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Défense

Le sous-marin « Omsk » torpille une cible au Kamtchatka

La flotte russe du Pacifique a annoncé le 10 septembre avoir mené un exercice anti-sous-marin au large du Kamtchatka, avec deux sous-marins nucléaires, des bâtiments de surface et l'aviation de patrouille maritime. Le sous-marin à propulsion nucléaire « Omsk » y a exécuté des tirs de torpilles d'entraînement contre une cible sous-marine. L'exercice s'inscrit dans la préparation planifiée de la flotte, indique Interfax.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Le sous-marin « Omsk » torpille une cible au Kamtchatka
Photo d'illustrationmilitaryimages.net — 1920×1440 px

L'aviation anti-sous-marine a ouvert le scénario. Des Il-38N patrouillant au-dessus du Pacifique, au large des côtes du Kamtchatka, ont détecté la présence d'un sous-marin d'un « ennemi conventionnel » — rôle tenu par l'un des sous-marins nucléaires polyvalents de la flotte du Pacifique elle-même, selon le service de presse de la flotte.

Un groupe de recherche et de frappe a alors été dépêché vers la zone de détection, conduit par le petit bâtiment anti-sous-marin MPK-82 et accompagné du sous-marin nucléaire « Omsk ». La traque a combiné deux moyens : les sonars de bord des navires et des sous-marins d'une part, les bouées acoustiques larguées par les Il-38N d'autre part. L'équipage de l'« Omsk » a détecté puis pisté la cible et transmis ses coordonnées au groupe de surface.

Le sous-marin adverse ayant, selon le scénario, refusé de répondre à l'injonction de faire surface, l'« Omsk » a exécuté des tirs de torpilles d'entraînement contre la cible sous-marine.

Un croiseur du projet 949A basé à Rybatchi

L'« Omsk » n'est pas un bâtiment ordinaire de la flotte du Pacifique. Le K-186 est un croiseur sous-marin lance-missiles à propulsion nucléaire du projet 949A « Anteï » — Oscar-II dans la nomenclature de l'OTAN —, basé à Rybatchi, près de Vilioutchinsk au Kamtchatka. Mis en service au tournant de 1993-1994, il emporte vingt-quatre missiles de croisière P-700 Granit et a été modernisé entre 2015 et 2019, avec l'installation de lanceurs Oniks et Kalibr.

Sa présence dans un exercice anti-sous-marin dit quelque chose de l'emploi de ces bâtiments. Conçu pour la lutte contre les groupes aéronavals de surface, le projet 949A est ici employé dans la traque et la destruction d'une cible immergée, en coopération avec un bâtiment de surface bien plus léger et des avions de patrouille maritime. C'est la mise en réseau qui est travaillée, autant que le tir final.

Et cette génération de bâtiments est appelée à passer la main. En mars 2026, le commandant en chef de la Marine Alexandre Moïsseïev a annoncé le remplacement de tous les sous-marins nucléaires de troisième génération par des unités du projet Iassen au cours de la décennie à venir.

Une séquence dense depuis le mois d'août

L'exercice du Kamtchatka vient clore un été chargé pour la flotte du Pacifique. Ses plus grandes manœuvres de l'année ont débuté le 4 août, mobilisant plus de 13 000 militaires, une soixantaine de bâtiments de surface, sous-marins et navires de soutien, et une trentaine d'avions, hélicoptères et systèmes sans pilote, déployés en mer du Japon, en mer d'Okhotsk et dans le nord-ouest du Pacifique.

Vladimir Poutine a assisté à la phase finale le 12 août à Ioujno-Sakhalinsk. S'adressant à l'équipage du croiseur lance-missiles « Variag », il y a dénoncé l'expansion de l'OTAN dans la région ainsi que les sanctions japonaises — deux sujets qui, dans cette partie du Pacifique, se répondent directement.

Huit jours plus tard, lors d'un exercice près des Kouriles du Sud, c'est déjà l'« Omsk » qui tirait une salve de missiles Granit, tandis que le « Variag » lançait deux missiles Vulkan et qu'un système côtier Bastion tirait un missile Oniks, contre des cibles simulées situées à plus de 300 kilomètres. Le 8 septembre, la flotte conduisait trois jours d'exercices interministériels de recherche et de sauvetage dans la baie d'Avatcha, à l'entrée de Petropavlovsk-Kamtchatski.

Le Kamtchatka, base avancée du Pacifique russe

Cette concentration d'activité tient à la géographie. La péninsule du Kamtchatka, longue de plus de mille kilomètres entre la mer d'Okhotsk et le Pacifique, abrite avec Vilioutchinsk l'une des deux grandes bases de sous-marins nucléaires russes, l'autre se trouvant dans le Grand Nord, à Gadjievo. Depuis Rybatchi, un bâtiment accède directement aux eaux profondes du Pacifique sans passer par un détroit contrôlé — un avantage que la Baltique et la mer Noire n'offrent pas. C'est aussi ce qui fait du Kamtchatka et de ses volcans une région restée longtemps fermée aux étrangers.

À l'autre extrémité de cette façade maritime, le quartier général de la flotte se trouve à Vladivostok, terminus du Transsibérien, à près de 2 500 kilomètres au sud-ouest. Entre les deux, la flotte du Pacifique couvre une zone qui va du détroit de Béring aux abords du Japon.

Le précédent le plus proche remonte au 28 avril 2025 : le sous-marin « Krasnoïarsk », du projet 885M Iassen-M admis au service en décembre 2023, avait tiré un missile de croisière Kalibr contre une cible côtière du polygone de Koura, au Kamtchatka, à plus de 1 100 kilomètres, avant de détruire dans une seconde phase un sous-marin simulé à la torpille anti-sous-marine. Le même enchaînement — frappe à longue distance, puis lutte anti-sous-marine — structure aujourd'hui l'entraînement de la flotte, et c'est ce répertoire complet que les unités du Kamtchatka rejouent d'un exercice à l'autre.

Sources

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