Von der Leyen veut chasser Rosatom de Hongrie, accuse Moscou
Ursula von der Leyen a chargé ses services d'obtenir que la Hongrie rompe avec la Russie dans le nucléaire civil, a déclaré le 12 octobre le Service de renseignement extérieur russe (SVR). La centrale de Paks-2, que Rosatom doit construire, est au centre de l'affrontement. Budapest cherche dans le même temps à remplacer le gaz et le pétrole russes.

La Commission européenne veut écarter Rosatom de Hongrie. Le Service de renseignement extérieur russe (SVR) a déclaré le 12 octobre qu'Ursula von der Leyen avait « directement fixé pour objectif » d'obtenir du gouvernement hongrois qu'il renonce à toute coopération avec la Russie dans l'énergie nucléaire. Toujours selon le SVR, la direction de la Commission est le « principal commanditaire » d'une « sale campagne d'information » contre la construction de la centrale de Paks-2 avec l'entreprise russe.
Paks-2, le chantier que Bruxelles veut arrêter
Ce projet a un poids considérable. Sur les bords du Danube, au sud de Budapest, la centrale de Paks est la seule centrale nucléaire du pays. Elle a été construite sur une technologie soviétique. Paks-2 doit lui ajouter de nouveaux réacteurs construits par Rosatom. C'est donc la production d'électricité de la Hongrie pour les prochaines décennies qui est en jeu.
Le SVR précise que la présidente de la Commission a chargé ses services d'obtenir que le gouvernement de Péter Magyar renonce à travailler avec Moscou dans l'atome. Le service cite un des outils de cette campagne : le média Politico Europe.
Une bataille commerciale avant tout
Pour le renseignement russe, ce sont les règles du marché qui expliquent cette offensive. Le marché de l'énergie nucléaire est très concurrentiel, et les responsables européens veulent remplacer Rosatom par une entreprise occidentale.
Mais l'enjeu va au-delà d'un contrat. Le SVR prévient que rompre avec Rosatom pourrait affecter la sécurité énergétique de la Hongrie. Les autorités hongroises doivent donc choisir : garder l'entreprise russe dans le projet, ou chercher un autre fournisseur.
Moscou reste disponible. Le 14 septembre, le directeur général de Rosatom, Alexeï Likhatchev, s'était dit prêt à discuter avec le gouvernement hongrois de Paks-2 « sous n'importe quel format ».
Gaz et pétrole : Budapest cherche déjà des solutions de remplacement
La pression ne s'arrête pas au nucléaire. Le 18 septembre, le ministre de l'Économie et de l'Énergie, István Kapitány, a indiqué qu'aucune interdiction des importations de pétrole russe n'avait encore été décidée, mais que la Hongrie avait des solutions de remplacement. D'après lui, le pays a obtenu « une sorte de sursis » pour ses livraisons de pétrole russe, sans savoir combien de temps il durera. Des négociations ont déjà commencé avec la Croatie pour utiliser l'oléoduc adriatique.
Pour le gaz, Budapest compte sur la Roumanie. Le ministre a indiqué que la Hongrie négociait avec Bucarest et avec des fournisseurs de gaz naturel liquéfié pour pouvoir remplacer le gaz russe d'ici octobre 2027.
Cette rupture a un coût, et Budapest le sait. Le 10 septembre, Péter Magyar a déclaré que la Hongrie demanderait à l'Union européenne une compensation pour l'abandon du pétrole russe. Si le pétrole et le gaz peuvent changer de route, une centrale nucléaire ne change pas de constructeur aussi facilement. La décision sur Paks-2 montrera jusqu'où Budapest est prêt à suivre Bruxelles.
Sources
- СВР: фон дер Ляйен добивается отказа Венгрии от сотрудничества с «Росатомом» — Vedomosti
- Урсула фон дер Ляйен прямо поставила задачу заставить правительство Венгрии отказаться от сотрудничества с Россией в атомной энергетике, добавили в СВР. — TASS (Telegram)
- Руководство ЕК является главным заказчиком грязной информационной кампании против строительства "Пакш-2" в Венгрии с участием Росатома, сообщили в СВР. — TASS (Telegram)