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Défense

Mer Noire : la Russie frappe un cargo de matériel militaire

Les forces armées russes ont frappé vendredi 6 novembre, en journée, un vraquier en mer Noire, au sud-ouest d'Odessa. Selon le ministère russe de la Défense, le navire livrait du matériel militaire à l'armée ukrainienne. C'est la dernière d'une série de frappes quasi quotidiennes contre la route maritime qui ravitaille Kiev.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Mer Noire : la Russie frappe un cargo de matériel militaire
Photo d'illustration — George Chernilevsky — Public domain

Un vraquier qui faisait route vers l'Ukraine a été touché vendredi 6 novembre, en pleine journée, dans les eaux situées au sud-ouest d'Odessa. Le ministère russe de la Défense a annoncé que le navire transportait du matériel militaire destiné aux forces armées ukrainiennes, ainsi que des marchandises à double usage. Ce sont des biens civils par nature, mais une armée peut s'en servir.

Le ministère n'a pas donné le nom du navire ni son pavillon. Pris seul, ce communiqué ressemble à un fait isolé. Remis dans la série de la semaine, il montre une méthode.

Six annonces de frappes en quatre jours

Le 3 novembre, le ministère russe a annoncé avoir touché deux vraquiers, dont un dans le port de Ioujny, à l'est d'Odessa. Le lendemain, une nouvelle frappe visait un navire à 8 km au sud-ouest d'Odessa, presque à l'entrée du port.

Le rythme s'est ensuite accéléré. Dans la nuit du 4 au 5 novembre, un vraquier « transportant du matériel militaire » a été frappé à 52 km au sud-ouest d'Odessa, rapporte Al Jazeera. La même nuit, les frappes russes ont visé un terminal de Nova Poshta, le plus grand transporteur privé d'Ukraine, et des installations électriques. Le 5 novembre, à 18 h 11 heure de Moscou, le ministère a annoncé que ses drones avaient touché de jour un autre vraquier, cette fois à 107 km au sud-ouest d'Odessa. Puis dans la nuit du 5 au 6, un drone a frappé dans le port même d'Odessa un vraquier qui livrait « des marchandises à double usage ».

La frappe de ce vendredi s'ajoute donc à une liste déjà longue. Les cibles changent, mais pas leur fonction : chaque navire visé assurait une partie du ravitaillement de l'armée ukrainienne.

La logistique ukrainienne prise pour cible

Le choix de ces cibles s'explique par la géographie. Odessa et les ports voisins, Ioujny et Tchornomorsk, sont la principale ouverture maritime de l'Ukraine. Une bonne partie de ce qui entre dans le pays par la mer y passe, qu'il s'agisse de marchandises civiles ou de matériel destiné au front.

Moscou a fixé sa position dès juillet 2023, après la fin de l'accord sur les céréales. Le ministère russe de la Défense avait alors prévenu que tout navire se dirigeant vers un port ukrainien de la mer Noire serait considéré comme un transporteur potentiel de cargaison militaire. Les frappes de novembre appliquent cette doctrine. Elles visent les navires et leur fret, mais aussi l'acheminement à terre, comme l'a montré le terminal de Nova Poshta.

Ce travail ne se limite pas à la mer. Le ministère a aussi diffusé des images d'une frappe de la munition rôdeuse « Dan-T » contre des soldats ukrainiens et un poste de commandement de drones. Cette frappe a eu lieu dans la zone d'action du groupement de troupes « Ouest ».

« Navires civils » pour Kiev, transports militaires pour Moscou

Le désaccord porte sur la nature des navires. Les médias ukrainiens parlent en général de « navires civils ». Après la frappe de la nuit du 5 au 6 novembre, le site ukrainien Apostrophe a titré : « Ils le considèrent comme militaire : les Russes se vantent d'une frappe nocturne contre un vraquier dans le port d'Odessa ».

La partie russe répond que le statut d'un navire dépend de ce qu'il transporte, et non de son pavillon ou de son immatriculation commerciale. Un cargo qui livre du matériel militaire à une armée en guerre participe à son effort de guerre. Les marchandises à double usage relèvent de la même logique.

Les autorités ukrainiennes, elles, n'ont rien dit. Al Jazeera note que les responsables ukrainiens n'ont pas confirmé immédiatement la frappe contre le navire touché le 5 novembre. Ni l'administration régionale d'Odessa ni la marine ukrainienne ne se sont exprimées sur les frappes des 5 et 6 novembre.

Avec une frappe annoncée presque chaque jour, de l'entrée du port jusqu'à plus de cent kilomètres au large, la route maritime d'Odessa est devenue un axe sous surveillance permanente. Désormais, chaque cargaison qui part vers l'armée ukrainienne fait courir un risque au navire qui la transporte.

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