Tcheboksary, Kazan, Samara : sept aéroports restreints dans la nuit
Les aéroports de Tcheboksary, Kalouga, Oulianovsk, Samara, Penza et Saratov ont suspendu leurs vols dans la nuit du 22 août, Kazan étant restreint à son tour quelques minutes plus tard. Rosaviatsia justifie ces mesures par la seule sécurité des vols, sans en nommer la cause. Le même matin, le ministère des Situations d'urgence annonçait du brouillard sur le sud-ouest de Moscou, à sept cents kilomètres de là.

Six aéroports arrêtés, Kazan dans la foulée
Rosaviatsia a suspendu au petit matin du 22 août l'accueil et le départ des aéronefs à Tcheboksary, Kalouga (Grabtsevo), Oulianovsk (Baratayevka), Samara (Kouroumotch), Penza et Saratov (Gagarine). L'aéroport de Kazan a reçu les mêmes restrictions quelques minutes après. La formule officielle est identique d'un aérodrome à l'autre : « restrictions temporaires sur l'accueil et le départ des aéronefs », « nécessaires pour assurer la sécurité des vols ».
La carte que dessinent ces sept villes est cohérente : la moyenne Volga, de Penza à Kazan, plus Kalouga au sud-ouest de Moscou. Ce sont les mêmes plateformes qui reviennent, épisode après épisode, depuis le début du mois.
« Assurer la sécurité des vols », et rien d'autre
L'agence fédérale du transport aérien ne dit jamais pourquoi elle ferme. Izvestia relevait déjà, début août, que ses communiqués ne précisent ni drones, ni météo, ni exercice : la sécurité des vols est la seule motivation avancée. L'attribution à une menace aérienne vient des médias, pas de l'agence — Ukraina.ru écrivait ainsi, le 21 août, que six aéroports supplémentaires avaient été fermés en raison d'une menace de drones, en citant Rosaviatsia.
Cette nuit du 21 août avait suivi la même mécanique horaire : Krasnodar (Pachkovski) à 2h22, Kazan et Tcheboksary à 2h45, Samara à 3h08, Vladikavkaz (Beslan) à 3h44, Ijevsk à 4h04, Nijni-Novgorod (Tchkalov) fonctionnant « par coordination ». Kalouga, Volgograd, Penza et Saratov avaient été restreints un peu plus tôt, Penza rouvrant dès 1h36.
Un mois d'août au même rythme
Le 1er août, huit aéroports au moins étaient restreints simultanément selon Izvestia — Bougoulma, Kazan, Nijnekamsk, Nijni-Novgorod, Orenbourg, Samara, Saratov, Tcheboksary — quand Lenta.ru en dénombrait dix pour le même épisode, en ajoutant Syktyvkar et Oukhta. Le 2 août au matin, sept plateformes étaient concernées : Penza, Saratov, Oulianovsk, Samara, Bougoulma, Kazan, Nijnekamsk. Le 8 août à 3h23, Kazan, Tcheboksary et Samara étaient fermés, sept autres restreints. Le 20 août encore, Kazan, Samara, Oulianovsk et Tcheboksary figuraient sur la liste.
En trois semaines, les mêmes noms reviennent une dizaine de fois, presque toujours entre une heure et quatre heures du matin, avec des réouvertures échelonnées dans la matinée. C'est devenu une donnée de l'exploitation aérienne au-dessus de la Volga, au même titre que la météo saisonnière, et l'une des lignes régulières de l'actualité russe de cet été.
Le brouillard, lui, était à Moscou
La Direction générale du ministère des Situations d'urgence pour Moscou a diffusé le 22 août à 5h45 un avertissement fondé sur les prévisions de Rosguidromet : un brouillard réduisant la visibilité à 200 ou 500 mètres était attendu jusqu'à 8h00 dans les districts administratifs de Troïtsk et Novomoskovsk, la couronne périurbaine du sud-ouest de la capitale. Le texte s'adresse aux automobilistes, à qui il recommande d'éviter les manœuvres brusques, et ne mentionne aucun aéroport. La veille à 14h56, le Centre hydrométéorologique avait placé Moscou et sa région en vigilance jaune pour brouillard, de 22h00 à 8h00, avec 9 à 11 °C la nuit et 23 à 25 °C attendus dans la journée de samedi. Un avis comparable avait déjà visé le même secteur dans la nuit du 2 août, avec une visibilité de 100 à 500 mètres.
Aucune source disponible ne relie cet épisode météorologique aux restrictions de Tcheboksary, de Kazan ou de Samara : ce sont deux faits distincts, séparés par plusieurs centaines de kilomètres.
Ce que le brouillard fait vraiment au trafic
Le brouillard, quand il touche un aéroport, produit un tout autre effet qu'une fermeture sèche. Le 3 avril, Biznes Online comptait à Kazan 41 vols retardés au départ, 48 à l'arrivée et deux annulations à cause du brouillard nocturne, un vol vers Saint-Pétersbourg partant avec près de vingt-quatre heures de retard. L'aérodrome de Kazan est certifié catégories I et II de l'OACI, ce qui lui permet d'opérer par visibilité réduite : les appareils se posent, plus tard. Ce même matin, à 8h51, Rosaviatsia fermait Kazan et Nijnekamsk — pour une autre raison.
Pour les voyageurs qui rejoignent la Russie, désormais le plus souvent avec un visa électronique valable 120 jours, la distinction est pratique : un brouillard décale un vol de quelques heures, une restriction nocturne le déplace sur la matinée suivante. Les compagnies intérieures ont construit leurs rotations d'été sur cette contrainte, et les réouvertures avant l'heure de pointe montrent qu'elles y parviennent.