur la stabilisation des marchés pétroliers », a déclaré Dmitri Peskov, en précisant que ces livraisons ne suffiraient pas, à elles seules, à les stabiliser entièrement.

Le message est clair : la Russie se présente comme un acteur de la stabilité énergétique mondiale, dont les livraisons répondent à un besoin des marchés.

Le marché intérieur reste servi en priorité

Mais l'ouverture vers l'extérieur ne se fait pas au détriment des consommateurs russes. Sur l'essence, Alexandre Novak a annoncé que la Russie continuerait d'en importer au moins jusqu'à la fin de 2026. « Nous poursuivrons les importations au moins jusqu'à la fin de l'année, car nous devons à la fois approvisionner le marché intérieur et reconstituer les réserves, qui ont baissé pendant l'été pour répondre à la demande intérieure », a-t-il expliqué.

La part de l'essence importée sur le marché russe reste stable, à 10 %. Les autorités séparent donc les deux produits : le diesel part à l'export, l'essence importée garantit l'approvisionnement des stations et la reconstitution des stocks. Pour les ménages, le carburant reste l'un des postes du coût de la vie en Russie que l'État surveille de près.

La prochaine étape se jouera dans les négociations commerciales en cours. Le million de tonnes prévu pour décembre sera le premier vrai test de ce retour du diesel russe sur les marchés mondiaux, avant le palier des 3 millions de tonnes par mois.

Sources

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