Lavrov à Atlanta après 20 heures de vol pour le G20
Sergueï Lavrov est arrivé le 30 octobre à Atlanta, aux États-Unis, pour la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, présidée par le secrétaire d'État Marco Rubio. Moscou y défend un forum recentré sur l'économie mondiale. La rencontre prépare le sommet des chefs d'État de décembre à Miami, auquel Vladimir Poutine est invité.

Sergueï Lavrov a atterri le 30 octobre à Atlanta, en Géorgie, pour la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20. Elle se tient les 30 et 31 octobre sous présidence américaine. Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé l'arrivée de son chef dans la matinée, heure de Moscou. Il avait fallu 20 heures et 10 minutes de vol depuis la capitale russe, car l'appareil a dû contourner l'espace aérien des pays inamicaux.
Ce détour dit à lui seul les conditions dans lesquelles la diplomatie russe se rend aujourd'hui sur le continent américain. Le ministre est d'ailleurs visé par des sanctions américaines personnelles depuis le 25 février 2022. Un déplacement aux États-Unis n'a donc rien d'une formalité.
Un voyage confirmé deux jours avant le départ
Washington et Moscou ont longtemps laissé planer le doute. Le 21 octobre, lors d'un déplacement en Inde, Marco Rubio avait dit attendre Sergueï Lavrov à Atlanta, tout en précisant que sa venue n'était pas confirmée. La diplomatie russe n'a officialisé le voyage que le 28 octobre au soir, par la voix de sa porte-parole Maria Zakharova. Selon elle, « la majeure partie des questions d'organisation du voyage de la délégation russe aux États-Unis a été réglée au dernier moment ».
Moscou a pourtant choisi d'être présent. Le geste compte : la Russie tient à occuper son siège dans les formats où se discute l'avenir de l'économie mondiale, même lorsque le pays hôte est celui qui la sanctionne.
Moscou veut un G20 recentré sur l'économie
Le thème central de la réunion est l'état de l'économie mondiale face aux tendances géopolitiques, des tendances que Maria Zakharova qualifie de « destructrices ». La délégation russe entend se servir du forum pour « promouvoir les idées russes visant à renforcer les fondements d'un monde multipolaire ».
Sur le fond, la Russie défend un mandat économique du G20, « dépolitisé ». La position renvoie à l'origine du format. Le G20 est né à la fin des années 1990 comme un cadre de concertation entre les grandes économies, et s'est hissé au niveau des chefs d'État lors de la crise financière de 2008. Pour Moscou, le transformer en tribune de pressions politiques revient à le détourner de sa vocation. C'est aussi dans cet esprit que la diplomatie russe multiplie les formats alternatifs, à l'image de la réunion de Minsk où la CEI s'est dotée d'un format commun avec l'Afrique.
Atlanta, dernière étape avant le sommet de Miami
Le choix de la ville a été annoncé par le département d'État le 18 mai 2026. C'est la première fois qu'Atlanta accueille une rencontre de ce niveau, qu'il s'agisse du G20, du G7 ou de l'OTAN. Washington justifie ce choix par le rôle de la ville comme « centre de la diplomatie, des affaires et de la connectivité mondiale ».
La réunion n'est pas une étape parmi d'autres. C'est la dernière rencontre ministérielle de la présidence américaine. Elle prépare le sommet des chefs d'État des 14 et 15 décembre à Miami, au Trump National Doral, le complexe de golf du président américain. Washington y a invité Vladimir Poutine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, affirme qu'« aucune décision » n'a encore été prise sur sa participation.
Un face-à-face avec Rubio très attendu
La presse russe s'attend à ce que Sergueï Lavrov enchaîne les entretiens bilatéraux pendant les deux jours de réunion. La question qui domine est celle d'une rencontre avec Marco Rubio, qui n'était pas confirmée au moment de l'arrivée du ministre.
Le canal entre Moscou et Washington reste ouvert, comme l'a montré la séquence qui a suivi le dernier échange entre les deux présidents, quand Donald Trump a annoncé l'achat de diesel russe. Atlanta offre aux deux diplomaties un terrain de rencontre direct, sur le sol américain.
Ce qui se dira en Géorgie pèsera sur la réponse que le Kremlin donnera à l'invitation de Miami. Six semaines séparent les deux rendez-vous.
Sources
- 🛬 Сергей Лавров прибыл в США для участия в совещании глав внешнеполитических ведомств «Группы двадцати».Подробнее о предстоящем СМИД📍 Атланта, 30 октября — Ministère russe des Affaires étrangères