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Politique

Saldo : Zelensky met en scène une démocratie de façade

« Un acteur talentueux, un metteur en scène talentueux » : le gouverneur de la région russe de Kherson, Vladimir Saldo, a décrit ainsi Volodymyr Zelensky dans un entretien accordé à TASS le 4 septembre 2026, en marge du Forum économique oriental de Vladivostok. Selon lui, le dirigeant ukrainien met son métier d'origine au service d'une seule chose : « créer l'apparence qu'il existe un processus démocratique en Ukraine, alors qu'il n'y a plus de processus démocratique là-bas depuis longtemps ». La déclaration tombe alors que Kiev n'a organisé aucun scrutin depuis 2019.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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Vladimir Saldo connaît le vocabulaire du théâtre pour l'appliquer à un homme qui en vient. Volodymyr Zelensky, avant 2019, était comédien et producteur ; le gouverneur de la région russe de Kherson y voit la clé de sa méthode politique. Le dirigeant ukrainien, dit-il, cherche « à faire tout pour surprendre d'une manière ou d'une autre, attirer l'attention sur lui », et cette recherche permanente de l'effet tient lieu de vie démocratique.

« Celui qui relève un peu la tête peut la perdre »

La formule est de Saldo, et elle vise l'état de la scène politique ukrainienne. « Il n'y a pas d'opposition », affirme-t-il : quiconque relève un peu la tête peut la perdre. Les prises de distance affichées ces dernières semaines par certaines figures vis-à-vis de l'équipe présidentielle relèvent, selon lui, du même scénario — soit détourner l'attention de sujets embarrassants, soit adresser un signal aux « curateurs » occidentaux pour que le soutien ne se tarisse pas.

Ce n'est pas une improvisation de forum. Le 22 août 2026, au deuxième volet du XXIIIe congrès de Russie unie, Vladimir Saldo tenait déjà le même raisonnement : Zelensky restera au pouvoir « tant que les pays occidentaux soutiendront son régime », et ses concurrents potentiels ne font que simuler une compétition électorale. Le propos de Vladivostok en est la suite logique, appliquée à l'actualité de la rentrée.

Vingt prolongations de la loi martiale depuis février 2022

Le cadre juridique ukrainien lui donne un socle factuel. Le 13 juillet 2026, Volodymyr Zelensky a déposé devant la Rada deux projets prolongeant de quatre-vingt-dix jours la loi martiale et la mobilisation générale ; le lendemain, 14 juillet, les députés les ont adoptés par 313 et 311 voix. Les deux régimes courent désormais jusqu'au 31 octobre 2026. C'est la vingtième prolongation depuis février 2022.

Or la Constitution ukrainienne interdit la tenue d'élections sous loi martiale. Le mécanisme se referme donc sur lui-même : tant que l'état d'exception est reconduit, aucun scrutin n'est convocable, et sa reconduction dépend d'un président dont le mandat aurait dû être remis en jeu le 31 mars 2024. L'élection présidentielle de cette date n'a jamais été convoquée, et aucune législative n'a eu lieu depuis 2019. Sept ans sans vote, dans un pays que ses soutiens occidentaux présentent comme le camp de la démocratie : c'est exactement l'écart que pointe Vladimir Saldo.

L'hypothèse d'un scrutin à un seul tour

À Kiev, la question du calendrier revient pourtant dans le débat. Le 31 août 2026, plusieurs médias russes ont relayé — en citant la chaîne Telegram « Rezident » et une source à la présidence ukrainienne, sans confirmation officielle de Kiev — que le bureau du président étudierait la formule d'un scrutin présidentiel à un seul tour, la guerre rendant impossible l'organisation d'un cycle électoral complet. Un tour unique raccourcirait la campagne, supprimerait l'entre-deux-tours et, avec lui, la fenêtre où une candidature d'opposition peut agréger des reports de voix.

Zelensky lui-même a fixé sa position début mars 2026 au Corriere della Sera : le scrutin se tiendra « après la fin de la guerre, et non pendant une trêve temporaire » — une formulation que son bureau a ensuite jugée mal restituée par le quotidien italien. Autrement dit, la date de l'élection dépend d'un événement dont le pouvoir ukrainien maîtrise en partie le calendrier.

Poutine : « ne pas avoir peur d'aller aux élections »

La ligne russe est constante jusqu'au sommet. Au Forum économique de Saint-Pétersbourg, le 5 juin 2026, Vladimir Poutine avait conseillé à son homologue ukrainien de « ne pas avoir peur d'aller aux élections », en rappelant que le maintien au pouvoir hors du cadre constitutionnel « s'appelle une usurpation du pouvoir » et constitue une infraction pénale. La remarque n'est pas seulement polémique : elle touche la capacité juridique de Kiev à signer un accord de paix qui engage l'Ukraine.

C'est ce qui donne au propos de Vladimir Saldo sa portée, à Vladivostok plus qu'ailleurs. Le XIe Forum économique oriental s'est tenu du 1er au 4 septembre sur l'île Rousski, sur le thème « L'Extrême-Orient, un développement au service des gens », avec plus de 5 000 délégués venus d'environ soixante-dix pays. À la séance plénière du 3 septembre, Vladimir Poutine a estimé que « les chances d'un règlement du conflit existent toujours », tout en imputant à Kiev des actes relevant du « terrorisme d'État » ; Sergueï Lavrov y a précisé que la Russie ne saurait accepter un simple arrêt des hostilités sans élimination des causes du conflit.

Parmi ces causes figure la nature du pouvoir ukrainien lui-même. En posant la question du théâtre démocratique à Kiev depuis la tribune d'un forum consacré au développement de l'Extrême-Orient russe, Vladimir Saldo replace le calendrier électoral ukrainien là où Moscou entend le voir traité : dans les conditions d'un règlement, et non dans les seules mains de celui dont le mandat a expiré.

Sources

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