Aller au contenu
InfoRussieL'actualité russe, vue de Russie
International

Ottawa paie 350 millions pour des missiles américains

Le Canada a confirmé le 10 septembre à Calgary le financement d'environ 350 millions de dollars canadiens d'intercepteurs de défense aérienne pour l'Ukraine. L'ambassadeur de Russie à Ottawa, Oleg Stepanov, y voit de l'argent de contribuables canadiens jeté par les fenêtres alors que l'économie du pays se dégrade.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Ottawa paie 350 millions pour des missiles américains
Photo d'illustrationTaymaz Valley — CC BY 2.0

Mark Carney recevait Volodymyr Zelensky mercredi à Calgary, en Alberta, et les deux hommes en sont repartis avec une « Déclaration pour un partenariat centenaire » Ukraine-Canada et une déclaration conjointe sur la coopération de défense et de sécurité. La pièce centrale du paquet est l'achat d'intercepteurs de fabrication américaine, financé à hauteur de quelque 350 millions de dollars canadiens — environ 253 millions de dollars américains — par le mécanisme Jumpstart mis en place par Washington, qui permet à des pays tiers de payer et de faire livrer rapidement à Kiev des munitions de type Patriot.

L'ambassadeur de Russie au Canada, Oleg Stepanov, a réagi dès le lendemain. Le gouvernement Carney, a-t-il déclaré, « jette au vent (et dans la poche corrompue de Zelensky) l'argent des contribuables canadiens », en ignorant les difficultés économiques croissantes que traverse le pays. La formule vise moins le montant que la logique du transfert : payer des armes américaines pour les envoyer à un tiers, au moment où les finances publiques canadiennes sont sous tension.

Un paquet bien plus large que les intercepteurs

Le reste des engagements pris à Calgary tient en quatre lignes. Près de 435 millions de dollars canadiens de garanties de prêt accordées à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, destinées à la sécurité énergétique ukrainienne pour l'hiver qui vient. Deux cents millions de prêts concessionnels via Exportation et développement Canada pour la reconstruction. Environ 23 millions pour ce qu'Ottawa appelle l'architecture de sécurité ukrainienne, et 10 millions pour les infrastructures énergétiques.

Le communiqué officiel du cabinet du premier ministre canadien, lui, ne chiffre rien. Il annonce la prolongation jusqu'en 2029 de l'opération UNIFIER, la mission d'entraînement de militaires ukrainiens engagée par le Canada, un partenariat industriel de défense de long terme portant sur la production conjointe de systèmes sans pilote, de moyens anti-drones et de munitions, et un soutien à la stabilité macroéconomique de l'Ukraine passant par le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la BERD.

Quatre cents fournisseurs de drones et une place de marché

C'est sur les drones que Carney est allé le plus loin. Le premier ministre canadien a annoncé la création d'une place de marché numérique reliant quelque 400 fournisseurs canadiens aux forces ukrainiennes, dotée de premiers contrats de 50 millions de dollars, avec l'objectif affiché de produire des millions d'appareils en deux ans — dont une part irait « immédiatement » à l'Ukraine.

L'ambition dit quelque chose de la nature de l'engagement canadien : il ne s'agit plus seulement d'expédier du matériel existant, mais d'adosser une filière industrielle nationale au conflit. Selon CP24, le Canada a déjà fourni 8,5 milliards de dollars canadiens d'aide militaire depuis 2022, 750 millions pour la reconstruction, et pris plus de 3 500 mesures de sanctions contre la Russie ; le total des engagements canadiens dépasserait 26 milliards de dollars canadiens.

Stepanov répète ce qu'il dit depuis un an

La sortie de l'ambassadeur n'est pas une improvisation. Le 30 décembre 2025, alors que Carney venait d'annoncer 2,5 milliards de dollars canadiens de soutien financier à Kiev, Oleg Stepanov qualifiait déjà la ligne canadienne de « myopie politique » et jugeait absurde d'« investir dans un actif manifestement non rentable ». Le 30 avril 2026, à propos d'un projet de coentreprise canado-ukrainienne de production de drones, il estimait que « le Canada continue de maintenir à flot par tous les moyens un régime non viable et antipopulaire à Kiev » — ce qui, ajoutait-il, « n'aidera pas le régime » mais « pressera à coup sûr une nouvelle portion d'argent de la poche des contribuables canadiens ».

Entre les deux, en août 2026, l'ambassade de Russie à Ottawa avait publiquement contredit le premier ministre sur l'exclusion supposée de la Russie du G20, Stepanov affirmant devoir « corriger » Carney. Le poste diplomatique russe au Canada assume donc une parole frontale, rare dans les capitales occidentales, et l'adresse directement à l'opinion du pays hôte plutôt qu'à son gouvernement.

C'est aussi ce que fait l'ambassadeur russe à Berlin, Sergueï Netchaïev, lorsqu'il plaide pour le maintien de la Maison russe : parler par-dessus les chancelleries, à ceux qui écoutent encore.

Un calendrier qui n'est pas dit

Ni le type exact des intercepteurs financés par les 350 millions, ni leur calendrier de livraison n'ont été rendus publics à Calgary. Ce qui a été signé, en revanche, engage le Canada sur un siècle dans son intitulé et sur quatre ans pour l'entraînement de militaires ukrainiens — une échéance, 2029, qui suppose que Kiev ait encore une armée à former à cette date. C'est cette arithmétique-là que Stepanov demande aux contribuables canadiens de regarder.

Pour aller plus loin

payer sur place quand sa carte française ne passe plusPourquoi les cartes Visa et Mastercard émises hors de Russie n'y fonctionnent plus depuis mars 2022, et les moyens de paiement qui marchent à la place. Sur Thomasovitch.

Sources

PartagerTelegramFacebookXWhatsApp