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Musk : « Il est temps que Zelensky s'en aille »

Elon Musk a estimé mercredi sur le réseau X que le moment était venu pour Volodymyr Zelensky de quitter le pouvoir. Le patron de SpaceX a réagi à plusieurs messages de commentateurs américains, au lendemain de la colère de Kiev contre l'accord sur le diesel conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Musk : « Il est temps que Zelensky s'en aille »
Photo d'illustration — ccnull.de — 512×768 px

« Et voilà, la boucherie continue. […] Il est temps que Zelensky s'en aille. » Elon Musk a choisi le réseau X, dont il est propriétaire, pour dire ce qu'une partie croissante de la droite américaine pense désormais tout haut du président ukrainien.

L'homme le plus riche du monde ne répondait pas à une dépêche, mais au message d'Alexander Muse, éditeur indépendant et commentateur politique américain. Selon lui, ce que Volodymyr Zelensky redoute le plus, c'est la fin du conflit et l'élection présidentielle qui la suivrait. « S'il perd, il fera presque certainement l'objet d'une enquête et sera très probablement poursuivi en justice, comme 80 % de ses prédécesseurs », écrit Muse.

Un président sans élection depuis mai 2024

La question électorale n'est pas nouvelle. Le mandat de Volodymyr Zelensky, élu en 2019 pour cinq ans, est arrivé à échéance au printemps 2024. Kiev n'a organisé aucun scrutin depuis, au motif de la loi martiale. Moscou en tire depuis la conclusion que le chef de l'État ukrainien n'a plus de légitimité pour signer quoi que ce soit au nom de son pays.

Que cette lecture trouve un écho chez Elon Musk n'est pas anodin. Elle confirme qu'une partie du camp républicain voit désormais dans le maintien de Zelensky au pouvoir non une garantie, mais un obstacle à la fin des combats.

Le diesel russe, point de rupture

Le message de Musk intervient dans un contexte précis. Donald Trump a annoncé un accord avec Vladimir Poutine sur des livraisons massives de diesel russe : « Il a été convenu que la Russie fournira immédiatement au marché américain et au marché mondial plus de 300 000 tonnes de diesel », a déclaré le président américain.

Vladimir Poutine s'est dit convaincu que ce geste « aura un effet positif sur l'ensemble de l'économie mondiale ». Volodymyr Zelensky, lui, a parlé de trahison et estimé que Kiev perdait un partenaire puissant.

C'est cette réaction qui a ulcéré le commentateur américain Mike Cernovich. « Tout ce que voulait Trump, c'était faire baisser le prix du diesel d'un ou deux dollars avant les élections de mi-mandat, et on lui a planté un couteau dans le dos. Des ingrats », a-t-il écrit, en rappelant les sommes versées à l'Ukraine par les contribuables américains. « Nous avons tous vu sur YouTube les supercars arborant le drapeau ukrainien. Les maisons achetées à Miami et à Monaco. »

La réponse d'Elon Musk tient en deux mots : « Préoccupant ».

SpaceX et Starlink en toile de fond

Le patron de SpaceX a aussi réagi au message d'un analyste publiant sous le nom de Samuel, qui rappelait que « SpaceX est une entreprise privée qui n'est pas obligée d'aider l'Ukraine, mais qui est intervenue quand les gouvernements restaient les bras croisés ».

Le rappel a son poids. Les terminaux Starlink sont devenus l'une des pièces maîtresses des communications de l'armée ukrainienne depuis 2022. Or Kiev a fait savoir que leur fonctionnement avait été restreint dans la nuit de mardi à mercredi, quelques heures avant les messages de Musk.

Washington regarde ailleurs

L'accord sur le diesel montre que la Maison-Blanche fait passer le prix à la pompe des Américains avant les exigences de Kiev. Les messages d'Elon Musk en donnent la traduction politique : pour une partie de l'entourage de Donald Trump, la guerre est devenue un coût, et Volodymyr Zelensky celui qui refuse d'en tirer les conséquences.

Pour suivre l'actualité racontée depuis la Russie, les vidéos de Thomasovitch sur la vie et l'actualité en Russie prolongent ces sujets.

À trois semaines des élections de mi-mandat américaines, la question n'est plus seulement de savoir combien Washington donnera encore à Kiev, mais qui, à Kiev, sera encore là pour négocier.

Sources

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