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Trump : Poutine veut un accord, Zelensky n'en veut pas

Donald Trump a déclaré samedi 10 octobre que Vladimir Poutine souhaitait « fortement » un règlement du conflit, et que Volodymyr Zelensky le refusait. La déclaration suit un entretien téléphonique entre les présidents russe et américain et un accord sur les livraisons de diesel russe. Entre Washington et Kiev, le point de rupture est désormais clair : les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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« La Russie aimerait conclure un accord (…) mais pour une raison ou une autre, Zelensky ne veut pas conclure d'accord. » C'est ce qu'a déclaré Donald Trump devant des journalistes, samedi 10 octobre. Selon le président américain, Vladimir Poutine souhaite « fortement » « voir un règlement » du conflit.

Le même jour, Donald Trump a eu une phrase plus dure encore : « Il est temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président. » En vingt-quatre heures, Washington a donc désigné publiquement la partie qui bloque la paix, et ce n'est pas Moscou.

Le diesel russe au cœur de l'appel du 9 octobre

Ce changement de ton suit un entretien téléphonique entre les deux présidents, le vendredi 9 octobre. Les produits pétroliers y ont occupé une large place. Vladimir Poutine a réaffirmé que la Russie était prête à livrer du pétrole et des produits pétroliers aux États-Unis et aux marchés mondiaux.

Les volumes ont suivi. Selon le vice-Premier ministre Alexandre Novak, la Russie lève son interdiction d'exporter du diesel plus tôt que prévu. Elle est prête à en livrer 300 000 tonnes en octobre, 500 000 tonnes en novembre et un million de tonnes en décembre. Les livraisons mensuelles pourraient ensuite atteindre trois millions de tonnes. En retour, l'administration américaine a délivré une licence générale qui autorise les livraisons de diesel russe sur le marché mondial jusqu'au 7 avril 2027.

Les États-Unis en ont besoin. Les prix des carburants y flambent depuis le début de la guerre contre l'Iran, lancée en février par les États-Unis et Israël. Et les élections de mi-mandat, décisives pour la suite de la présidence Trump, ont lieu dans moins d'un mois. Ce n'est pas la première fois que Moscou rappelle aux Occidentaux qu'une énergie abordable dépend de leurs choix : Vladimir Poutine l'a fait récemment en comparant les prix du gaz livré à l'Europe.

Les raffineries, point de rupture entre Washington et Kiev

Mais à Kiev, on continue de viser les raffineries russes. Le 10 octobre, Donald Trump a expliqué que les États-Unis avaient demandé à plusieurs reprises à l'Ukraine de cesser ces frappes, et que Volodymyr Zelensky n'en avait pas tenu compte. Selon lui, ces frappes ne font qu'aggraver « le problème mondial » de la pénurie de diesel. Il a ajouté à l'adresse du président ukrainien : « Il a intérêt à arrêter. »

À la Maison-Blanche, l'agacement est assumé. « Zelensky surjoue sa main et exaspère le président », a confié un responsable à The Atlantic. « Le président demande une seule chose : arrêter de frapper les raffineries. Donnez-lui ça. » Le magazine rappelle qu'après l'altercation de février 2025 dans le Bureau ovale, Volodymyr Zelensky a passé plus d'un an à recoller les morceaux avec Donald Trump. À Kiev, on espérait au moins que le président américain ne nuirait pas activement à la cause ukrainienne. « Cet espoir pourrait s'éteindre », écrit The Atlantic.

Kiev dénonce, Moscou prend acte

Volodymyr Zelensky a répondu avant même les déclarations de Donald Trump. Pour lui, l'accord sur le diesel est une « décision faible » des États-Unis, qui permettrait à la Russie de remplir ses caisses. Washington y oppose son propre argument : c'est la pénurie mondiale que l'accord vient soulager, et les frappes ukrainiennes sur les raffineries contribuent à cette pénurie.

Du côté diplomatique, la séquence a mal tourné pour Kiev. Des négociateurs ukrainiens et américains se sont réunis vendredi en Floride pour relancer les efforts vers la fin de la guerre. Les discussions ont été écourtées et la délégation ukrainienne est repartie. Steve Witkoff, l'émissaire de Donald Trump, les a pourtant qualifiées de « constructives ». Volodymyr Zelensky, lui, a parlé d'un « écran de fumée ». Le pouvoir ukrainien traverse aussi un automne difficile sur le plan intérieur, avec l'incarcération d'Iryna Moudra, ancienne adjointe du Bureau du président.

À Moscou, la réponse a été mesurée. Selon le Kremlin, Vladimir Poutine a « accueilli avec compréhension » les propositions américaines « de mesures visant à la désescalade » en Ukraine. Kirill Dmitriev, principal négociateur économique du président russe, a qualifié d'« historiques » les propos de Donald Trump. Kiev, lui, n'a reçu que des marques de soutien de forme. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a assuré que Volodymyr Zelensky « bénéficie du soutien du peuple ukrainien ». Le Premier ministre britannique Andy Burnham a exprimé sa « totale solidarité ». L'Élysée n'a pas réagi.

Renseignement et Starlink, les leviers américains

Washington a de quoi peser. Selon Politico Europe, Donald Trump pourrait couper à l'Ukraine l'accès au renseignement américain. Il pourrait aussi pousser Elon Musk à désactiver le service internet Starlink de SpaceX, dont l'armée ukrainienne dépend largement. Le journal parle d'un « mois misérable » pour les Ukrainiens, à l'approche d'un « hiver glacial ». Volodymyr Zelensky doit désormais se demander « à quel point il peut se permettre d'être en colère ».

Les livraisons de diesel russe doivent atteindre un million de tonnes en décembre, au moment où l'hiver s'installera. C'est dans ce calendrier que Kiev devra choisir : continuer de frapper les raffineries contre l'avis de Washington, ou accepter le règlement que, selon la Maison-Blanche, Moscou attend.

Sources

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