Aller au contenu
InfoRussieL'actualité russe, vue de Russie
Économie

Gaz russe vers la Chine : 50 milliards de m³ en 2026

La Russie livrera cette année à la Chine environ 50 milliards de mètres cubes de gaz, a indiqué le vice-Premier ministre Alexandre Novak en marge du Forum économique oriental de Vladivostok. Le lendemain, il coprésidait avec le vice-Premier ministre du Conseil des affaires d'État chinois Ding Xuexiang la commission intergouvernementale sur l'énergie, où les deux pays ont fait le compte de leurs chantiers communs : Force de Baïkal, le GNL arctique, la route maritime du Nord.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie

La Russie livrera à la Chine « environ 50 milliards de mètres cubes de gaz cette année, cela via Force de Sibérie 1 et 10 milliards de mètres cubes via le Kazakhstan », auxquels s'ajoute le gaz naturel liquéfié, a déclaré le 3 septembre Alexandre Novak, vice-Premier ministre chargé de l'énergie, en marge du XIe Forum économique oriental de Vladivostok, réuni du 1er au 4 septembre autour du thème « L'Extrême-Orient : le développement au service des gens ».

Le chiffre dit l'ampleur prise par un axe qui n'existait pas il y a dix ans. Le gazoduc Force de Sibérie, mis en service fin 2019, monte en puissance d'année en année ; la route d'Extrême-Orient, deuxième corridor négocié entre Gazprom et la compagnie chinoise CNPC, est en préparation de lancement ; et le transit par le Kazakhstan est venu s'ajouter aux volumes acheminés directement. La Russie, a rappelé Alexandre Novak, reste par ailleurs le premier fournisseur de pétrole de la Chine.

Plus de 50 milliards de dollars d'échanges énergétiques en sept mois

Le 4 septembre, Alexandre Novak et le vice-Premier ministre du Conseil des affaires d'État chinois Ding Xuexiang ont coprésidé à Vladivostok la 17e session de la commission intergouvernementale russo-chinoise sur la coopération énergétique. C'est le responsable chinois qui a donné la mesure des échanges : « Sur les sept premiers mois de l'année en cours, cet indicateur a dépassé 50 milliards de dollars, a augmenté de plus de 20 % et a représenté un tiers de l'ensemble des échanges commerciaux. »

Un tiers du commerce bilatéral tient donc à l'énergie. Alexandre Novak a résumé de son côté la ligne russe pour la suite : « maintenir la fiabilité des livraisons énergétiques, accélérer les projets existants et identifier de nouvelles directions mutuellement avantageuses ».

Force de Baïkal : le tracé viendra après le contrat

La principale de ces directions porte un nom neuf. Force de Sibérie 2 s'appelle désormais Force de Baïkal, rebaptisé sur une proposition de Vladimir Poutine, selon le ministre de l'Énergie Sergueï Tsivilev. Le projet repose sur un mémorandum juridiquement contraignant signé en 2025 : 50 milliards de mètres cubes par an acheminés vers la Chine à travers la Mongolie, par le tronçon Soyouz-Vostok. Les mêmes accords prévoient de porter Force de Sibérie de 38 à 44 milliards de mètres cubes par an et la route d'Extrême-Orient de 10 à 12 milliards.

Reste la négociation commerciale entre Gazprom et CNPC, et elle commande tout le reste, y compris le dessin de la conduite. « La question sera tranchée à mesure que seront atteints les accords définitifs sur le contrat », a expliqué Alexandre Novak le 3 septembre à propos du tracé : « Pour l'instant toute la question est dans la discussion des conditions commerciales. » Moscou entend, a-t-il ajouté, « faciliter au maximum » une entente rapide entre les deux compagnies.

Le GNL arctique et la route maritime du Nord

Le volet arctique, lui, a surtout été détaillé par la partie chinoise. Ding Xuexiang a indiqué à la commission que « les livraisons par l'oléoduc et le gazoduc sino-russes de la route orientale se déroulent selon le plan » et que « la construction du tronçon transfrontalier du gazoduc de la route orientale est achevée », l'objectif étant « le lancement de livraisons à pleine capacité d'ici 2027 sur cette route ». Sur le grand nord russe : « Le projet Yamal GNL fonctionne de façon stable et la construction du projet Arctic LNG 2 avance selon le plan. » S'y ajoute, sur la Baltique, un complexe de transformation du gaz en construction.

La veille, en séance plénière du forum, le responsable chinois avait élargi le cadre : « La coopération sur la mise en valeur conjointe de la route maritime du Nord s'élargit rapidement. » C'est la deuxième moitié du dossier arctique — non plus seulement extraire et liquéfier, mais acheminer par la voie qui longe la côte sibérienne, la plus courte entre les usines de la péninsule de Yamal et les terminaux chinois.

Un projet d'électricité à contre-courant

Dernière piste ouverte à Vladivostok, et elle inverse le sens habituel des flux : les entreprises des deux pays étudient une coopération sur des livraisons d'électricité de la Chine vers la Russie. Le courant, jusqu'ici, allait d'est en ouest depuis l'Extrême-Orient russe.

Ce renversement résume assez bien ce que les deux capitales appellent des « directions mutuellement avantageuses » : un partenariat où chacun fournit à l'autre ce dont il dispose en excédent, plutôt qu'une relation à sens unique. La prochaine échéance concrète, elle, est chiffrée et datée : la pleine capacité de la route orientale d'ici 2027, et un contrat Gazprom-CNPC dont dépend le premier mètre de tube de Force de Baïkal.

Cette Russie tournée vers l'Est se visite aussi : le canal Telegram de Thomasovitch en donne le quotidien, et combien coûte réellement un circuit en Russie en 2026 répond à la question que se posent la plupart des lecteurs avant de partir.

Sources

PartagerTelegramFacebookXWhatsApp