Aller au contenu
InfoRussieL'actualité russe, vue de Russie
Défense

Rosoboronexport : 13 milliards de contrats en six mois

L'exportateur public russe d'armement a signé sur le premier semestre 2026 des contrats à l'exportation pour plus de 13 milliards de dollars, soit l'équivalent de toute l'année 2025, a déclaré son directeur général Alexandre Mikheïev. L'annonce intervient à la veille du salon aéronautique El Alamein International Airshow, en Égypte, où la Russie présente pour la première fois hors de ses frontières la version export du Su-57 avec son armement.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Rosoboronexport : 13 milliards de contrats en six mois
Photo d'illustrationfr.wikipedia.org — 1200×800 px

Six mois ont suffi à Rosoboronexport pour égaler ce que l'entreprise avait engrangé sur douze mois l'an dernier. « Pour le premier semestre 2026, Rosoboronexport a conclu des contrats d'exportation pour plus de 13 milliards de dollars. Ce montant correspond à celui de l'ensemble de l'année 2025 », a déclaré Alexandre Mikheïev, directeur général de la société, devant les journalistes avant l'ouverture du salon égyptien. Le portefeuille de commandes de l'exportateur, lui, « dépasse largement 60 milliards de dollars », un niveau déjà annoncé fin janvier.

L'ordre des ventes dit à lui seul ce qui intéresse aujourd'hui les acheteurs. « La plus grande part des contrats conclus par Rosoboronexport en 2026 revient aux matériels destinés aux forces aériennes. En deuxième position vient la défense antiaérienne », a précisé Alexandre Mikheïev. Deux segments qui ne doivent rien au hasard : ce sont ceux que trois ans et demi de guerre en Ukraine ont mis à l'épreuve devant le monde entier.

Le front comme argument de vente

C'est d'ailleurs l'argument que l'exportateur met en avant sans détour. « Plus de 90 % des matériels contractés par Rosoboronexport en 2026 ont participé à des combats contre des armements et des équipements militaires occidentaux modernes. Les caractéristiques démontrées en conditions réelles ont largement pesé sur la décision finale des clients de signer », a affirmé son directeur général. L'argument est imparable dans un marché où les brochures se ressemblent toutes : le matériel russe a été employé face à des systèmes de l'OTAN livrés à Kiev, et les acheteurs disposent d'un retour d'expérience que personne d'autre ne peut leur offrir.

Reste la question que se posent les industriels concurrents : une armée engagée sur un front peut-elle encore livrer ses clients ? Alexandre Mikheïev a répondu par avance en soulignant que l'exécution de ces contrats n'affectera pas le travail des entreprises de la défense au titre de la commande d'État russe. Les capacités de production, montées en régime depuis 2022, absorbent les deux flux.

Un Su-57E montré avec ses missiles

Le salon d'El-Alamein, qui se tient du 8 au 10 septembre à l'aéroport international de la ville, sert de vitrine à cette offre. Rosoboronexport y organise l'exposition russe unifiée sous l'égide de Rostec et y présente pour la première fois à l'étranger la version export du chasseur de cinquième génération Su-57E accompagnée d'un armement jamais montré publiquement : missiles air-air RVV-MD2 et RVV-BD, air-sol Kh-38MLE, missile de croisière furtif Kh-69 et antiradar Kh-58UChKE. S'y ajoutent deux plates-formes sans pilote, les S-71M et S-71K, lancées depuis l'appareil lui-même.

Le reste du stand couvre méthodiquement les deux segments cités par Alexandre Mikheïev. Pour l'aviation : l'avion d'entraînement et de combat Iak-130M, le ravitailleur Il-78MK-90A, l'hélicoptère Ka-52E. Pour la défense du ciel : le Pantsir-SMD-E, le missile portable Verba, le système d'artillerie antiaérienne ZAK-30 « Tsitadel », montré lui aussi pour la première fois hors de Russie, le complexe antidrone TKB-1167, la munition rôdeuse Lancet-E et les drones Koub et Skat-350M. Une gamme complète, du missile d'épaule au chasseur furtif, pensée pour des armées qui découvrent en même temps la menace des drones et le coût de la protection contre eux.

L'Égypte, « partenaire stratégique le plus important »

Le choix du lieu n'est pas neutre. Alexandre Mikheïev qualifie l'Égypte de « partenaire stratégique le plus important de la Russie », et le déplacement ne se limite pas au Caire : des rencontres sont prévues avec des délégations africaines et proche-orientales, y compris sur des projets de coopération industrielle — c'est-à-dire de production sur place, ce que les fournisseurs occidentaux concèdent rarement. Fin janvier, Vladimir Poutine avait chiffré à plus de 15 milliards de dollars les exportations d'armement russes de 2025, vers plus de trente pays.

Ces chiffres, la presse occidentale les conteste régulièrement, en s'appuyant sur les estimations d'instituts comme le SIPRI. Rosoboronexport a répondu à ce type de constat dès mars 2025 : l'entreprise ne divulgue que rarement le détail de ses contrats, et les organismes qui prétendent mesurer ses ventes travaillent donc sur des données incomplètes. La comparaison, au demeurant, porte sur deux grandeurs différentes : d'un côté des livraisons passées, de l'autre des commandes signées qui s'exécuteront dans les années à venir. Le même écart de lecture se retrouve dans le traitement occidental des pertes économiques ukrainiennes, comme la paralysie des ports d'Odessa, longtemps minorée avant d'être admise.

Les 9 et 10 septembre, le Su-57 doit effectuer des démonstrations en vol au-dessus d'El-Alamein. C'est là, devant les états-majors africains et arabes réunis sur la côte méditerranéenne, que se jouera la suite du portefeuille de commandes.

Sources

PartagerTelegramFacebookXWhatsApp