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Coulée de boue au Tibet : trois Russes parmi les 261 étrangers disparus

Le bilan de la catastrophe qui a détruit le poste-frontière de Gyirong, au Tibet, atteint 16 morts et 546 disparus, selon le gouvernement de la région autonome. Pour la première fois, les autorités chinoises ont détaillé la nationalité des étrangers recherchés : 261 personnes venues de 23 pays, dont trois Russes. L'ambassade de Russie en Chine, qui raisonne sur les deux versants de la frontière, en dénombre huit.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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Le bilan de la coulée de boue qui a frappé le poste-frontière de Gyirong, dans la préfecture de Shigatse, s'établit à 16 morts et 546 disparus. Le chiffre, arrêté au 29 août à 18 heures, a été présenté le 30 août lors d'une conférence de presse tenue sur place par le bureau de presse du gouvernement de la région autonome du Tibet. Les 27 et 28 août, la télévision publique chinoise faisait encore état de trois morts et 558 disparus.

261 étrangers de 23 pays, dont 104 Népalais

Le même jour, les autorités tibétaines ont publié pour la première fois la ventilation par nationalité des étrangers recherchés sur zone : 261 personnes originaires de 23 pays. Les Népalais forment de loin le contingent le plus nombreux, avec 104 disparus, devant les Indiens (49), les Lettons (33), les Américains (18) et les Britanniques (15). Suivent six Canadiens et six Australiens, trois Allemands, trois Russes, deux Français, deux Irlandais, deux Estoniens, deux Néerlandais et un Ukrainien.

Ce décompte résulte, selon Pékin, de plusieurs campagnes de recensement sur le terrain et de vérifications nominatives aux points de passage ; les ambassades des pays concernés en ont été informées. Les autorités chinoises précisent qu'aucun touriste étranger n'est désormais bloqué dans le district de Gyirong.

L'ambassade de Russie en Chine compte huit disparus

Les trois Russes annoncés par la partie chinoise concernent le seul versant tibétain. L'ambassade de Russie à Pékin, elle, suit l'ensemble de la zone sinistrée, de part et d'autre de la frontière sino-népalaise, et ses chiffres ont évolué avec les recherches. Le 27 août, la représentation diplomatique indiquait que deux ressortissants russes étaient portés disparus dans le district de Gyirong et que la localisation de trois autres restait à établir. Le 29 août, elle portait le total à huit Russes disparus dans la zone frontalière, sans avoir reçu d'information sur leur découverte.

La même journée, l'ambassade faisait état de trois ressortissants russes ayant franchi la frontière au poste de Zhangmu avec son assistance, après l'ouverture par les autorités chinoises d'un itinéraire d'évacuation de secours vers le Népal. Les deux séries de chiffres ne portent donc pas sur le même périmètre : le décompte tibétain s'arrête à la frontière, celui de l'ambassade la franchit. Ce travail de recensement nominatif et d'assistance au passage est le quotidien des représentations diplomatiques russes à l'étranger, rarement visible autrement que dans ces circonstances.

Six à sept minutes entre l'avalanche et l'impact

La cause de la catastrophe a été établie par l'équipe d'intervention d'urgence sur les risques cryosphériques de l'Institut de recherche sur les montagnes de Chengdu, rattaché à l'Académie des sciences de Chine, à partir d'images de télédétection et de relevés de terrain. Le 26 août à 10 h 52, heure de Pékin, une avalanche de glace et de roche s'est déclenchée vers 5 200 mètres d'altitude sur le versant sud d'un sommet du massif du Langtang, en territoire népalais. La masse s'est effondrée jusque vers 4 000 mètres avant de se transformer en une coulée qui a parcouru environ 22 kilomètres pour percuter le poste-frontière de Gyirong, situé vers 1 800 mètres.

Entre le déclenchement et l'impact, il s'est écoulé six à sept minutes. Environ 0,7 kilomètre carré a été dévasté et 27 bâtiments, avec leurs installations annexes, rasés. Les chercheurs chinois rattachent la déstabilisation du glacier à un réchauffement prolongé de la haute montagne, un facteur qu'ils suivent depuis plusieurs années sur ce versant de l'Himalaya.

Le versant népalais compté séparément

Le bilan de l'autre côté de la frontière est beaucoup plus lourd, et Katmandou le comptabilise pour son propre compte : 626 morts au 29 août. La coulée y a suivi le lit de la rivière sur des dizaines de kilomètres, détruisant des localités entières et inondant une large zone en amont du point de passage de Rasuwagadhi.

Côté chinois, les recherches se poursuivent sur les 546 disparus, et l'itinéraire d'évacuation ouvert vers le Népal reste le seul passage praticable pour les étrangers encore présents dans le secteur. C'est par lui que les trois Russes sortis à Zhangmu ont quitté la zone, et c'est par lui que passeront les prochains.

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Sources

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