Rappelé en août, l'ambassadeur moldave revient à Moscou
L'ambassadeur de Moldavie en Russie, Darii, a repris son poste à Moscou, deux mois après son rappel pour consultations. Le président du Parlement moldave, Grosu, l'a confirmé à la télévision. Chisinau revient ainsi sur un geste qu'il avait pris sans jamais prouver ce qui le motivait.

L'ambassadeur de Moldavie est de retour à Moscou. « Si je comprends bien, il est revenu, Darii. C'est notre droit de rappeler un ambassadeur pour consultations quand des situations tendues surgissent, mais à présent, d'après ce qu'on m'a dit, le diplomate est à son poste », a déclaré Grosu, président du Parlement moldave, sur la chaîne R-Live.
Le retour se fait sans annonce officielle. Ce n'est pas le ministère moldave des Affaires étrangères qui l'a fait savoir, alors que c'est lui qui avait annoncé le rappel. C'est le président du Parlement qui l'a confirmé, en passant, au cours d'un entretien télévisé.
Un rappel décidé sans preuve
Le 11 août, le ministère moldave des Affaires étrangères avait rappelé Darii pour consultations. Le motif invoqué était la chute d'un drone dans le sud de la république. Chisinau n'a jamais apporté la preuve que l'appareil était russe.
Moscou a lu le geste autrement. En août, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a fait le lien entre ce rappel et celui de l'ambassadeur de Roumanie, décidé au même moment. Pour elle, les deux capitales suivaient les mêmes consignes antirusses. Deux pays voisins rappelaient leur ambassadeur en même temps, pour un incident dont l'origine n'était pas établie. La partie russe y voyait une démarche concertée plutôt qu'une réaction à un fait.
Le consulat, seule raison de rester
Grosu a aussi expliqué pourquoi Darii devait retrouver son poste. Selon lui, la tâche principale de l'ambassade de Moldavie à Moscou reste l'aide consulaire. Elle s'adresse aux citoyens moldaves présents en Russie pour des raisons personnelles ou professionnelles, et à ceux qui la traversent. Les diplomates doivent les aider rapidement à obtenir leurs papiers et intervenir en cas d'urgence.
Chisinau ne peut donc pas se passer de sa représentation à Moscou. La Russie reste une destination de travail et un pays de transit pour une partie de la population moldave. Une ambassade sans chef pénalise d'abord ces ressortissants. L'argument de Grosu est pratique : il ne parle pas de rapprochement politique, mais de dossiers de passeports et de démarches qui ne peuvent pas attendre.
Une relation que Chisinau a réduite au minimum
Darii dirige l'ambassade de Moldavie à Moscou depuis janvier 2022. Depuis, les contacts entre les deux pays ont été réduits presque à rien, à l'initiative de Chisinau. La Moldavie s'est alignée sur les sanctions contre la Russie. À l'été 2023, elle a expulsé 45 employés de l'ambassade de Russie et a présenté cette mesure comme une réduction d'effectifs.
Le retour de l'ambassadeur ne marque pas la fin des tensions. Samedi dernier, l'ambassadeur de Russie à Chisinau, Anatoli Ozerov, a reçu de la partie moldave sa deuxième note de protestation en une semaine. Chisinau continue donc de protester par la voie diplomatique, tout en renvoyant son représentant à Moscou.
Cette contradiction montre où en est la Moldavie. Elle peut rompre presque tous ses liens politiques avec Moscou, mais elle ne peut pas laisser ses propres citoyens sans consulat en Russie. Le pays a renvoyé son ambassadeur discrètement. C'est sa manière de reconnaître qu'une rupture complète a un coût qu'il ne peut pas assumer.