Spoutniks prépare un satellite à 0,5 m de résolution
Le prochain satellite d'observation de la Terre de Spoutniks emportera une caméra d'une résolution de 0,5 mètre, assez fine pour suivre un objet de la taille d'une voiture. Gueorgui Aliochkine, directeur de l'entreprise, l'a annoncé le 17 octobre. Ce sera l'étape suivante pour le groupe privé russe, qui doit d'abord lancer fin novembre son Kinospoutnik, dont la caméra atteint 0,8 mètre.

Spoutniks veut descendre à un demi-mètre. Son prochain satellite d'observation de la Terre emportera une caméra d'une résolution de 0,5 mètre, a annoncé le 17 octobre Gueorgui Aliochkine, directeur de cette entreprise qui appartient au groupe AFK Sistema. Cet appareil prendra la suite du Kinospoutnik, dont la caméra atteint 0,8 mètre et qui doit partir en orbite d'ici la fin de l'année.
« Si le satellite qui va partir maintenant a une caméra de 0,8 m, notre prochaine caméra sera de 0,5 m. De tels satellites pourront suivre des objets jusqu'à la taille d'une voiture », a déclaré Gueorgui Aliochkine.
Suivre une voiture, en mesurer la taille et la couleur
La résolution d'un satellite d'observation correspond à la surface au sol que couvre un pixel de l'image. À 0,5 mètre, un pixel représente un carré d'un demi-mètre de côté : une voiture n'est plus un point sur l'image mais une forme qu'on reconnaît, et dont on peut suivre les déplacements d'un passage à l'autre. Le site spécialisé iXBT précise que ces appareils permettront aussi de mesurer les dimensions et la couleur des objets observés.
Le saut est net. Passer de 0,8 à 0,5 mètre, c'est diviser par plus de deux et demi la surface couverte par chaque pixel, donc multiplier d'autant la quantité de détails disponibles sur une même zone.
Des jumeaux numériques pour la forêt et les télécommunications
La finesse de l'image n'est pourtant pas une fin en soi. Gueorgui Aliochkine présente comme une priorité l'agrandissement de la constellation d'observation de Spoutniks, destinée aux clients publics comme aux clients commerciaux. Les images doivent servir à construire des « jumeaux numériques », c'est-à-dire des modèles virtuels de sites industriels et de territoires, que l'on peut mettre à jour à chaque nouveau passage du satellite.
Le groupe a déjà de quoi les tester chez lui. Des projets pilotes sont en cours avec des sociétés d'AFK Sistema dans la forêt et les télécommunications, deux secteurs où la Russie gère des surfaces immenses : des massifs forestiers à surveiller, des réseaux à déployer et à entretenir sur des milliers de kilomètres. Plus la résolution monte, plus ces modèles gagnent en précision.
Le Kinospoutnik part le premier, fin novembre
Avant le demi-mètre, il y a donc le Kinospoutnik. Il repose sur Pallada, la nouvelle plateforme de petits satellites de Spoutniks, et emporte une caméra multispectrale. Sa fiche technique, publiée par l'entreprise, indique 0,8 mètre par pixel en panchromatique, c'est-à-dire en noir et blanc, et 2,5 mètres par pixel en multispectral.
Son lancement avant la fin de l'année était annoncé dès le 22 avril. Pendant le Forum économique oriental de Vladivostok, du 1er au 4 septembre, Vsevolod Chevtsov, directeur général adjoint de Spoutniks, en a précisé les conditions : le satellite partira fin novembre à bord d'une fusée Soyouz, en coopération avec Roscosmos. L'agence spatiale fédérale reste ainsi le partenaire naturel des acteurs privés du secteur ; c'est elle qui, avec TASS, avait diffusé les images de l'éclipse du 12 août filmées depuis la Station spatiale internationale.
De 2,5 mètres à 0,5 mètre, la montée en gamme d'un opérateur privé
Spoutniks ne part pas de rien. L'entreprise exploite déjà trois satellites d'observation Zorki-2M, d'une résolution de 2,5 mètres par pixel, et une flotte de 52 nanosatellites Sitro-AIS qui suivent le trafic maritime. La progression se lit dans les chiffres : 2,5 mètres aujourd'hui, 0,8 mètre avec le Kinospoutnik, 0,5 mètre ensuite, soit une résolution divisée par cinq en deux générations.
L'entreprise mène en parallèle un autre projet à 0,5 mètre, d'une autre nature. Son site présente AtomSat, un satellite radar à synthèse d'ouverture, au stade de la recherche et du développement. Un radar voit à travers les nuages et de nuit, une caméra optique restitue l'image telle que l'œil la verrait ; l'appareil annoncé par Gueorgui Aliochkine relève de cette seconde famille.
La suite se jouera fin novembre, au départ de la Soyouz. Si le Kinospoutnik tient ses 0,8 mètre en orbite, Spoutniks aura validé la plateforme Pallada, et la caméra à 0,5 mètre deviendra la prochaine marche d'une constellation privée russe qui veut fournir à l'État comme aux entreprises une image de plus en plus fine du territoire.