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Sanctions Graham : Trump signe, rien ne s'applique encore

Donald Trump a promulgué vendredi 18 septembre le « Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 », qui l'autorise à taxer jusqu'à 100 % les marchandises des cinq premiers acheteurs d'hydrocarbures russes. Le texte est en vigueur depuis sa signature, mais aucune de ses mesures ne se déclenche seule : tout dépend de la décision du président. Le Kremlin y voit des « actions non amicales » qui compliqueront la recherche d'un règlement en Ukraine.

·4 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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Donald Trump a promulgué vendredi 18 septembre le « Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 » (H.R. 5334), le texte que la presse russe appelle la loi sur les « sanctions infernales ». Il autorise la Maison-Blanche à frapper de droits de douane allant jusqu'à 100 % les marchandises des cinq plus gros acheteurs de pétrole brut et de gaz naturel russes — la Chine et l'Inde en tête. Autorise : le mot porte tout le dispositif.

L'arme reste dans la main du président

Car rien ne s'applique automatiquement. Le délai d'entrée en vigueur est de trente jours, mais le président conserve une dérogation discrétionnaire au nom de l'intérêt national, à quoi s'ajoutent des exemptions humanitaires pour les produits agricoles, l'alimentation et les médicaments. La Maison-Blanche présente un texte qui « confirme et élargit » les sanctions, droits de douane et interdictions déjà en place contre la Russie ; les médias russes, RT en tête, insistent sur l'autre lecture, celle qui décrit exactement le même objet : la loi existe, les mesures non, et leur déclenchement appartient à un seul homme. Selon Radio Svoboda, Trump n'a accompagné la signature d'aucun commentaire public.

86 voix au Sénat, 262 à la Chambre

Le parcours parlementaire, lui, a été massif. Le Sénat a adopté le texte le 7 août par 86 voix contre 11 ; la Chambre des représentants l'a voté par 262 voix contre 159 le 16 septembre selon MS Now et NPR — 203 républicains, 58 démocrates et un indépendant pour —, un scrutin que les sources russes et ukrainiennes situent dans la nuit du 17 septembre. S'y est greffé un volet iranien : la loi prolonge de cinq ans les sanctions visant Téhéran, contrepartie exigée par Trump pour accepter l'ensemble.

L'opposition américaine est venue des démocrates, mais pas sur la Russie. Le chef de la minorité Hakeem Jeffries a demandé « pourquoi diable ce Congrès donnerait-il à ce président une autorité sans entrave pour infliger davantage de droits de douane », le représentant Gregory Meeks a reproché au texte de ne rien apporter aux besoins militaires immédiats de Kiev, et Don Beyer a prévenu que Trump pourrait lever les sanctions malgré la loi.

Le texte posthume d'un sénateur mort en juillet

Celui qui a porté ce texte pendant plus d'un an n'était plus là pour le voir signer. Lindsey Graham, sénateur républicain de Caroline du Sud et proche de Trump, est mort subitement en juillet, à 71 ans, d'une dissection aortique, peu après un retour d'Ukraine ; Trump a prononcé son éloge funèbre. Sa sœur, Darline Graham, a commenté la promulgation d'une phrase : « Le Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 est désormais la loi. » Le coauteur démocrate du texte, le sénateur Richard Blumenthal, a pour sa part déclaré que « Poutine est une brute qui ne comprend que la force ».

Sur le fond, la loi nomme ses cibles : les hauts responsables russes, Vladimir Poutine compris, les hommes d'affaires, les banques et institutions financières, les infrastructures et projets énergétiques, la « flotte fantôme » de pétroliers repavillonnés, et elle interdit aux Américains d'acheter de la dette souveraine russe. Une exemption est prévue pour les pays dont les importations de gaz russe pèsent moins de 15 % des exportations gazières russes totales, sous réserve de « mesures significatives » de réduction — clause taillée pour le Japon et l'Union européenne. Le cabinet Fox Rothschild relève en outre, dans la version adoptée par le Sénat, un tarif porté à 500 % sur les biens importés de Russie même : c'est de là que vient ce chiffre repris par la presse indienne, et il ne concerne pas les pays tiers. Aucune de ces catégories ne touche les échanges ordinaires ni les particuliers : le coût réel d'un circuit en Russie en 2026 comme les départs accompagnés en français restent hors de ce périmètre.

Moscou y voit des « actions non amicales »

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a qualifié la démarche d'« actions non amicales » et averti que « l'introduction de sanctions supplémentaires compliquera assurément les efforts de recherche d'un règlement pacifique » en Ukraine. À Moscou, l'analyse va dans le même sens sans dramatiser : Ivan Timofeïev, directeur du Conseil russe pour les affaires internationales, estime dans Vedomosti que les « sanctions Graham » n'introduisent aucune réalité fondamentalement nouvelle, l'essentiel des mesures étant déjà en place — ou contournable par Trump lui-même.

Xi Jinping à la Maison-Blanche dans six jours

Les premiers concernés sont ailleurs. Sur les huit premiers mois de 2026, la Chine a importé 585 millions de barils de brut russe et l'Inde 453 millions. À New Delhi, le Global Trade Research Initiative dénonce « une tentative brutale et dangereuse de faire pression sur l'Inde pour qu'elle signe l'accord commercial bilatéral à des conditions unilatérales », en rappelant que « l'Inde achète du pétrole russe pour garantir une énergie abordable à 1,4 milliard de personnes, pas pour financer une guerre ».

Et le calendrier fait le reste : selon CBS News, Trump doit recevoir Xi Jinping à la Maison-Blanche le 24 septembre, six jours après avoir signé le texte qui lui permet de taxer la Chine à 100 % pour ses achats d'hydrocarbures russes. La loi arrive donc sur la table de négociation avant d'arriver sur les cargaisons.

Sources

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