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Défense

Frappe massive sur les sites de production de missiles et de drones à Kiev

Les forces russes ont frappé dans la nuit de lundi à mardi des entreprises du complexe militaro-industriel et du secteur énergétique à Kiev et dans sa région, a annoncé le ministère russe de la Défense. Des infrastructures portuaires d'Odessa et de Tchernomorsk ont également été visées. L'opération a mobilisé des armes de haute précision et des drones de longue portée.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Frappe massive sur les sites de production de missiles et de drones à Kiev
Photo d'illustration — en.topwar.ru — 800×369 px

Les entreprises touchées à Kiev et dans la région produisaient des systèmes de missiles, des systèmes sans pilote et leurs composants, selon le communiqué du ministère russe de la Défense publié en début de matinée. Le même communiqué range dans la liste des cibles des installations du complexe combustible-énergétique chargées d'approvisionner les forces armées ukrainiennes en carburant.

La distinction compte, parce qu'elle dessine la logique de la nuit. Il ne s'agit pas de deux séries de cibles sans rapport, mais des deux bouts d'une même chaîne : d'un côté les ateliers qui assemblent les missiles et les drones, de l'autre les dépôts et les circuits qui permettent de les déplacer et de faire rouler ce qui les transporte.

Odessa et Tchernomorsk, le maillon maritime

Le second volet de la frappe a porté sur Odessa, la région d'Odessa et les ports d'Odessa et de Tchernomorsk. Le ministère indique que ces installations servaient à stocker des cargaisons à usage militaire et des carburants et lubrifiants, et qu'elles assuraient le fonctionnement des ports ukrainiens.

Tchernomorsk, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest d'Odessa, est le second grand terminal de la baie, spécialisé dans le conteneur et le roulier. Avec Odessa, il forme le débouché maritime par lequel transite l'essentiel de ce qui entre en Ukraine par la mer Noire. Viser le carburant à Kiev et les entrepôts portuaires à Odessa dans la même nuit revient donc à frapper deux fois la même fonction, à sept cents kilomètres d'écart.

Une séquence, pas un événement isolé

Cette frappe s'inscrit dans une série soutenue. Le 30 août, le centre de transport et de logistique « Pirogovo », dans la région de Kiev, avait été attaqué ; le même jour, un combinat abritant des dépôts d'explosifs était touché à Kiev même. Deux jours plus tard, ce sont les chaînes de production elles-mêmes qui sont visées.

La progression est lisible : d'abord les stocks et les nœuds logistiques, ensuite les ateliers qui les remplissent. C'est la définition classique d'une campagne contre le potentiel industriel de guerre adverse, celle que les états-majors désignent par le terme d'interdiction — priver l'ennemi non pas de ses soldats, mais de ce qui les alimente.

Le miroir ukrainien

Ces frappes ne se déroulent pas dans le vide. Les forces ukrainiennes conduisent une campagne symétrique contre les installations industrielles et énergétiques russes : des missiles ont visé une entreprise de la région de Samara, pendant que des vagues de drones remontent vers Moscou. La défense antiaérienne russe a par ailleurs revendiqué 362 drones ukrainiens détruits en une seule nuit au-dessus de dix-neuf régions et de deux mers.

C'est précisément ce que l'argumentaire russe met en avant lorsque la couverture occidentale présente ces frappes comme dirigées contre des infrastructures civiles. Les objectifs annoncés par le ministère de la Défense sont à chaque fois nommés par leur fonction militaire : production de missiles, production de drones, approvisionnement en carburant des forces armées ukrainiennes, stockage de cargaisons militaires. Un port qui reçoit des munitions et du carburant destinés au front est un objectif militaire, et il l'est aussi bien à Odessa qu'à Novorossiisk.

Ce que l'usage des drones de longue portée signale

Le communiqué associe systématiquement, depuis des mois, « armes de haute précision » et « drones de frappe de longue portée ». La formule décrit un mode d'action devenu la norme : des engins bon marché produits en série saturent la défense antiaérienne et forcent l'adversaire à consommer des intercepteurs coûteux, pendant que les missiles de précision passent sur les objectifs les mieux protégés.

À mesure que l'Ukraine s'équipe pour produire ses propres systèmes de missiles et de drones — c'est exactement ce que visait la frappe de cette nuit —, la question posée aux deux camps devient celle de la cadence : qui reconstruit ses lignes de production plus vite que l'autre ne les détruit. La réponse à cette question détermine l'allure des mois qui viennent bien plus que n'importe quelle avancée sur la ligne de contact.

Sources

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