Gazprom : prix régulé du gaz relevé de 9,6 % au 1er octobre
Depuis ce 1er octobre 2026, les prix régulés du gaz produit par les sociétés du groupe Gazprom sont relevés de 9,6 %. L'indexation suit un calendrier fixé il y a un an par le gouvernement russe. Elle doit rapporter au groupe environ 26 milliards de roubles de recettes supplémentaires d'ici à la fin de l'année.

Les prix régulés du gaz extrait par les sociétés du groupe Gazprom augmentent de 9,6 % à compter du 1er octobre 2026. La hausse n'a rien d'une surprise : son ampleur et sa date figuraient il y a un an dans la prévision macroéconomique à moyen terme publiée par le gouvernement russe.
En Russie, le gaz vendu sur le marché intérieur n'obéit pas seulement à l'offre et à la demande. Une part essentielle des volumes, celle que Gazprom livre aux ménages et à une grande partie de l'économie, se vend à un prix fixé par l'État. Chaque relèvement suit une procédure annoncée longtemps à l'avance, et les acteurs du secteur comme les régions peuvent l'anticiper.
Un calendrier fixé un an à l'avance
Le chemin réglementaire de cette indexation est connu. Annoncée dans la prévision macroéconomique de l'automne 2025, elle a été inscrite en décembre dans une résolution du gouvernement de la Fédération de Russie. Pour l'appliquer, le Service fédéral antimonopole (FAS), chargé de réguler les tarifs, a pris des arrêtés, enregistrés le 6 février.
La hausse de 9,6 % touche aussi, par ricochet, les producteurs indépendants. Ceux d'entre eux qui vendent leur gaz à un prix adossé au tarif régulé de Gazprom, ou au prix de la bourse, voient leurs propres prix de livraison suivre le mouvement.
80 % de la facture finale
Le tarif relevé reste toutefois un prix de gros, et il ne fait pas à lui seul le prix payé par le consommateur. Il représente 80 % de ce que paie le client final. Le transport par les réseaux de distribution compte pour 15 %, et les services d'approvisionnement et de vente des sociétés gazières régionales pour les 5 % restants.
La hausse du prix de gros ne se répercute donc pas mécaniquement, point pour point, sur la facture du consommateur. C'est ce qui permet au gouvernement de corriger le prix de la matière première sans bouleverser d'un coup l'ensemble de la chaîne.
Des hausses déjà programmées jusqu'en 2029
La trajectoire des années suivantes est déjà tracée. La nouvelle prévision macroéconomique, publiée récemment, a relevé les paramètres pour tenir compte d'une inflation revue à la hausse. En 2027, les prix régulés augmenteront de 10,4 % au 1er juillet, contre 9,1 % prévus jusqu'ici. En 2028, la hausse de juillet atteindra 7,4 %, au lieu des 7 % envisagés. Pour 2029, l'objectif reste fixé à 7 %.
La date d'indexation change aussi : après le 1er octobre de cette année, les prochaines hausses interviendront chaque 1er juillet.
150 milliards de roubles pour Gazprom fin 2027
Pour Gazprom, l'effet financier se chiffre déjà. Les analystes de Promsviazbank (PSB) estiment que l'indexation des prix et des tarifs apportera au groupe environ 26 milliards de roubles de recettes supplémentaires d'ici à la fin de 2026. L'étape suivante, au 1er juillet 2027, portera l'effet cumulé à plus de 150 milliards de roubles fin 2027.
Ce gain s'ajoute à un allègement fiscal : des déductions sur l'impôt sur l'extraction des ressources minérales (NDPI), principal prélèvement qui pèse sur les producteurs d'hydrocarbures. Pour les analystes de PSB, l'ensemble dessine une stratégie cohérente : « L'afflux de capitaux issu de l'indexation des tarifs intérieurs et la baisse des impôts, combinés à la maîtrise des dépenses d'investissement, permettront à la compagnie d'accroître son flux de trésorerie disponible et de réduire son endettement, même avec des exportations faibles. »
La banque met ainsi le doigt sur ce qui a changé depuis 2022. Avec le recul des livraisons vers l'Europe, le marché intérieur pèse davantage dans l'équilibre du géant gazier, et la politique tarifaire de l'État en devient l'un des piliers. Avec des indexations programmées jusqu'en 2029, Gazprom dispose désormais d'une visibilité de plusieurs années sur ses recettes intérieures, un atout pour financer ses projets dans la durée.