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Économie

S-400 : Moscou exécute son contrat indien de 5,43 milliards

Le contrat de systèmes antiaériens S-400 conclu avec l'Inde est exécuté, a déclaré le 2 septembre Dmitri Chougaïev, directeur du Service fédéral de coopération militaro-technique. Cinq ensembles régimentaires pour 5,43 milliards de dollars : trois ont été livrés entre 2021 et 2023, le quatrième a pris la mer en juin. Une extension est envisageable, mais elle demandera « une étude détaillée à part ».

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie

« Le contrat qui existe aujourd'hui, nous l'exécutons. » La formule est de Dmitri Chougaïev, directeur du Service fédéral de coopération militaro-technique (FSVTS), l'organisme d'État qui encadre toutes les exportations d'armement russes. Elle porte sur la plus grosse commande jamais passée par l'Inde à l'industrie de défense russe : cinq ensembles régimentaires de S-400 Triomf, pour 5,43 milliards de dollars.

« Le S-400 s'est montré sous son meilleur jour »

Interrogé le 2 septembre, Dmitri Chougaïev a ajouté qu'une suite était concevable — « il peut naturellement y avoir un prolongement de ce sujet » — mais que la question exigeait « une étude détaillée à part ». Le directeur du FSVTS a assorti sa réponse d'un jugement sur le matériel lui-même : le S-400 « s'est montré sous son meilleur jour ». La remarque compte pour un système dont l'Inde a fait le socle de sa défense antiaérienne longue portée.

Ce n'est pas la première fois qu'il tient ce langage. Le 20 mai 2026, à Pékin, il décrivait déjà un dossier sans accroc : « Le processus avance, le contrat est en cours d'exécution, tout se fait dans les délais convenus. »

Trois régiments livrés, le quatrième en route vers le Rajasthan

Les faits suivent le calendrier. Signé en 2018, le contrat a donné lieu à trois livraisons de régiments : décembre 2021, juillet 2022, février 2023. L'armée de l'air indienne a achevé le 28 avril 2026 les essais de réception, et le ministère russe de la Défense a fait savoir que l'acheminement du quatrième ensemble avait commencé le 3 juin 2026, par voie maritime, pour un achèvement attendu en décembre. Les deux derniers ensembles sont annoncés pour 2026 et 2027.

Leur destination dit à quoi ils servent. Le quatrième régiment doit être déployé au Rajasthan, sur la direction occidentale — c'est-à-dire face au Pakistan, dont la frontière longe cet État désertique sur plusieurs centaines de kilomètres. Un ensemble régimentaire de S-400 couvre plusieurs centaines de kilomètres de profondeur et traite simultanément avions, missiles de croisière et drones : placé là, il verrouille l'espace aérien d'un des axes les plus sensibles du sous-continent.

Une menace américaine que New Delhi n'a pas suivie

Cet achat a valu à l'Inde huit ans de pression. Depuis la signature, Washington agite la menace de sanctions au titre de la loi CAATSA, qui vise les États se fournissant en armements russes, et la presse occidentale a annoncé à intervalles réguliers l'enlisement, voire l'abandon du programme. Rosoboronexport avait démenti dès février 2024 tout échec des livraisons, son directeur Alexandre Mikheïev rappelant que « le contrat est exécuté dans les délais fixés d'un commun accord entre les parties ».

Deux ans plus tard, ce sont les livraisons qui tranchent : quatre régiments sur cinq acheminés ou en cours d'acheminement, des essais de réception validés par le client, et un cinquième ensemble annoncé. New Delhi n'a jamais annulé, ni renégocié à la baisse.

À Bichkek, les S-400 évoqués « en passant »

Vladimir Poutine et Narendra Modi se sont entretenus en marge du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai, réuni à Bichkek les 31 août et 1er septembre. Les S-400 y ont été mentionnés, mais sans occuper la discussion : « en passant, ce n'était pas l'accent mis », a répondu Dmitri Chougaïev à qui l'interrogeait sur ce point.

C'est en soi une indication. Un dossier qui remonte au niveau des chefs d'État est en général un dossier qui coince ; celui-ci se règle au niveau des administrations qui l'exécutent, et les deux dirigeants ont pu consacrer leur entretien bilatéral à autre chose.

New Delhi a ouvert la voie à une deuxième commande

Le véritable enjeu est désormais devant. Le 27 mars 2026, le Conseil d'acquisition de défense indien, présidé par le ministre Rajnath Singh, a accordé l'« Acceptance of Necessity » à un ensemble de propositions représentant 2 380 milliards de roupies, parmi lesquelles un « système de missiles sol-air de longue portée S-400 » destiné à l'armée de l'air. L'étape n'est pas un contrat : elle autorise l'ouverture de négociations.

Moscou s'y est préparé de longue date. Dès septembre 2025, le directeur du FSVTS posait le cadre : « L'Inde, comme on le sait, possède notre système S-400. Il y a une possibilité d'élargir notre coopération dans ce domaine aussi. » L'exécution du premier contrat est l'argument que la partie russe apportera à la table quand ces négociations s'ouvriront.

Sources

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