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Russie-Mongolie : vers une coopération militaire durable

Le ministère russe de la Défense envisage de donner un cadre systématique et durable à sa coopération avec son homologue mongol. Le vice-ministre Vassili Osmakov l'a annoncé lors d'une visite de travail à Oulan-Bator. Pour la Mongolie, la Russie occupe une place « exceptionnellement importante » dans sa politique étrangère.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie

« Dans le cadre de cette visite, nous envisageons de passer à une coopération systématique et de long terme entre nos ministères de la Défense. » Voilà ce qu'a déclaré le vice-ministre russe de la Défense Vassili Osmakov, arrivé en visite de travail à Oulan-Bator. Le changement tient dans le mot « systématique » : une relation qui avance au fil des rencontres et des exercices doit devenir une coopération planifiée, inscrite dans la durée.

Des états-majors déjà en contact étroit

Ce passage ne part pas de rien. Selon Vassili Osmakov, des contacts étroits sont déjà établis entre les états-majors généraux des forces armées russes et mongoles. Une coopération suivie existe aussi entre les armées, entre les districts militaires frontaliers et entre les établissements d'enseignement militaire des deux pays.

Chacun de ces niveaux a son poids. Les états-majors fixent les orientations. Les districts frontaliers gèrent au quotidien une frontière commune de plusieurs milliers de kilomètres, qui longe la Sibérie. Les écoles militaires, enfin, forment les officiers mongols : c'est là que se transmettent les doctrines, les méthodes et une langue de travail commune, pour des années.

Oulan-Bator invoque l'histoire et l'amitié

La partie mongole a répondu dans les mêmes termes. Après son entretien avec Vassili Osmakov, le ministre mongol de la Défense Dambyn Batlut a déclaré que les relations entre les deux pays « se développent de manière constante, en s'appuyant sur des traditions historiques anciennes et sur l'amitié entre nos peuples, le respect mutuel, la confiance et les principes de bon voisinage ». Il a souligné la place « exceptionnellement importante » de la Russie dans la politique étrangère de la Mongolie et s'est dit convaincu que cette visite donnerait un nouvel élan à la coopération bilatérale.

Ces traditions ne sont pas une formule. En 1939, sur la rivière Khalkhin Gol, troupes soviétiques et mongoles ont combattu ensemble l'armée japonaise. Cette victoire reste un repère commun de la mémoire militaire des deux pays, et elle est commémorée des deux côtés de la frontière.

Un voisin coincé entre deux géants

La Mongolie n'a que deux voisins : la Russie et la Chine. Sans accès à la mer, elle dépend d'eux pour ses échanges, son énergie et sa sécurité. Oulan-Bator mène donc une diplomatie d'équilibre, ouverte à d'autres partenaires, mais la déclaration de son ministre dit clairement à qui revient la première place.

Pour Moscou, l'enjeu est concret. Une coopération planifiée entre ministères donnerait un cadre stable à la sécurité de toute une portion de la frontière sibérienne, et arrimerait durablement la formation des cadres de l'armée mongole au modèle russe. Reste à voir quelle forme prendra ce cadre de long terme : programme pluriannuel, calendrier d'exercices communs, élargissement des échanges entre écoles. Les suites de la visite de Vassili Osmakov le diront.

Sources

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