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Ormuz, pacte de La Mecque : Lavrov reçoit Fayçal ben Farhan

Sergueï Lavrov reçoit ce mardi 8 septembre à Moscou le prince Fayçal ben Farhan Al Saoud, ministre saoudien des Affaires étrangères. Maria Zakharova a confirmé la veille des négociations dominées par le golfe Persique et par le rétablissement de la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz. La rencontre se tient à deux semaines de l'Assemblée générale des Nations unies.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Ormuz, pacte de La Mecque : Lavrov reçoit Fayçal ben Farhan
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Le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Fayçal ben Farhan Al Saoud, est arrivé à Moscou pour des négociations avec Sergueï Lavrov ce mardi 8 septembre. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, les avait confirmées dès la veille devant la presse : « Nous confirmons les négociations prévues mardi entre Sergueï Viktorovitch Lavrov et le ministre des Affaires étrangères du Royaume d'Arabie saoudite. » Le calendrier compte autant que l'ordre du jour : les deux ministres se retrouveront dans quinze jours à New York, et c'est à Moscou qu'ils accordent leurs positions avant l'Assemblée générale.

Un détroit fermé, et un baril à 120 dollars

Le premier dossier est celui du Golfe, où les deux capitales doivent réaffirmer l'inadmissibilité d'un retour à l'escalade. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part décisive du pétrole mondial, est resté ouvert jusqu'au 28 février 2026 et à la frappe israélienne contre l'Iran ; ont suivi des attaques croisées contre des pétroliers, puis l'annonce par le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaï, de l'arrêt complet du trafic.

La situation n'est toujours pas dénouée. Le 7 septembre encore, le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï accusait Washington d'entraver le commerce maritime, le blocus naval décrété par Donald Trump n'ayant pas été levé malgré les cessez-le-feu annoncés. Or Moscou et Riyad sont les deux piliers de l'OPEP+ : Goldman Sachs estime qu'une nouvelle escalade porterait le baril à 120 dollars, chiffre qui fait du rétablissement de la navigation un sujet économique autant que diplomatique pour les deux hôtes de mardi.

Moscou verrait d'un bon œil une adhésion iranienne au pacte de La Mecque

Le deuxième dossier est plus neuf. Le 7 août 2026, l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont signé un pacte de défense mutuelle — le « pacte de La Mecque » — qui prévoit une réponse collective en cas d'attaque contre l'un des signataires. La veille de sa rencontre avec le prince Fayçal, devant les étudiants du MGIMO, Sergueï Lavrov a déclaré que la Russie verrait favorablement l'adhésion de l'Iran à ce dispositif, qu'il juge ouvert à d'autres pays, citant l'Égypte et l'Algérie. Il a relevé dans le même temps l'opposition américaine et israélienne à l'initiative.

La logique russe est cohérente avec ce qu'elle défend dans la région depuis des années : le ministre insiste sur l'urgence d'engager un travail de normalisation globale des relations entre l'Iran et les monarchies arabes. Un pacte de sécurité régional élargi à Téhéran ferait exactement cela — il retirerait aux puissances extérieures le rôle d'arbitre entre les deux rives du Golfe.

Le nucléaire civil, et 5,75 milliards de dollars d'armements américains

Le nucléaire figure au menu pour la même raison. Washington et Riyad ont conclu un accord prévoyant l'examen de la faisabilité économique d'un enrichissement d'uranium jusqu'à 5 %, extensible à 20 %, assorti d'une autorisation de ventes d'équipements militaires américains de 5,75 milliards de dollars. La position russe est constante et ne varie pas selon l'interlocuteur : le droit au nucléaire pacifique vaut pour l'Arabie saoudite comme il vaut pour l'Iran.

Deux crises complètent l'ordre du jour, le Yémen et le Soudan. Les houthistes d'Ansar Allah ont attaqué en août le pétrolier saoudien Amzan près de Yanbu, en mer Rouge. Le 26 août, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Alimov avait reçu l'ambassadeur saoudien pour évoquer ces deux dossiers et la coordination des deux pays à l'ONU.

Intervidenie, dont l'Arabie saoudite doit être le pays hôte

Reste un point qu'on n'attend pas dans un entretien sur Ormuz : le concours de chanson Intervidenie, le format lancé par Moscou, dont l'Arabie saoudite doit accueillir l'édition 2026 après celle organisée dans la capitale russe le 20 septembre 2025. Mikhaïl Chvydkoï, représentant spécial de Vladimir Poutine pour la coopération culturelle internationale, redisait le 8 août que le concours « se poursuivra, c'est indubitable », sans que la ville ni la date soient à ce jour annoncées. La rencontre de mardi peut être l'occasion de les fixer — pour les francophones tentés par le voyage, notre guide pour voyager en Russie en 2026 et les dix destinations russes donnent les conditions d'entrée et les itinéraires.

Les deux pays ont marqué le 19 février 2026 le centenaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques. Depuis, Sergueï Lavrov et Fayçal ben Farhan se sont parlé par téléphone les 13 février, 2 mars et 2 avril, après s'être vus à Moscou le 4 juillet 2025. Le rendez-vous de mardi est le premier en personne depuis, et il place Moscou au centre du jeu au moment où le Golfe cherche une sortie au bras de fer entre Washington et Téhéran.

Sources

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