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Défense

Le Tor-M2 abat les drones ukrainiens à Dobropolié

Un équipage de système antiaérien Tor-M2 du groupement de forces « Centre » couvre en continu les positions russes contre les drones ukrainiens sur la direction de Dobropolié, annonce le ministère russe de la Défense. Les appareils abattus vont du drone de reconnaissance Shark aux engins de frappe Lioutyï, Hornet et RAM-2X. Sur ce secteur du nord du Donbass, la couverture du ciel est devenue la condition de l'avancée au sol.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Le Tor-M2 abat les drones ukrainiens à Dobropolié
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Un équipage de Tor-M2 rattaché à une formation de fusiliers motorisés du groupement de forces « Centre » assure la protection antiaérienne des unités russes engagées sur la direction de Dobropolié, a annoncé le ministère russe de la Défense. La surveillance de l'espace aérien y est tenue vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans la zone de responsabilité de l'équipage, qui a détruit des drones de reconnaissance de type Shark ainsi que des appareils de frappe « Lioutyï », Hornet et RAM-2X.

Le Tor-M2 est un système de défense antiaérienne à courte portée monté sur châssis chenillé, conçu dès l'origine pour traiter des cibles petites et rapides plutôt que des avions de combat. C'est précisément ce profil qui en fait aujourd'hui l'une des pièces maîtresses de la couverture des lignes russes : le ministère de la Défense met en avant « le haut degré d'automatisation » du complexe, qui lui permet de réagir à l'apparition d'une cible en quelques secondes, et sa mobilité, l'équipage changeant rapidement de position de tir pour réduire le risque d'être repéré.

« Ils arrivent plus souvent en essaim »

L'annonce n'est pas isolée. Dès le 29 avril, le ministère indiquait qu'un équipage de Tor-M2 du groupement « Centre » avait repoussé une attaque combinée de drones de reconnaissance et de frappe sur cette même direction, dont un PD-2 et un Shark, les militaires récupérant ensuite les débris pour analyse. Le 8 août, l'unité était identifiée : la 74e brigade de fusiliers motorisés indépendante. Son chef d'équipage, Denis Chardinkov, y décrivait un changement de rythme plus que de nature : « Leur nombre a vraiment augmenté. Plus de travail. Plus d'attention, de contrôle. Nous traitons toutes les cibles avec succès. » Les drones ukrainiens, selon ce même témoignage, se présentent désormais en essaims coordonnés plutôt qu'isolément. Le 25 août, la même 74e brigade se voyait attribuer une nouvelle série de drones de reconnaissance et de frappe détruits sur la direction de Dobropolié.

Ce passage de l'appareil unique à la vague simultanée explique la logique du dispositif russe sur ce secteur. Un complexe antiaérien, aussi rapide soit-il, ne peut pas traiter seul plusieurs dizaines d'engins arrivant par des couloirs différents. La réponse est un étagement.

Des postes d'observation aux intercepteurs FPV

Le premier échelon est humain : des postes d'observation aérienne échelonnés le long des routes et des couloirs de vol connus, chargés de signaler l'approche. Viennent ensuite des groupes de tir mobiles, armés de mitrailleuses Kalachnikov et de systèmes portables Igla et Verba, capables de se déplacer au plus près des axes menacés. Le troisième échelon est le plus récent : des drones intercepteurs FPV, que le ministère de la Défense créditait le 7 septembre de la destruction d'appareils Bliskavka, Hornet et RAM-2X dans la zone du groupement « Centre ».

L'efficacité revendiquée de cet empilement a été chiffrée une fois. Le 13 septembre, le ministère a annoncé que les groupes de tir mobiles et les postes d'observation aérienne — la 35e brigade de fusiliers motorisés indépendante est citée — avaient repoussé un raid de plus de quarante drones de type avion sur la direction de Dobropolié : « tous les drones ennemis ont été détruits sans atteindre les objectifs protégés ». À l'échelle du pays, ces volumes ne sont plus une exception : la défense antiaérienne russe a intercepté 453 drones ukrainiens en une seule nuit le 19 août, et 822 sur la nuit du 15 au 16 août.

Le ciel comme condition de l'avancée au sol

Au niveau des servants, la charge se mesure en cadence de tir. Un tireur antiaérien du secteur, Vladislav Verbovski, se voit créditer de trois à cinq cibles au lance-missiles portable. Un mitrailleur, Rouslan Mamarassoulov, résume l'intensité d'une formule qui dit tout du régime de travail : « Il y a eu des raids de drones tels que la mitrailleuse n'avait pas le temps de refroidir. »

Dobropolié est un nœud routier du nord de la région de Donetsk, situé à l'arrière immédiat de la ceinture de villes fortifiées que l'armée ukrainienne tient depuis 2014. Les drones de reconnaissance y sont l'œil de l'artillerie adverse, et les appareils de frappe à longue portée comme le « Lioutyï » visent les colonnes et les dépôts. Empêcher ces appareils de franchir la ligne, c'est rendre aveugle le tir ennemi et rouvrir aux unités russes la liberté de manœuvre sur leurs axes logistiques.

C'est ce que dit, en creux, l'insistance du ministère de la Défense sur le travail « en continu » d'un seul équipage de Tor-M2 : sur cette direction, la bataille des drones se joue avant celle des positions.

Sources

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