Minsk : la CEI se dote d'un format commun avec l'Afrique
Les diplomaties de cinq États de la Communauté des États indépendants se sont réunies le 16 septembre au siège de l'organisation, à Minsk, pour bâtir une approche coordonnée du continent africain. La réunion, présidée par la directrice du Département du partenariat avec l'Afrique du ministère russe des Affaires étrangères, a fixé des étapes concrètes dans un format « CEI – Afrique » et les a consignées dans un protocole.

Cinq ministères des Affaires étrangères — ceux du Bélarus, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la Russie et du Tadjikistan — ont tenu le 16 septembre à Minsk des consultations interministérielles consacrées à l'interaction des États de la CEI avec les pays et les organisations d'intégration d'Afrique. Le Comité exécutif de la Communauté y participait ; l'Azerbaïdjan et l'Ouzbékistan étaient présents en qualité d'observateurs. La présidence était assurée par T. Dovgalenko, qui dirige le Département du partenariat avec l'Afrique du ministère russe des Affaires étrangères.
Le choix du lieu n'est pas anodin : Minsk abrite le Comité exécutif de la CEI, l'organe permanent de la Communauté née de la dissolution de l'Union soviétique. C'est donc l'appareil collectif de l'organisation, et non une capitale prise isolément, qui est mobilisé pour parler à l'Afrique.
L'Union africaine comme interlocuteur désigné
Les participants ont discuté des questions d'actualité liées à la construction de cette interaction, en premier lieu avec l'Union africaine, puis avec les autres ensembles d'intégration du continent. Le choix est significatif : plutôt que de démultiplier les relations bilatérales, la CEI vise les structures qui parlent au nom de plusieurs dizaines d'États à la fois. L'Union africaine, dont le siège est à Addis-Abeba, réunit l'ensemble des pays du continent et sert d'interlocuteur unique sur les dossiers politiques comme économiques.
Les délégations ont également procédé à un échange d'évaluations approfondi sur la situation en matière de sécurité dans la région. La discussion prolonge un mouvement engagé de longue date par Moscou, dont les sommets Russie-Afrique de Sotchi en 2019 puis de Saint-Pétersbourg en 2023 ont été les moments les plus visibles. Ce qui change ici, c'est le cadre : ce n'est plus la Russie seule qui s'adresse au continent, mais la CEI comme ensemble.
Commerce et humanitaire, et un protocole signé
La réunion n'en est pas restée aux principes. Des étapes concrètes ont été arrêtées pour élargir le partenariat dans le format « CEI – Afrique », dans les domaines commercial et économique d'une part, humanitaire de l'autre. La disposition commune à poursuivre le développement d'une coopération à plusieurs volets a été confirmée, et les résultats de la discussion ont été consignés dans un protocole — un document qui engage les participants sur ce qui a été décidé, et non un simple compte rendu.
Reste à voir quelle forme prendra la suite : un format naissant se juge à ses premières réalisations commerciales, et c'est sur ce terrain que le travail engagé à Minsk sera mesuré.