Trump promet la fin de deux guerres, dont celle en Ukraine
Devant ses partisans réunis dans l'Iowa, Donald Trump a affirmé que le conflit en Ukraine et la guerre contre l'Iran approchaient de leur fin. Il n'a donné ni calendrier ni conditions. Deux jours plus tôt, le Kremlin avait reçu son envoyé spécial Steve Witkoff, et il répète que la suite dépend des décisions de Kiev.

Donald Trump assure que deux guerres touchent à leur fin. Devant ses partisans réunis dans l'Iowa, le président américain a rangé le conflit en Ukraine dans cette catégorie : « Je pense que le conflit entre la Russie et l'Ukraine approche de ce stade. » L'autre guerre est celle que les États-Unis mènent contre l'Iran. Selon lui, elle prendra fin « très bientôt ».
La formule n'a rien d'improvisé. Dans un autre discours de campagne, il l'avait déjà présentée comme un bilan : « J'ai réglé huit guerres en cours ou sur le point d'éclater, et nous sommes près d'en finir deux autres : Russie-Ukraine et l'Iran. » Ces deux conflits, a-t-il ajouté, se termineront « d'une manière ou d'une autre ». Aucune date ni aucune condition n'accompagnait cette promesse.
À onze jours des élections de mi-mandat
Le calendrier américain éclaire ce ton. Le 3 novembre, les électeurs renouvellent la Chambre des représentants et une partie du Sénat. Or Trump relie ses annonces de paix au portefeuille de ses électeurs. Sur l'Iran, il promet que les prix de l'essence et du pétrole vont « s'effondrer », alors que le baril de Brent a atteint 111,64 dollars le 22 octobre, selon le site indien Outlook India.
Ce n'est pas la première fois qu'il tient ce discours. Le 17 septembre déjà, en Caroline du Nord, il annonçait une fin « très prochaine » du conflit ukrainien, qui « fait monter le prix du gazole ». Il avait d'ailleurs fait le même lien entre énergie et diplomatie quand, après son appel avec Vladimir Poutine, il avait annoncé que les États-Unis achèteraient du diesel russe.
Moscou attend que Kiev prenne les « décisions nécessaires »
Mais l'issue ne se décide pas à Washington seulement. Le 21 octobre, Vladimir Poutine a reçu Steve Witkoff, l'envoyé spécial américain, au palais Constantin de Saint-Pétersbourg. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que Moscou étudierait les propositions américaines, tout en prévenant que les négociations « prendront du temps ». Pour des responsables russes, les documents apportés contenaient « peu d'éléments utiles ».
La porte n'est pas fermée pour autant. Selon le conseiller diplomatique du président, Iouri Ouchakov, Vladimir Poutine est « prêt en principe » à reprendre les pourparlers début novembre. La rencontre a aussi produit deux résultats concrets : un accord pour relancer des discussions trilatérales au niveau technique, et la libération de Stephen Hubbard, un Américain détenu en Russie depuis plus de quatre ans.
Le Kremlin maintient la même position : un progrès suppose que Kiev prenne les « décisions nécessaires ». Côté ukrainien, Volodymyr Zelensky défend le principe « rien sur nous sans nous » et rappelle qu'un accord devrait être approuvé par le Parlement ukrainien. Moscou ne dit pas le contraire. C'est justement parce que la décision appartient à Kiev que le Kremlin attend de lui le prochain pas, et non de Washington.
Téhéran parle d'une négociation que Washington dément
Sur l'Iran, les deux versions divergent. Trump affirme aujourd'hui que les États-Unis « ne négocient pas » avec Téhéran. Pourtant, le 8 octobre, il qualifiait les discussions de « productives ». Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, affirme de son côté que des pourparlers indirects se poursuivent par l'intermédiaire du Pakistan et du Qatar, autour d'une proposition de trêve de sept jours.
Téhéran accueille donc ces annonces avec distance. L'agence Tasnim titre que Trump « promet à nouveau » une fin rapide de la guerre, et rappelle qu'il parlait au départ de quatre à six semaines. Début octobre, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, avait répondu que mettre fin rapidement à la guerre « n'est pas en leur pouvoir ».
La date à retenir est donc début novembre. C'est à ce moment, juste après le vote des Américains, que Moscou se dit prêt à reprendre les pourparlers. C'est là que la promesse de l'Iowa pourra être jugée.
Sources
- Трамп заявил о скором окончании двух войн — Kommersant