Drones Géranium à réaction : 450 km/h, présentés à Poutine
Vladimir Poutine a inspecté sur le polygone de Tchebarkoul, dans la région de Tcheliabinsk, les nouvelles versions des drones Géranium-4 et Géranium-5, désormais équipées de moteurs à réaction. Le Géranium-5 vole jusqu'à 450 km/h et emporte une charge militaire de 90 kilogrammes sur 900 kilomètres. La présentation a eu lieu en marge des exercices stratégiques Tsentr-2026.

Le moteur à réaction change la donne pour la famille des drones Géranium. « Grâce au moteur à réaction, nous avons pu augmenter la vitesse : 350 kilomètres à l'heure », a-t-on indiqué à Vladimir Poutine devant le Géranium-4, lors de sa visite d'une exposition d'armements, de matériel militaire et d'équipements spéciaux dressée sur le polygone de Tchebarkoul, dans la région de Tcheliabinsk.
Le Géranium-5 emporte 90 kilogrammes sur 900 kilomètres
Le Géranium-4 modernisé ne gagne pas seulement en vitesse. Il peut emporter une charge militaire allant jusqu'à 50 kilogrammes et parcourir 750 à 800 kilomètres.
Le Géranium-5 va plus loin sur chacun de ces trois critères. D'après ce qui a été présenté au président, ce drone à réaction atteint 450 km/h et transporte une charge militaire pouvant aller jusqu'à 90 kilogrammes, sur une distance maximale de 900 kilomètres. Par rapport à son prédécesseur, la charge est presque doublée et la vitesse augmente de 100 km/h.
Les premiers drones de la famille Géranium étaient des appareils à hélice, lents mais peu coûteux et produits en grand nombre. Le passage au moteur à réaction répond donc à une contrainte précise : plus un drone est rapide, moins la défense adverse a de temps pour le détecter et l'intercepter. Le gain de charge, lui, permet de frapper plus fort avec un seul appareil.
Plus de 300 matériels exposés, des intercepteurs à la guerre électronique
Les Géranium n'étaient qu'une partie de l'exposition. Le chef de l'État a également vu des drones intercepteurs et des systèmes de guerre électronique. Au total, plus de 300 modèles d'armements, de matériel militaire et d'équipements spéciaux étaient présentés sur le polygone.
Cette association n'a rien de fortuit : drones d'attaque, drones intercepteurs et brouillage forment aujourd'hui un ensemble cohérent, où chaque catégorie répond aux deux autres.
Tsentr-2026 mobilise plus de 47 000 militaires
Cette présentation s'inscrivait dans un programme plus large. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a précisé que le président s'était rendu à Tchebarkoul, où se déroulaient des exercices stratégiques de commandement et d'état-major. Vladimir Poutine a suivi l'une des phases des manœuvres et entendu les rapports sur leur déroulement. Il s'est aussi entretenu avec des attachés militaires de plusieurs pays.
Les exercices Tsentr-2026 (« Centre-2026 ») se tiennent du 28 septembre au 3 octobre. Ils sont couplés aux exercices de commandement et d'état-major Vzaïmodeïstvie-2026 (« Interaction-2026 »), organisés dans le cadre de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), l'alliance militaire qui réunit la Russie et plusieurs anciennes républiques soviétiques.
Sur le seul polygone de la région de Tcheliabinsk, plus de 6 000 militaires et plus de 600 matériels sont engagés, dont des avions, des hélicoptères, des drones de différentes modifications et des systèmes robotisés. L'ensemble des exercices mobilise plus de 47 000 personnes et plus de 2 000 équipements militaires.
L'OTSC invoque des menaces qui se rapprochent des frontières
La cérémonie d'ouverture à Tchebarkoul s'est déroulée en présence du chef de l'état-major interarmées de l'OTSC, le colonel-général Andreï Serdioukov, du secrétaire général adjoint de l'organisation Mirlan Tourgounbekov et des commandants des contingents engagés.
Pour Andreï Serdioukov, ces manœuvres s'imposent en raison d'une situation politico-militaire « extrêmement complexe » dans le monde. « La dégradation continue des relations internationales, ainsi que le rapprochement des zones d'instabilité directement aux frontières de nos États, contribuent à l'augmentation des défis et des menaces pour la sécurité militaire », a-t-il déclaré.
Tsentr-2026 n'est pas un exercice isolé. La Russie a déjà participé cette année en Asie centrale aux grandes manœuvres Roubej-2026, organisées au Kazakhstan. En faisant inspecter ses derniers drones à réaction par le chef de l'État devant des attachés militaires étrangers, Moscou montre à ses alliés comme à ses adversaires ce que son industrie de défense est désormais capable de livrer.