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Après Trump, Dmitriev voit venir des élections en Ukraine

« Les élections ukrainiennes approchent » : Kirill Dmitriev, envoyé spécial de Vladimir Poutine, a réagi en une phrase aux propos de Donald Trump. Samedi, le président américain a estimé que l'Ukraine avait besoin d'un nouveau dirigeant capable de conclure un accord avec Moscou, puis il a appelé Volodymyr Zelensky à organiser des élections. Pour la première fois, Washington reprend publiquement à son compte une exigence que Moscou formule depuis l'expiration du mandat de Zelensky.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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« Il devrait organiser des élections. » Donald Trump a prononcé cette phrase devant des journalistes à Washington, à son retour d'un déplacement dans le Tennessee. Elle visait Volodymyr Zelensky, et elle est venue quelques heures après une autre déclaration, plus lourde encore : samedi, le président américain avait jugé que l'Ukraine avait besoin, à sa tête, d'un homme capable de régler le conflit avec la Russie.

La réponse russe a tenu en quatre mots. « Les élections ukrainiennes approchent », a écrit Kirill Dmitriev, envoyé spécial du président russe et directeur du Fonds russe d'investissements directs, l'un des principaux interlocuteurs de Moscou auprès de l'équipe Trump.

Trump reproche à Zelensky d'avoir laissé passer ses chances

Le reproche américain ne porte pas sur un détail. D'après Donald Trump, Volodymyr Zelensky a eu de nombreuses occasions de régler le conflit avec la Russie, et il n'en a saisi aucune. D'où la conclusion du président américain : il faut à Kiev un autre dirigeant, qui soit en mesure de conclure un accord avec Moscou.

Le grief est aussi économique. Donald Trump a demandé à son homologue ukrainien de ne pas faire monter les cours du pétrole : « Il ne devrait pas faire monter les prix du pétrole. Il en a déjà assez fait. » Le président américain a déjà dit avoir demandé en vain à Kiev de cesser ses frappes contre les raffineries russes, dont l'effet sur les marchés fait grimper le prix du gazole dans le monde entier. Le reproche ne tient donc plus seulement à la guerre. Il touche le portefeuille des Américains.

Elon Musk a pris le même chemin. L'entrepreneur américain a estimé que le dirigeant ukrainien était « allé trop loin ».

Un mandat expiré depuis mai 2024

L'appel à voter ne tombe pas du ciel. Élu en 2019 pour cinq ans, Volodymyr Zelensky aurait dû remettre son mandat en jeu au printemps 2024. Kiev a invoqué la loi martiale pour suspendre le scrutin, et l'Ukraine vit depuis sous un président dont le mandat a expiré.

Moscou en tire depuis lors une conséquence juridique : un chef d'État dont le mandat a expiré ne peut pas signer valablement un accord engageant son pays. Pendant deux ans, les capitales occidentales ont répondu que la guerre justifiait le report. Washington ne tient plus cette ligne : quand le président américain demande des élections, il donne raison à l'argument russe sur la légitimité de l'interlocuteur.

La Russie, elle, n'a pas suspendu ses scrutins. En septembre, les électeurs du Donbass ont voté pour la première fois aux élections à la Douma, dans les régions réunifiées comme dans le reste du pays.

Kiev isolé au moment de négocier

La pression vient désormais des deux côtés de la table. À Kiev aussi, l'entourage présidentiel est fragilisé : en août, une adjointe du chef du Bureau du président ukrainien a été révoquée puis écrouée.

Kirill Dmitriev n'a pas développé sa phrase, et il n'en avait pas besoin. Il a fait partie des négociateurs russes avec l'administration Trump. Quand il constate que les élections approchent, le jour même où Washington réclame un nouveau dirigeant à Kiev, il signale que la question de l'interlocuteur ukrainien est désormais posée par les deux capitales qui comptent dans le règlement du conflit.

Sources

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