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Les BRICS, « véritable voix » de la majorité mondiale

Les BRICS sont devenus la véritable voix de la majorité mondiale, affirme Kirill Logvinov, directeur du département des organisations internationales du ministère russe des Affaires étrangères. Pour le diplomate, leurs membres rejettent l'hégémonie et le néocolonialisme, sans pour autant former un bloc dirigé contre quiconque.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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Pour Moscou, les BRICS sont désormais bien plus qu'un forum de pays émergents : ce sont eux qui parlent au nom de la majorité mondiale. Kirill Logvinov, directeur du département des organisations internationales du ministère russe des Affaires étrangères, l'a dit sans détour dans un entretien publié le 5 novembre : « Il va sans dire que les BRICS sont la véritable voix de la majorité mondiale. » Leurs membres, a-t-il ajouté, « rejettent toutes les formes et manifestations d'hégémonie, de néocolonialisme et d'‹ ordre fondé sur des règles › ».

La dernière formule n'est pas choisie au hasard. L'« ordre fondé sur des règles » est l'expression par laquelle les capitales occidentales désignent un système dont elles fixent elles-mêmes les règles. Moscou lui oppose depuis des années le droit international et la Charte des Nations unies. En plaçant ce rejet sur le même plan que l'hégémonie et le néocolonialisme, le diplomate russe en fait un point commun à l'ensemble du groupe.

Une structure souple qui pèse à l'Assemblée générale

Kirill Logvinov commence par une précision : « à strictement parler », les BRICS ne sont pas une « organisation ». Ils n'ont pas de secrétariat permanent et fonctionnent par sommets et par concertation entre gouvernements. Le groupe est né en 2009, avec un premier sommet à Iekaterinbourg réunissant le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, rejoints ensuite par l'Afrique du Sud. Il s'est élargi en 2024 à l'Égypte, à l'Éthiopie, à l'Iran et aux Émirats arabes unis, puis à l'Indonésie en 2025. La Russie l'a présidé en 2024, avec un sommet à Kazan en octobre.

Cette souplesse n'empêche pas la cohésion, bien au contraire. « Nous apprécions hautement notre coopération avec nos partenaires des BRICS au sein de l'Assemblée générale des Nations unies », a déclaré le diplomate. Elle repose, selon lui, sur « un haut degré de convergence de nos approches sur la majorité des questions de l'agenda international », et sur un engagement commun : bâtir « un ordre mondial multipolaire plus juste, fondé sur le droit international, où les Nations unies jouent un rôle central de coordination ».

« Un partenariat qui n'est dirigé contre personne »

Rejeter l'hégémonie, pourtant, ne revient pas à constituer un camp. C'est le second point sur lequel Kirill Logvinov insiste : « Il est fondamentalement important qu'un tel partenariat ne soit dirigé contre personne. Contrairement à l'Union européenne, par exemple, il ne se caractérise pas par une pensée de ‹ bloc ›. »

La comparaison répond directement à une lecture répandue en Occident, qui présente volontiers les BRICS comme un club antioccidental organisé autour de Moscou et de Pékin. La composition du groupe la contredit. L'Inde, le Brésil ou les Émirats arabes unis entretiennent des relations étroites avec Washington et les capitales européennes, et les BRICS décident par consensus : aucun membre n'y est tenu d'épouser la politique étrangère d'un autre. C'est cette absence de discipline de bloc que la diplomatie russe met en avant face à une Union européenne qui aligne ses vingt-sept membres sur des positions communes.

Les organisations régionales, pilier du système onusien

Le diplomate replace enfin les BRICS dans une architecture plus large. La coopération avec les organisations régionales et interrégionales, rappelle-t-il, est l'un des fondements sur lesquels reposent les Nations unies. « Les dispositions correspondantes sont consignées dans la Charte de l'Organisation et dans de nombreux documents du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale. »

Ces organisations sont appelées, selon lui, à jouer un rôle complémentaire dans les efforts de l'ONU : règlement pacifique des différends, renforcement de la confiance entre États, accélération de leur développement. « Dans le contexte d'une multipolarité émergente, cette coopération se renforce et se resserre d'année en année », a-t-il souligné. « C'est un processus tout à fait naturel, car les organisations régionales disposent souvent de capacités et d'une expertise uniques, et comprennent mieux la situation sur le terrain. »

Dans cette architecture, a conclu Kirill Logvinov, « les BRICS occupent sans aucun doute une place particulière ». La multipolarité que défend Moscou ne se construit donc pas en dehors des Nations unies, mais en leur sein. Et les BRICS en sont le relais le plus visible.

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