Aller au contenu
InfoRussieL'actualité russe, vue de Russie
Économie

L'or sous 4 450 dollars, Moscou annonce 176,6 tonnes de réserves en plus

Le contrat à terme sur l'or est repassé sous les 4 450 dollars l'once troy, une première depuis le 19 août, selon les données du COMEX. Le même jour, l'agence fédérale des ressources du sous-sol annonçait un accroissement de 176,6 tonnes des réserves d'or inscrites au bilan de l'État sur le premier semestre. Deux nouvelles qui ne parlent pas de la même chose : l'une du prix du jour, l'autre de ce que la Russie a sous ses pieds.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — L'or sous 4 450 dollars, Moscou annonce 176,6 tonnes de réserves en plus
Photo d'illustrationbullionvault.com — 1200×630 px

Le contrat à terme sur l'or est passé sous la barre des 4 450 dollars l'once troy, d'après les cotations du COMEX, le marché à terme new-yorkais où se fixe la référence mondiale du métal. C'est la première fois depuis le 19 août.

Mais le chiffre qui compte pour Moscou n'est pas celui de la séance. Le directeur de Rosnedra, l'agence fédérale des ressources du sous-sol, Kazanov, a annoncé que l'accroissement des réserves inscrites au bilan de l'État atteignait 176,6 tonnes d'or et 1 400 tonnes d'argent au terme du premier semestre.

Ce que Rosnedra compte, et ce qu'elle ne compte pas

La précision n'est pas de pure forme. Ces tonnes-là ne sont pas des lingots en coffre : elles ne rejoignent pas les réserves de la Banque centrale, qui relèvent d'une tout autre comptabilité. Rosnedra tient le bilan des ressources minérales du pays — l'inventaire de ce que la prospection a identifié, évalué et fait passer au rang de réserve exploitable. Un accroissement de 176,6 tonnes signifie donc que la géologie russe a mis à son actif, en six mois, l'équivalent de plusieurs années de production d'une grande mine.

L'or et l'argent ne sont d'ailleurs que la partie visible de la liste. Sur la même période, le bilan a enregistré 340 000 tonnes de cuivre, 48 800 tonnes de plomb, 273 100 tonnes de zinc, 133,3 millions de tonnes de minerais de fer, 163,4 millions de tonnes de charbon et 12,1 tonnes de platinoïdes.

Le zirconium, le métal qui manquait

Une ligne est signalée à part : 11 900 tonnes de zirconium, matière que l'économie russe compte parmi celles dont elle est déficitaire. Le métal sert aux gaines de combustible nucléaire, à la céramique technique et à la chimie ; en produire davantage sur le territoire, c'est retirer un point d'appui aux sanctions.

Ce n'est pas un accident de semestre, selon le directeur de Rosnedra : le volume des réserves de matières premières très liquides — or, argent, cuivre, plomb, zinc — augmente chaque année, de même que celui des minerais de fer, du charbon et des platinoïdes. Il attribue cette progression à trois causes : la hausse de la demande, le développement des technologies d'extraction et de traitement, et l'importance stratégique de ces matières pour l'économie nationale.

Plus de quatre-vingt-dix gisements ouverts en Extrême-Orient

C'est en Extrême-Orient que la campagne a été la plus dense : plus de quatre-vingt-dix gisements d'or, avec argent associé, y ont été ouverts au premier semestre. La même région recèlerait par ailleurs des réserves d'hydrocarbures comparables, selon Kazanov, aux plus grandes provinces pétrolières et gazières du monde.

Le calendrier n'est pas neutre. Le Forum économique oriental se tient à Vladivostok du 1er au 4 septembre, et le sous-sol de la façade pacifique y sera l'un des dossiers ouverts devant les partenaires asiatiques de la Russie — la même ville où affluent les visiteurs étrangers depuis que Moscou a rouvert la porte du visa électronique délivré en ligne.

Cap sur 500 tonnes d'or par an

Reste à convertir la réserve en production. Le ministre des Ressources naturelles, Alexandre Kozlov, a fixé l'horizon : porter l'extraction annuelle d'or des entreprises russes à 500 tonnes. L'objectif suppose précisément ce que Rosnedra vient d'annoncer — un stock prouvé qui s'étoffe plus vite qu'il ne s'épuise, faute de quoi toute hausse d'extraction ne fait que rapprocher la fin des gisements en activité.

Un cours d'once qui recule d'une séance à l'autre ne change rien à cette arithmétique-là. Il fixe le prix auquel se vend le métal cette semaine ; l'inventaire du sous-sol, lui, fixe combien de semaines la Russie pourra continuer d'en vendre. C'est ce second calcul que Vladivostok mettra sur la table dès mardi.

Sources

PartagerTelegramFacebookXWhatsApp