Négociateur européen : Moscou juge la position, pas le nom
Le nom de celui qui parlera au nom de l'Union européenne dans d'éventuelles négociations sur l'Ukraine n'a « aucune importance de principe » pour la Russie, a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko. Pour Moscou, ce qui compte est le mandat que Bruxelles lui confiera. Pendant ce temps, la presse européenne avance déjà le nom du président finlandais Alexander Stubb.

Pour Moscou, le nom de celui qui représentera l'Union européenne dans d'éventuelles négociations sur l'Ukraine compte moins que la position qu'il défendra. « Ce n'est même pas une question secondaire, ni même tertiaire : elle n'a aucune importance de principe », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko.
Le diplomate connaît bien le dossier européen. Il a été représentant permanent de la Russie auprès de l'OTAN et suit aujourd'hui au ministère les relations avec le continent. Sa réponse arrive alors que les capitales européennes réfléchissent à un interlocuteur unique face au Kremlin.
Le mandat compte plus que la personne
Pour Alexandre Grouchko, le point décisif est la position avec laquelle ce négociateur viendra à la table, « si l'Union européenne l'y laisse aller ». La formule résume la lecture russe : la vraie question n'est pas de savoir qui Bruxelles choisira. Elle est de savoir si les Vingt-Sept sont prêts à confier à quelqu'un une vraie marge de discussion.
Le vice-ministre a donc renvoyé à une déclaration déjà faite. Selon lui, Vladimir Poutine a déjà dit qui pourrait jouer un rôle vraiment positif dans les négociations.
Schröder, le choix de Vladimir Poutine
En mai, le président russe avait expliqué que l'Europe pouvait choisir elle-même « un dirigeant en qui elle a confiance et qui n'a pas proféré d'horreurs » contre la Russie. Il avait lui-même désigné l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder comme le candidat qu'il préférait du côté de l'UE.
Ce nom a un sens. Gerhard Schröder a dirigé l'Allemagne de 1998 à 2005. Il fait partie des rares responsables d'Europe de l'Ouest à avoir gardé le dialogue avec Moscou après 2022. Le critère posé par Vladimir Poutine est simple : ne pas avoir insulté la Russie. Il écarte une grande partie des dirigeants européens en poste, et c'est là que les deux visions se séparent.
Stubb, le favori de la presse européenne
Car les capitales européennes regardent ailleurs. D'après le Telegraph, les dirigeants européens étudient cinq candidats pour le rôle de représentant unique dans d'éventuelles négociations avec Vladimir Poutine. La Berliner Zeitung, elle, voit dans le président finlandais Alexander Stubb le candidat le plus probable.
Ce n'est pas la première fois que son nom circule. Au printemps, Alexander Stubb avait lui-même dit qu'il pourrait représenter l'Europe face à la Russie. Il est président depuis 2024, à la tête d'un pays qui a rejoint l'OTAN en 2023 après des décennies de non-alignement. La Finlande partage aussi avec la Russie la plus longue frontière terrestre de l'Union européenne.
La suite dépend donc de Bruxelles : choisir un émissaire, et surtout lui donner une position. C'est sur ce second point, et sur lui seul, que Moscou jugera l'offre européenne.