Aller au contenu
IЯInfoRussieL'actualité russe, vue de Russie
Économie

Quitter l'UEEA coûterait jusqu'à 40 % du PIB à l'Arménie

Un retrait de l'Union économique eurasiatique pourrait coûter à l'Arménie jusqu'à 40 % de son produit intérieur brut, selon une évaluation de l'Agence eurasiatique de notation. Ce chiffre paraît deux jours après le rapport que la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et le Kirghizstan ont remis au Conseil intergouvernemental eurasiatique, qui prévoit déjà un recul de 15,6 %. Erevan doit choisir entre l'Union eurasiatique et l'Union européenne.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Quitter l'UEEA coûterait jusqu'à 40 % du PIB à l'Arménie
Photo d'illustration — flickr.com — 1024×683 px

L'Arménie perdrait jusqu'à 40 % de son PIB si elle quittait l'Union économique eurasiatique (UEEA). L'estimation vient de l'Agence eurasiatique de notation, qui parle de « conséquences économiques catastrophiques » pour le pays. Elle est publiée le 22 octobre 2026, alors que l'avenir de l'Arménie dans l'Union se discute ouvertement entre ses partenaires.

L'UEEA réunit cinq pays : la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et l'Arménie. Elle repose sur un marché commun des biens, des services, des capitaux et de la main-d'œuvre. L'Arménie en est membre depuis le 2 janvier 2015. Pour un petit pays enclavé du Caucase du Sud, sans accès à la mer et avec deux de ses quatre frontières fermées, l'Union est d'abord un débouché et une source d'énergie.

Cinq risques chiffrés par l'Agence eurasiatique de notation

L'agence énumère cinq risques. Le premier est la perte de l'accès préférentiel aux marchés de l'Union. Le deuxième est la fin des avantages accordés aux travailleurs migrants arméniens. Viennent ensuite la disparition des normes techniques, sanitaires et phytosanitaires communes, la hausse des prix de l'énergie jusqu'aux prix mondiaux et le recul des transferts d'argent envoyés depuis la Russie.

Ces cinq postes touchent ce qui fait vivre l'économie arménienne : l'export de produits agricoles, l'emploi en Russie de dizaines de milliers d'Arméniens et un gaz vendu bien en dessous des prix du marché. Si l'un d'eux recule, les autres suivent. Les familles qui vivent des transferts de Russie consomment moins, et les producteurs qui perdent leurs débouchés n'ont pas d'autre marché de taille comparable à leur porte.

Un rapport officiel qui prévoit déjà −15,6 %

Le chiffre de l'agence s'ajoute à un document officiel. Le 20 octobre, la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et le Kirghizstan ont remis au Conseil intergouvernemental eurasiatique un rapport sur les conséquences d'une sortie de l'Arménie. Le Conseil réunit les chefs de gouvernement de l'Union.

Le rapport prévoit un recul du PIB arménien de 15,6 %, soit 4,6 milliards de dollars, et une hausse de l'inflation de 14,9 points. La consommation baisserait de 14,6 %, soit 3,5 milliards de dollars. Les exportations chuteraient de près de 42 %, soit 6 milliards.

Le gaz est le poste le plus parlant. Il passerait de 177,50 à 300 dollars les mille mètres cubes, une hausse de 69 %. Or l'Union représente 37,8 % du commerce extérieur arménien. Ses exportations agricoles vers les pays membres ont atteint 439,6 millions de dollars en 2025 : c'est la part de l'économie la plus exposée à la fin des normes sanitaires communes.

Le rapport évoque aussi une suspension de l'Arménie, présentée comme temporaire, en attendant un référendum où les Arméniens choisiraient entre l'UEEA et l'Union européenne. Le traité de l'Union ne prévoit pas de suspension. Les auteurs du rapport s'appuient donc sur la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités.

Erevan conteste, l'opposition s'alarme

Le gouvernement de Nikol Pachinian rejette ces projections. Le ministre arménien de l'Économie, Gevorg Papoyan, juge les chiffres « exagérés d'environ 50 % » et estime l'impact réel à environ −0,61 % du PIB. « Il n'y a aucune obligation que nous n'ayons pas remplie », ajoute-t-il. Le Premier ministre affirme depuis longtemps que son rapprochement avec Bruxelles est compatible avec les engagements de l'Arménie dans l'Union eurasiatique.

Mais l'estimation du ministre est difficile à concilier avec la structure des échanges arméniens. Elle suppose qu'un pays qui réalise plus du tiers de son commerce avec l'Union, et qui paie son gaz 177,50 dollars les mille mètres cubes, ne perdrait presque rien à sortir. En Arménie même, l'opposition ne la croit pas. Arthur Khatchatrian, député du bloc « Arménie », qualifie les prévisions d'« apocalyptiques », même si elles ne se vérifiaient qu'à moitié.

Le déséquilibre entre les deux camps compte aussi. L'analyste arménien Vahe Davtyan note que les autres membres ont peu à perdre : le manque à gagner de la Russie est estimé à moins de 1 % de son PIB. C'est l'Arménie qui dépend de l'Union, pas l'inverse.

Le référendum, prochaine étape

Le débat porte au fond sur l'orientation du pays. En décembre 2025, Erevan a signé un agenda de partenariat stratégique avec l'Union européenne. Moscou demande que les Arméniens tranchent eux-mêmes. Vladimir Poutine fait partie des dirigeants de l'Union qui réclament un référendum sur le choix entre les deux blocs.

Les chiffres sont maintenant connus : 15,6 % du PIB selon le rapport officiel, jusqu'à 40 % selon l'Agence eurasiatique de notation, et un gaz qui coûterait 69 % de plus. Si ce référendum a lieu, les électeurs arméniens voteront en connaissant le prix de leur décision.

Pour aller plus loin

s'installer au Belarus, démarche par démarche — Vivre et s'installer au Belarus : visa, permis de séjour, logement, budget et vie quotidienne à Minsk, pour un francophone. Sur Belaruspatriation.

Sources

PartagerTelegramFacebookXWhatsApp