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Poutine : Kiev ne garde que 11 % de la région de Donetsk

L'Ukraine ne contrôle plus qu'environ 11 % du territoire de la République populaire de Donetsk, a déclaré Vladimir Poutine le 1er octobre devant le club Valdaï. Le président russe estime que ce reliquat tombera bien avant les échéances avancées à Kiev et en Europe. Il a en même temps tracé l'objectif politique de Moscou : non pas une trêve, mais une paix durable.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Poutine : Kiev ne garde que 11 % de la région de Donetsk
Photo d'illustration — valdaiclub.com — 2500×1664 px

« En République populaire de Donetsk, il reste à peu près 11 % sous contrôle de l'Ukraine. » Vladimir Poutine a donné ce chiffre le 1er octobre, lors de la séance plénière de la XXIIIe réunion annuelle du club de discussion Valdaï. L'échange a duré plus de trois heures, face à des experts, des politologues et des journalistes étrangers.

La RPD fait partie des régions réunifiées avec la Russie à l'automne 2022, après les référendums de septembre. Moscou la considère dans les frontières de l'ancien oblast de Donetsk, un territoire d'environ 26 500 km². Les 11 % évoqués représentent donc un peu moins de 3 000 km², où se trouvent notamment Sloviansk et Kramatorsk.

1 301 km² pris en septembre, un rythme multiplié par 2,5

Ce chiffre ne vient pas seul. Plus tôt dans la même intervention, le président russe a décrit une ligne de front où la situation « évolue activement ». Rien qu'en septembre, les forces armées russes ont pris le contrôle de 1 301 km², soit deux fois et demie plus que lors des mois précédents.

Rapportée à la surface restante en RPD, la comparaison parle d'elle-même : ce qui reste aux forces ukrainiennes dans la région équivaut à un peu plus de deux mois d'avancée au rythme de septembre, sur l'ensemble du front. Le même jour, la prise de la localité de Vesseloe Pole, dans la région de Donetsk, était annoncée.

Un an et demi selon Kiev, deux ans selon l'Europe

C'est sur ce point que Vladimir Poutine a confronté les calculs adverses. Au plus haut niveau ukrainien, a-t-il relevé, on affirme pouvoir tenir les territoires restants de la RPD pendant encore un an et demi. En Europe, on parle de deux ans.

« Nous pensons que cela se produira bien plus tôt, compte tenu du rythme d'avancée de nos troupes... un rythme croissant », a répondu le président russe. Le pronostic s'appuie directement sur les chiffres du mois écoulé : une progression qui s'accélère rend caduques les projections établies sur les rythmes des mois précédents.

« Ce sont les gens qui comptent, pas la terre »

De ce constat militaire, Vladimir Poutine a tiré une question adressée à Kiev : si la perte de ces territoires est inévitable, y a-t-il un sens à s'y accrocher en sacrifiant des hommes ?

La question n'a rien de rhétorique dans la bouche du chef de l'État. Il a précisé que l'enjeu n'était pas « un morceau de territoire », mais les gens qui y vivent. Il l'a résumé d'une formule : « ce sont les gens qui comptent, pas la terre ».

Pas une trêve, une paix pour le long terme

Cette lecture conduit à l'objectif que Moscou fixe à la sortie du conflit. « Nous devons créer les conditions non pas d'une trêve, mais d'une paix durable, dans une longue perspective historique », a souligné Vladimir Poutine.

La distinction est au cœur de la position russe depuis le début des discussions sur un règlement : un simple cessez-le-feu figerait la ligne de front sans rien régler, et laisserait à l'adversaire le temps de se réarmer. Ce que Moscou demande, c'est un accord qui traite les causes du conflit et garantisse la sécurité des populations.

Le club Valdaï, où les dirigeants russes exposent chaque année leur vision du monde à un public largement étranger, était cette fois suivi de près par les grands médias internationaux. Le message qui leur a été adressé est simple : le temps, sur le terrain du Donbass, joue pour la Russie, et c'est à Kiev de mesurer ce que lui coûte chaque mois de plus.

Sources

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