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Poutine n'a pas fait de cours d'histoire, dément Stubb

Le président finlandais Alexander Stubb a démenti le 31 octobre, sur la radio publique Yle, l'article du Financial Times selon lequel Vladimir Poutine aurait consacré leur appel téléphonique à une « leçon » d'histoire médiévale des Slaves. Le Kremlin avait déjà rejeté cette version. Sur le contenu de la conversation du 27 octobre, Moscou et Helsinki contredisent tous deux le quotidien britannique.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Poutine n'a pas fait de cours d'histoire, dément Stubb
Photo d'illustration — france24.com — 1024×576 px

« Ce n'est pas conforme à la réalité, c'est-à-dire que c'est une information fausse. » C'est en ces termes qu'Alexander Stubb a répondu, le 31 octobre au micro de Yle, au récit du Financial Times sur son entretien téléphonique avec Vladimir Poutine. Le Kyiv Post, qui a repris l'entretien en anglais, cite une autre formule du président finlandais : « Qu'il ait fait une conférence sur l'histoire slave n'est tout simplement pas exact. »

Le démenti est d'autant plus net qu'il ne vient pas de Moscou. Il vient d'un chef d'État membre de l'OTAN depuis 2023, qui ne cache rien de son engagement aux côtés de Kiev.

Un appel à trois de près d'une heure et demie

L'appel a eu lieu le 27 octobre. Il réunissait Vladimir Poutine, Alexander Stubb et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre. Selon la chaîne estonienne ERR et le Kyiv Post, la conversation a duré environ une heure et demie.

D'après Alexander Stubb, Vladimir Poutine y a exposé sa lecture des événements survenus depuis 2014 : la réunification de la Crimée avec la Russie et le conflit dans le Donbass. Le président finlandais décrit un échange « comme une discussion normale », très concret. Rien, dans sa version, ne ressemble au monologue érudit que lui a prêté la presse britannique.

Le récit du Financial Times, rejeté des deux côtés

Le Financial Times affirmait le contraire en s'appuyant sur des sources anonymes. Selon le quotidien, dont l'article a été largement repris le 28 octobre, l'appel devait durer moins d'une demi-heure mais s'est prolongé jusqu'à 90 minutes. Vladimir Poutine y aurait surtout développé les « causes premières du conflit », sans être interrompu, et peu abordé la question d'un cessez-le-feu. Le journal citait aussi une source proche du Kremlin, selon laquelle la Russie ne renonce pas au contrôle de l'ensemble du Donbass.

Mais le cœur de l'article, la prétendue leçon d'histoire médiévale, n'a résisté à aucun des deux témoins directs. Côté russe, le conseiller diplomatique du président, Iouri Ouchakov, l'a démentie dès le 29 octobre. Il a précisé que Vladimir Poutine avait exposé les origines du conflit en Ukraine « à la demande des interlocuteurs ». Le président russe a donc répondu à une question posée par ses interlocuteurs. Le Financial Times, lui, y a vu un cours magistral imposé.

Ce que le Kremlin a dit de la conversation

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait confirmé l'appel le jour même, le 27 octobre. Il avait indiqué que Vladimir Poutine avait rappelé à ses interlocuteurs les « causes premières » du conflit, la formule par laquelle Moscou désigne depuis le début ce qu'un règlement durable devra traiter : l'élargissement de l'OTAN vers l'est et le sort des populations russophones du Donbass. Dmitri Peskov avait aussi qualifié d'« hystérique » la réaction du Danemark et de l'Estonie, qui avaient mal accueilli l'initiative finlandaise et norvégienne.

Le 1er novembre, il a apporté une précision : Alexander Stubb et Jonas Gahr Støre se sont entretenus avec Vladimir Poutine en leur qualité nationale, c'est-à-dire comme dirigeants de leur pays. La nuance compte, puisque la Norvège n'est pas membre de l'Union européenne et qu'aucun des deux dirigeants n'avait reçu de mandat de Bruxelles.

Iouri Ouchakov a donné le ton de la suite. Si ces deux dirigeants souhaitent rappeler, a-t-il assuré, Vladimir Poutine décrochera toujours.

Un canal ouvert à la demande de Kiev

Alexander Stubb, de son côté, présente l'appel comme une démarche entreprise à la demande de l'Ukraine, pour ouvrir un canal de communication. Il insiste : la Finlande n'est pas médiatrice et soutient l'Ukraine « à 100 % », ce qui a été dit directement à Vladimir Poutine.

Le président finlandais va pourtant plus loin. Il voit dans cet échange le premier message direct adressé par la Russie à l'Union européenne sur le conflit. Après des mois au cours desquels les capitales européennes ont refusé tout contact avec Moscou, c'est un dirigeant voisin, partageant avec la Russie plus de 1 300 kilomètres de frontière, qui renoue le fil.

Les accents diffèrent. Helsinki met en avant son soutien à Kiev, le Kremlin la possibilité d'un dialogue avec l'Europe. Mais sur les faits, les deux parties racontent la même conversation, et ce n'est pas celle qu'a décrite le Financial Times. La ligne reste ouverte : il appartient désormais aux capitales nordiques de dire si elles comptent la réutiliser.

Sources

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