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Witkoff à Oslo avec Zelensky, puis en Russie chez Poutine

Steve Witkoff, l'émissaire spécial de Donald Trump, doit retrouver Volodymyr Zelensky cette semaine en Norvège, puis se rendre en Russie pour y rencontrer Vladimir Poutine, écrit Reuters. Il arrivera à Moscou avec les idées de Kiev, au moment où Washington réduit nettement son soutien au régime ukrainien.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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Steve Witkoff, l'émissaire spécial de Donald Trump, se rend cette semaine en Norvège pour une nouvelle série de discussions sur le règlement du conflit ukrainien, écrit Reuters, qui cite trois personnes informées du dossier. Selon Axios, la rencontre avec Volodymyr Zelensky aura lieu mardi à Oslo. Mais la Norvège n'est qu'une première étape. Witkoff doit ensuite partir pour la Russie, où l'attend Vladimir Poutine.

À Oslo, les Européens et l'OTAN autour de Kiev

Deux des sources de Reuters attendent la présence du président ukrainien. La délégation américaine devait aussi compter Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Il est malade et suivra les échanges à distance, précise une troisième source.

La liste des participants est plus révélatrice que le lieu. Autour de la table, Reuters annonce le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, des représentants du groupe dit E4 (Royaume-Uni, France, Allemagne et Pologne), de l'Union européenne et de l'OTAN. C'est donc tout le camp qui arme et finance Kiev qui se réunit autour de l'émissaire américain, avant que celui-ci ne se rende chez la seule partie avec laquelle un accord peut réellement se conclure.

Volodymyr Zelensky avait lui-même annoncé lundi que des négociateurs ukrainiens et américains pourraient se retrouver en Norvège dans les prochains jours. Les sources de l'agence préviennent que le calendrier reste provisoire et peut encore changer.

En Russie, l'Ukraine et le cas Stephen Hubbard

Selon les médias américains, Witkoff espère transmettre à Vladimir Poutine, après Oslo, les idées formulées par Kiev. D'après Reuters, les entretiens en Russie porteront sur une série de questions liées à l'Ukraine, mais aussi sur la libération de Stephen Hubbard, un citoyen américain incarcéré en Russie depuis 2022 et condamné pour avoir combattu comme mercenaire aux côtés des forces ukrainiennes.

Witkoff connaît le chemin. Depuis 2025, Vladimir Poutine l'a reçu à plusieurs reprises, et c'est par lui que passe l'essentiel du dialogue direct entre le Kremlin et la Maison-Blanche sur le dossier ukrainien. Inscrire un détenu américain à l'ordre du jour, à côté des questions de fond, revient à miser sur un geste humanitaire comme Moscou et Washington en ont déjà échangé par le passé pour entretenir leur canal de discussion.

Starshield, renseignement, Patriot : Washington ralentit son aide

Le voyage de Witkoff intervient alors que les relations se tendent nettement entre Washington et Kiev. Les autorités ukrainiennes accusent l'administration américaine d'avoir ordonné de brider le débit de Starshield, la version militaire du système satellitaire de SpaceX. Les forces ukrainiennes l'utilisent pour leurs communications sur le front et pour piloter leurs drones. Le contrat est détenu par le département américain de la Défense, qui en laisse l'usage à l'Ukraine. Kiev reproche aussi aux États-Unis d'avoir réduit le partage de renseignement et retardé la livraison de missiles de défense antiaérienne Patriot déjà payés par d'autres pays.

« Tout cela laisse penser qu'une décision politique a été prise pour ralentir le soutien qui nous est apporté », a déclaré Volodymyr Zelensky lundi, dans une vidéo publiée sur Telegram. Les responsables américains démentent. Pourtant, Reuters avait révélé la semaine dernière que l'ordre de limiter Starshield venait de la Maison-Blanche elle-même. Elon Musk, le patron de SpaceX, a d'ailleurs rappelé sur X que ces systèmes appartenant au gouvernement américain et étant contrôlés par lui, toute limite de débit ou d'usage relevait de l'armée américaine ou du président.

L'armement suit la même pente. Selon une des sources de Reuters, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth n'a toujours pas autorisé la livraison du dernier lot d'armes américaines acheté par les alliés de l'OTAN dans le cadre du programme PURL. La source n'a pas pu confirmer que ce lot comprenait des Patriot.

Trump presse Zelensky de négocier

La pression est aussi politique. Donald Trump accuse Volodymyr Zelensky de refuser les pourparlers de paix avec la Russie et a estimé lundi qu'il était peut-être temps que le dirigeant ukrainien « trouve quelqu'un d'autre pour négocier ». Zelensky assure de son côté être prêt à discuter.

Ce reproche, Moscou le formule depuis longtemps. Depuis l'automne 2022, un décret signé par Volodymyr Zelensky lui-même interdit toute négociation avec Vladimir Poutine. Que le président américain reprenne aujourd'hui ce constat à son compte, tout en coupant ou en retardant l'équipement des forces ukrainiennes, change les conditions dans lesquelles Kiev se présente à Oslo.

Witkoff partira donc de Norvège avec des propositions ukrainiennes rédigées sous la contrainte de Washington, et les portera au Kremlin. C'est à Moscou que se jugera ce qu'elles valent.

Sources

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