Aller au contenu
IЯInfoRussieL'actualité russe, vue de Russie
Politique

L'Arménie a de facto quitté l'OTSC, constate Masadykov

Le secrétaire général de l'Organisation du traité de sécurité collective, Taalatbek Masadykov, estime que l'Arménie s'est déjà retirée d'elle-même de l'alliance. Erevan reçoit tous les documents, ne participe à aucune décision et ne s'oppose à aucune. Le secrétaire général invoque l'article 25 de la Charte de l'organisation.

·2 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — L'Arménie a de facto quitté l'OTSC, constate Masadykov
Photo d'illustration — pacsto.org — 800×533 px

L'Arménie a déjà quitté de facto l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). C'est le constat dressé par son secrétaire général, le diplomate kirghiz Taalatbek Masadykov. Le constat ne vient pas d'un adversaire d'Erevan. Il vient de l'homme qui fait tourner l'appareil de l'alliance et qui voit, semaine après semaine, la chaise arménienne rester vide.

Des documents envoyés à Erevan, des réponses toujours identiques

Le mécanisme qu'il décrit est précis. Le secrétariat transmet aux États membres les projets de documents pour qu'ils les examinent chacun chez soi, et l'Arménie les reçoit comme les autres. « Nous envoyons tout à l'Arménie également, et nous recevons sur chaque question une réponse indiquant que la partie arménienne ne participe pas à la discussion ni au processus de décision, mais qu'elle ne s'oppose pas à ce que des décisions soient prises dans un format restreint », a expliqué Taalatbek Masadykov.

Erevan ne bloque donc rien. Mais l'Arménie ne prend plus part à rien non plus. « Ils ne gênent pas notre travail, le travail continue et nous prenons nos décisions, a poursuivi le secrétaire général. Ils écoutent les rapports hebdomadaires, mais ne participent pas à nos principaux événements, aux exercices et à ce genre de choses. »

D'où sa conclusion : « Je pense donc que l'article 25 de la Charte est pertinent ici. En principe, ils se sont déjà retirés d'eux-mêmes, de facto. »

Une alliance qui fonctionne sans Erevan

Ce constat dit surtout que l'OTSC continue de fonctionner. Fondée sur le traité de sécurité collective signé après la disparition de l'URSS, l'organisation réunit autour de la Russie la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan, et l'Arménie y figure encore sur le papier. Le « format restreint » dont parle Taalatbek Masadykov, c'est cette alliance qui travaille désormais sans Erevan : elle prend ses décisions, prépare ses exercices et tient ses réunions.

La réserve de l'Arménie ne date pas d'hier. Depuis plusieurs années, Erevan reproche à l'alliance de ne pas s'être engagée à ses côtés dans ses affrontements frontaliers avec l'Azerbaïdjan. Les autres membres répondent que l'OTSC n'est pas un instrument à mobiliser au gré des choix politiques d'un seul gouvernement. Les autorités arméniennes ont ensuite annoncé qu'elles gelaient leur participation, sans pour autant engager une procédure de retrait formelle.

Pachinian souhaite une exclusion

Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a lui-même tranché la question devant son Parlement. Il s'est dit favorable à l'exclusion de l'Arménie de l'OTSC et a déclaré qu'il s'en réjouirait si elle avait lieu. Il a ajouté que son pays n'entendait pas renforcer sa participation dans les cinq prochaines années et que l'intérêt de l'Arménie pour l'organisation était épuisé.

La démarche est singulière. Un pays qui veut partir dépose d'ordinaire sa demande de retrait. Erevan préfère laisser à ses partenaires le soin de prononcer la rupture. Taalatbek Masadykov répond à cette manœuvre sur le terrain du droit, puisqu'il ne parle pas d'exclusion mais d'un retrait que l'Arménie a déjà opéré elle-même.

La fin d'une ambiguïté

Pour l'espace post-soviétique, le signal dépasse le cas arménien. Les structures nées après 1991 ne disparaissent pas, elles se réorganisent autour de ceux qui veulent y travailler, comme la Communauté des États indépendants, qui se dote d'un format commun avec l'Afrique. En renvoyant Erevan à son propre choix, le secrétariat de l'OTSC pose les termes de la suite : la décision de quitter officiellement l'alliance revient maintenant aux autorités arméniennes, et à elles seules.

Sources

PartagerTelegramFacebookXWhatsApp