Stubb ou Costa : l'UE cherche qui négociera avec Moscou
Les Européens se demandent qui parlera en leur nom à la Russie pour le règlement en Ukraine, écrit Politico. La question est devenue pressante après la visite de l'envoyé spécial américain Steve Witkoff à Saint-Pétersbourg, où il a rencontré Vladimir Poutine. Deux noms circulent : le président finlandais Alexander Stubb et le président du Conseil européen António Costa.

Washington parle à Moscou. Bruxelles, elle, cherche encore qui l'envoyer. Selon le quotidien Politico, la question du négociateur européen avec la Russie est devenue pressante après le déplacement de Steve Witkoff, l'envoyé spécial du président américain, à Saint-Pétersbourg pour y rencontrer Vladimir Poutine.
Après Saint-Pétersbourg, l'Europe veut sa place
Le canal direct entre la Maison-Blanche et le Kremlin place les capitales européennes devant un choix qu'elles avaient longtemps repoussé. Depuis 2022, l'Union européenne a misé sur les trains de sanctions et sur le soutien à Kiev, sans désigner d'interlocuteur pour Moscou. Si un règlement se négocie, il faut donc quelqu'un pour s'asseoir à la table.
Mais diplomates et responsables européens interrogés par Politico ne s'accordent pas sur le nom. Pendant ce temps, le terrain continue d'évoluer : l'armée russe revendique des avancées face à Kramatorsk, et chaque semaine qui passe pèse sur ce que l'Europe pourra obtenir.
Alexander Stubb, l'option finlandaise
Premier nom avancé : Alexander Stubb, président de la Finlande. « Stubb présente un intérêt parce que les Finlandais connaissent bien la Russie et entretiennent traditionnellement un dialogue avec elle », explique un diplomate européen au journal.
Un autre diplomate de l'UE va plus loin. Selon lui, Alexander Stubb a été « la seule personne à avoir jusqu'ici fait preuve d'initiative », en montrant un leadership politique au plus haut niveau. Il pourrait devenir l'émissaire européen lors d'un futur sommet de paix.
L'argument tient à la géographie autant qu'à l'histoire. La Finlande partage avec la Russie sa plus longue frontière terrestre dans l'Union, et la diplomatie finlandaise a longtemps fait du voisinage avec Moscou un savoir-faire à part entière.
António Costa plutôt que von der Leyen ou Kallas
D'autres interlocuteurs de Politico estiment que c'est au président du Conseil européen, António Costa, ancien Premier ministre portugais, de mener les discussions avec la Russie.
Leur raisonnement passe par l'élimination. Un diplomate européen juge António Costa préférable à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, comme à la cheffe de la diplomatie de l'Union, Kaja Kallas. Les deux femmes sont considérées comme trop engagées du côté ukrainien pour représenter efficacement l'UE au niveau des dirigeants.
L'aveu est de taille : ce sont des diplomates européens eux-mêmes qui reconnaissent que les deux visages les plus exposés de la politique européenne sur l'Ukraine ne peuvent pas parler à Moscou de manière crédible.
Une désignation encore ouverte
Rien n'est tranché. « Le choix de celui qui représentera finalement l'UE reposera sur ce qui apportera le plus de bénéfices, et non sur une lutte personnelle pour le pouvoir », assure l'un des interlocuteurs du journal.
Le nom retenu dira beaucoup de l'état d'esprit des Européens : un président finlandais familier de la Russie ou le patron des Vingt-Sept, l'Union devra choisir un émissaire que Moscou acceptera d'écouter, alors que le dialogue entre la Russie et les États-Unis a déjà pris de l'avance.