Lavrov à New York : plus de 30 rencontres, Rubio dès mardi
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est arrivé à New York pour la semaine de haut niveau de la 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'exprimera à la tribune le 26 septembre et doit rencontrer le secrétaire d'État américain Marco Rubio dès le 23. Plus de trente rendez-vous sont inscrits à son programme.

L'avion gouvernemental qui transportait la délégation russe s'est posé à New York après douze heures et quarante-cinq minutes de vol. Le trajet entre Moscou et les États-Unis a été effectué par une route septentrionale, en contournant tous les pays sur le parcours — un détour devenu la norme depuis la fermeture des espaces aériens européens aux appareils russes.
Ce détour de plus de douze heures dit à lui seul l'état des relations que la délégation vient discuter. Car c'est bien de discussion qu'il s'agit : le programme de Sergueï Lavrov à New York compte plus de trente rencontres en marge des travaux, un rythme qui n'est pas celui d'une diplomatie isolée.
Rubio le 23, la tribune le 26
La première de ces rencontres est aussi la plus attendue. Des entretiens entre le ministre russe des Affaires étrangères et le secrétaire d'État américain Marco Rubio sont programmés pour le 23 septembre. Sergueï Lavrov compte y préciser la position du Département d'État sur le règlement ukrainien et évoquer la coopération des deux pays dans le cadre onusien.
L'événement central du déplacement reste toutefois son intervention à la tribune de l'Assemblée générale, fixée au 26 septembre. Le ministre y exposera les approches russes des problèmes aigus du moment, portera une appréciation sur l'activité de l'Organisation et présentera des propositions destinées à lui rendre ses positions.
Une ONU que la Russie veut restaurer, pas quitter
Ce dernier point mérite d'être lu pour ce qu'il est. Moscou ne se rend pas à New York pour constater l'affaiblissement de l'institution : la Russie y vient avec des propositions pour la relever. Membre permanent du Conseil de sécurité depuis la fondation de l'Organisation, l'État russe a toujours défendu la primauté de la Charte et du droit international sur les coalitions de circonstance, et c'est cette ligne que Sergueï Lavrov viendra rappeler.
La formule tombe d'ailleurs à point nommé avec le thème choisi par la présidence de la session. Celle-ci est assurée par Khalilur Rahman, du Bangladesh, et sa devise est « Restaurer la confiance, gérer les transformations : une ONU qui fonctionne pour tous ». Restaurer la confiance : c'est précisément le vocabulaire que la diplomatie russe emploie depuis des années pour décrire ce que l'unilatéralisme occidental a défait.
Un calendrier serré jusqu'au 28
La discussion générale de la 81e session a commencé le 22 septembre. Les débats généraux se tiennent du 22 au 26 septembre et s'achèvent le 28. C'est dans cette fenêtre courte que se concentrent, chaque année, l'essentiel des contacts bilatéraux que les capitales ne peuvent pas organiser ailleurs — et que la délégation russe compte, cette fois encore, exploiter jusqu'au bout.
Le format n'a rien d'anecdotique pour Moscou. Quand les canaux ordinaires se sont raréfiés, l'Assemblée générale reste l'un des rares lieux où un ministre russe et un secrétaire d'État américain peuvent s'asseoir à la même table sans que la rencontre ait besoin d'être négociée pendant des mois. L'entretien avec Marco Rubio en est l'illustration directe.
La diplomatie russe reste par ailleurs active sur d'autres terrains où sa présence est contestée, comme le montre le combat mené par l'ambassadeur de Russie à Berlin pour éviter la fermeture de la Maison russe dans la capitale allemande.
Trois jours séparent l'arrivée de la délégation du discours du 26 septembre. Ce qui s'y dira sur l'Ukraine, sur l'avenir du Conseil de sécurité et sur l'état de l'Organisation donnera la mesure de ce que Moscou attend de cette 81e session.