Lanceurs Neptune et cargo frappés près d'Odessa
Les drones russes ont touché dans la nuit de dimanche à lundi un site d'abri et de stockage de lanceurs de missiles antinavires Neptune à Touzly, dans la région d'Odessa, ainsi qu'un cargo qui transportait du fret destiné à l'armée ukrainienne, a annoncé le ministère russe de la Défense. C'est le troisième cargo touché en mer Noire en trois jours.

Les forces armées russes ont frappé à l'aide de drones, dans la nuit du 1er au 2 novembre, des installations portuaires utilisées par l'armée ukrainienne et des navires chargés de son fret militaire. Le ministère russe de la Défense a précisé les deux cibles principales. La première est un lieu d'abri et de stockage des lanceurs du système de missiles antinavires Neptune, près du village de Touzly, dans la région d'Odessa. La seconde est un cargo frappé « lors de sa traversée en mer, à 58 km au sud d'Odessa », alors qu'il « acheminait des marchandises destinées aux forces armées ukrainiennes ».
Le Neptune, principale arme antinavire de Kiev
La cible terrestre n'a pas été choisie au hasard. Le Neptune est le missile de croisière antinavire mis au point par l'industrie ukrainienne à partir du Kh-35 soviétique. Il est tiré depuis des lanceurs mobiles sur camion, que l'armée ukrainienne disperse et dissimule le long du littoral. C'est cette arme qui menace la flotte russe de la mer Noire depuis la côte.
Frapper ses lanceurs dans leur abri, avant qu'ils ne soient déployés en position de tir, réduit donc directement la capacité de Kiev à viser les navires russes. Touzly se trouve sur la façade maritime de la région d'Odessa, dans la zone d'où partent les tirs dirigés vers le large.
Trois cargos en trois jours
Mais le cargo de lundi n'est pas un cas isolé. Le ministère russe de la Défense a annoncé le 31 octobre avoir touché un premier cargo à 37 km au sud d'Odessa, qui acheminait lui aussi du fret pour l'armée ukrainienne. Le 1er novembre, un deuxième navire a été atteint à 69 km au sud-ouest du port, avec une cargaison de même destination. Celui de lundi, à 58 km au sud, est le troisième en trois jours.
La répétition dessine une méthode. Odessa est la principale porte maritime de l'Ukraine, et les navires qui y font route transportent aussi le matériel dont dépend l'armée ukrainienne. En les frappant en pleine traversée, Moscou montre que la route maritime qui mène au port n'est plus sûre pour le fret militaire.
Couper les routes d'approvisionnement, sur mer comme sur terre
La même logique s'applique à l'intérieur des terres. Le 1er novembre, les forces russes ont visé les installations de régulation du trafic ferroviaire de la gare de Konotop, dans la région de Soumy. Selon le ministère, elles servaient à acheminer des armes et du matériel militaire depuis l'ouest de l'Ukraine vers le front. Le 31 octobre, l'armée russe annonçait aussi la destruction d'une station radar P-18 « Malakhit » dans la région de Zaporojié.
Le rail qui descend de l'ouest, la mer qui mène à Odessa, les radars qui surveillent le ciel : en quelques jours, les frappes russes ont visé chacun des maillons qui permettent à l'armée ukrainienne de recevoir ses armes, de les acheminer et de les protéger. Sur le front de Kherson, les forces russes appliquent par ailleurs des cessez-le-feu ponctuels pour évacuer les habitants d'Alechki.
Avec les lanceurs Neptune visés à terre et le fret frappé au large, c'est désormais la région d'Odessa, dernier débouché maritime de Kiev, qui concentre l'effort russe.
Sources
- Минобороны РФ сообщило об ударе в Черном море по судну с грузом для ВСУ — Interfax
- Российские военные ударили по складу ракет «Нептун» и сухогрузу на Украине — Vedomosti
- ❗️На переходе морем в 58 км южнее Одессы поражен сухогруз, доставлявший грузы, предназначенные для ВСУ, сообщили в Минобороны. ✔️ Подпишись на ТАСС в "Максе" — TASS (Telegram)
- ❗️Поражено место укрытия и хранения пусковых установок комплексов "Нептун" в Одесской области, сообщили в Минобороны. — TASS (Telegram)