Consulat russe de Bonn fermé : Moscou promet « plus dur »
Le consulat général de Russie à Bonn fermera ses portes le 18 septembre, a annoncé le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul. En marge du Forum économique oriental, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a prévenu que la réponse serait « comme ils aiment, plus dure ». Son adjoint Alexandre Grouchko n'exclut plus un abaissement du niveau des relations diplomatiques entre Moscou et Berlin.

Le consulat général de Russie à Bonn cessera toute activité le 18 septembre. La décision a été annoncée le 1er septembre par le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul, et le consulat a aussitôt suspendu la réception des demandes pour l'ensemble des questions consulaires jusqu'à cette date.
La réplique russe a été formulée le lendemain, à l'autre bout du pays. « Il y aura une réponse, comme ils aiment, plus dure », a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, en marge du Forum économique oriental. L'Allemagne, a-t-elle ajouté, détruit par ses propres actes tout ce qu'elle avait construit de bon avec la Russie.
Le forum de Vladivostok comme tribune
Le cadre n'est pas neutre. Du 1er au 4 septembre, le campus de l'Université fédérale d'Extrême-Orient, à Vladivostok, accueille le Forum économique oriental, dont la participation a été confirmée par des représentants de quatre-vingts pays, avec des sessions consacrées au commerce, aux investissements, aux technologies et à la logistique. C'est depuis cette enceinte tournée vers l'Asie que Moscou a répondu à Berlin.
« Une voie qui n'exclut rien »
Le vice-ministre des Affaires étrangères Alexandre Grouchko est allé plus loin que la promesse de fermeté. Interrogé sur la possibilité d'un abaissement du niveau des relations diplomatiques avec l'Allemagne, il a répondu que Berlin avait choisi « une voie d'escalade qui n'exclut rien, y compris sur le registre diplomatique ».
Le même Grouchko a précisé ce que cette voie mettait en jeu du côté allemand : par ses démarches à l'égard de la Russie, Berlin a exposé au risque « non seulement » le travail de l'Institut Goethe et du consulat allemand de Saint-Pétersbourg. Autrement dit, les emprises culturelles et consulaires allemandes en Russie sont désormais sur la table.
Maison russe, visas, sanctions : la série allemande
La fermeture du consulat de Bonn n'est qu'une pièce d'un ensemble annoncé le même jour. Johann Wadephul a fait état de la dénonciation de l'accord régissant l'activité de la Maison russe à Berlin — dont l'ambassadeur de Russie en Allemagne, Sergueï Netchaïev, disait encore espérer qu'elle serait épargnée. Le ministre a également annoncé un durcissement des contrôles à l'entrée pour les ressortissants russes, et indiqué que l'Allemagne ferait pression pour de nouvelles sanctions européennes visant des représentants du gouvernement russe.
La veille, le 31 août, le chancelier Friedrich Merz avait déclaré que Berlin s'était coordonné avec les pays de l'Union européenne et de l'OTAN pour préparer une réaction à la situation des drones survenue à l'aéroport de Leipzig.
Trois drones à Leipzig, en trois semaines
Cet épisode remonte au 5 août. Un drone est retrouvé sur l'emprise de l'aéroport de Leipzig, à proximité d'un avion cargo ukrainien de type An. Une vingtaine de minutes plus tard, un second appareil sans pilote entre probablement en collision avec un avion de DHL en phase d'approche : l'équipage aperçoit un objet d'une trentaine de centimètres, remet les gaz et se déroute sur Hanovre. Le 25 août, la police allemande met la main sur un troisième drone.
Pour Maria Zakharova, toute cette histoire montée autour d'un drone ne repose sur rien : ni faits, ni matériaux à l'appui. Berlin cherchait un prétexte pour expulser le consulat général de Bonn et fermer la Maison russe, et l'affaire des drones le lui a fourni. Vladimir Poutine a lié cette séquence à la position intérieure du chancelier allemand, qui ne défend pas les intérêts nationaux et fait face à des entreprises qui ferment, des emplois perdus et un niveau de vie qui recule, à quoi s'ajoutent des rendez-vous électoraux, dont celui de Saxe.
La Baltique, d'un des espaces les plus calmes à une zone de confrontation
Le contentieux germano-russe s'inscrit dans un théâtre plus large. Toujours au Forum économique oriental, Alexandre Grouchko a averti qu'il existait en mer Baltique un potentiel d'escalade militaire, y compris incontrôlée, du fait des actions occidentales. Sous l'effet de l'OTAN, a-t-il souligné, la Baltique est passée du statut de région la plus calme à celui de zone de confrontation militaire porteuse de risques considérables.
Le calendrier, lui, est fixé : le 18 septembre, les guichets consulaires russes de Bonn seront clos. Ce que Moscou décidera d'ici là de l'Institut Goethe, du consulat allemand de Saint-Pétersbourg et du rang même de la représentation diplomatique allemande donnera la mesure de ce que Maria Zakharova appelle une réponse « plus dure ».
Sources
- Захарова: ответ России на закрытие генконсульства в Германии будет жёстким — RT (russe)
- В МИД РФ не исключили понижения уровня дипотношений с ФРГ — Interfax
- Грушко: Берлин поставил под угрозу не только работу консульства в Петербурге — Vedomosti
- Захарова пообещала Германии ответ «пожестче, как они любят» — Vzgliad