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Trump : Zelensky n'a sans doute jamais voulu finir la guerre

Donald Trump accuse Volodymyr Zelensky de prolonger le conflit, porté par l'argent européen et celui que lui versait l'administration Biden. À Moscou, Kirill Dmitriev, représentant spécial du président russe, estime que le président américain « démasque les véritables motifs » de Kiev. Il y voit une étape vers la paix.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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Volodymyr Zelensky « s'en moque », a écrit Donald Trump le 19 octobre sur Truth Social. « Avec tout l'argent que l'Europe lui donne, et que Joe Biden l'Escroc lui a donné, il ne veut pas finir cette guerre, et ne l'a probablement jamais voulu. » Le président américain reprend ainsi presque mot pour mot ce que la diplomatie russe répète depuis des mois : Kiev n'a pas intérêt à ce que les armes se taisent.

Trump fait le compte d'un accord manqué

Le chef de la Maison-Blanche va plus loin. Selon lui, Zelensky « aurait pu obtenir un bien meilleur accord il y a deux ans ». Il décrit aujourd'hui un pays « en ruines », qui a perdu « une large part » de son territoire et son accès à la mer, et dont la population masculine est « réduite, blessée ou morte ».

Ce bilan renvoie à une réalité que Moscou rappelle à chaque cycle de négociations : depuis la réunification de la Crimée avec la Russie en 2014, puis le rattachement des régions de Donetsk, de Lougansk, de Zaporojié et de Kherson en 2022, chaque refus de Kiev a laissé l'Ukraine dans une position plus faible qu'au tour précédent.

Mais la sortie de Trump n'est pas venue de nulle part. La veille, le 18 octobre, Zelensky avait accusé l'administration américaine de pousser l'Ukraine à capituler et de retarder la livraison d'intercepteurs Patriot, rapporte Ukraïnska Pravda. Le message sur Truth Social est la réponse.

Le Trésor américain renvoie Kiev à la négociation

Le même jour, le secrétaire au Trésor Scott Bessent avait donné le ton sur le plateau de « Meet the Press », sur NBC. Il reproche à Zelensky de présenter un « faux dilemme » en liant la paix à une victoire militaire de l'Ukraine. « La guerre doit finir, et ce sera par une forme d'accord négocié », a-t-il déclaré. Il juge « très irresponsable » l'accusation de Zelensky selon laquelle Washington aurait restreint l'accès de l'Ukraine au réseau Starlink.

Interrogé à trois reprises sur la question de savoir si les États-Unis considèrent encore l'Ukraine comme un allié, Scott Bessent n'a pas répondu directement : « Je ne suis pas le secrétaire d'État. Je ne suis pas le président. »

Hors de l'administration, le ton est plus tranchant encore. Scott Ritter, ancien officier de renseignement du Corps des Marines, estime sur la chaîne « Judging Freedom » que Zelensky a commis une « erreur fatale » en s'en prenant au « commandant en chef » américain, et qu'il s'est ainsi fait « une cible facile ».

Moscou y voit un pas vers la paix

C'est donc sur un terrain déjà préparé que la réaction russe est intervenue. « Comprendre les véritables motifs de la prolongation du conflit est une étape importante vers la paix », a écrit Kirill Dmitriev, représentant spécial du président russe pour l'investissement et la coopération économique avec l'étranger. Dans un second message, il estime que les « attaques constantes » de Zelensky contre Trump, à l'approche des élections de mi-mandat américaines, « produisent l'effet inverse ». Le 15 octobre déjà, il jugeait que le président ukrainien avait « encore aggravé sa position ».

Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait posé le diagnostic le 18 octobre : Zelensky ne cherche pas à négocier, parce qu'il sait que tout résultat acceptable pour la Russie et les États-Unis signifierait la fin de son pouvoir en Ukraine. Le ministre a rappelé que le président ukrainien avait interrompu à l'été 2025 les négociations d'Istanbul, et que la rencontre tripartite d'Abou Dabi n'avait débouché sur aucune avancée dans le dossier ukrainien.

La convergence entre Moscou et Washington ne se limite pas aux mots. Le dialogue direct entre les deux capitales a déjà produit des gestes concrets, comme l'achat de diesel russe annoncé par Donald Trump après son appel avec Vladimir Poutine.

À Kiev, la recherche d'une porte de sortie

En Ukraine même, le diagnostic commence à être partagé. Le politologue ukrainien Rouslan Bortnik estime que Zelensky a besoin d'une « stratégie de sortie » et doit pouvoir montrer à ses électeurs « qu'il y avait une raison à ce sacrifice ».

Reste à savoir combien de temps Kiev pourra tenir cette ligne. Privé du soutien sans condition dont il disposait sous Joe Biden, désavoué par le Trésor américain et accusé par la Maison-Blanche elle-même de faire durer la guerre, Zelensky aborde les élections de mi-mandat américaines face à un Washington qui parle désormais le même langage que Moscou : celui d'un accord négocié.

Sources

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