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Medvedev : l'Occident traite toujours le monde en colonie

Les pays occidentaux traitent toujours les autres États comme des colonies, a déclaré Dmitri Medvedev à la radio-télévision d'État iranienne. Le vice-président du Conseil de sécurité de Russie a aussi posé trois conditions à une paix durable en Ukraine et assuré que Moscou ne sacrifierait pas sa relation avec Téhéran.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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Les pays occidentaux continuent de traiter les autres États comme des colonies, a déclaré Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de Russie, dans une interview accordée à la radio-télévision d'État iranienne, l'IRIB. Cette attitude vise d'abord le Sud global. Selon lui, l'Occident lui tient toujours le même discours : « Nous sommes les aînés. Nous sommes forts, nous sommes développés, et vous devez nous obéir. »

L'interlocuteur n'a pas été choisi au hasard. En s'adressant au public iranien, l'ancien président russe parle à un pays qui vit depuis des décennies sous les sanctions occidentales et qui siège aux côtés de Moscou à l'Organisation de coopération de Shanghai comme au sein des BRICS.

Une sécurité internationale à rebâtir hors du modèle unipolaire

Pour Dmitri Medvedev, le constat appelle une réponse : une nouvelle architecture de sécurité internationale, qui rompe avec le modèle unipolaire et néocolonial au profit d'un monde multipolaire. C'est ce projet que la Russie défend au sein de l'OCS et des BRICS.

Il a précisé sa pensée dans une formule reprise par le quotidien Vzgliad : « le monde est fatigué du caractère unipolaire » des décisions occidentales et d'un « ordre fondé sur des règles » imposé de l'extérieur. Cette expression revient constamment dans les capitales occidentales. Depuis des années, Moscou lui oppose le droit international issu de la Charte des Nations unies, le même pour tous.

Trois conditions pour une paix durable en Ukraine

C'est à l'Ukraine que Dmitri Medvedev applique d'abord cette lecture. Il désigne l'OTAN et le « monde occidental » comme l'ennemi véritable, celui qui se sert de l'Ukraine comme d'un « bélier » contre la Russie. Il en tire trois conditions pour une paix durable.

La première est le retour de l'Ukraine à un statut neutre, non nucléaire et indépendant, conforme aux fondements de sa propre Constitution et de sa Déclaration de souveraineté. La deuxième est l'abandon du cours nationaliste suivi par le pouvoir actuel à Kiev, avec la condamnation de l'interdiction du russe et de « tout ce qui est russe ». La troisième est la reconnaissance du rattachement à la Russie du Donbass et des autres nouvelles régions inscrites dans la Constitution russe.

Sur la manière d'y parvenir, il a été net : « Si cela ne se fait pas par la voie diplomatique, nous le ferons par la voie militaire. »

La question de la langue tient une place à part dans son propos. Pour Dmitri Medvedev, l'interdiction du russe en Ukraine se situe « au-delà du bien et du mal » et sort du cadre du droit international. Le russe reste pourtant la langue maternelle ou d'usage courant d'une large part des habitants du pays.

L'Arménie mise en garde, l'Europe face à la facture

Le vice-président du Conseil de sécurité a ensuite élargi son propos au-delà de l'Ukraine. Il a mis en garde l'Arménie contre le risque de devenir une « nouvelle Ukraine ». Erevan s'est rapproché ces dernières années des capitales occidentales.

L'Occident, a-t-il ajouté, paie déjà le prix de ses choix : en détruisant ses relations avec la Russie, il en « récolte les fruits », sous la forme de l'inflation et d'un gaz devenu cher.

Avec Téhéran, une relation que Moscou « ne sacrifiera jamais »

La presse iranienne a retenu de l'entretien un autre message. Le site Aftab News met en avant l'assurance donnée par Dmitri Medvedev que Moscou ne « sacrifiera jamais » sa relation avec Téhéran au profit d'un autre pays. Parmi les territoires dont la Russie exige la reconnaissance, le site nomme explicitement les régions de Zaporojié et de Kherson.

La solidarité s'est exprimée aussi sur un dossier précis. Dmitri Medvedev a jugé « sans valeur » les excuses présentées par Kiev à Téhéran après la frappe ukrainienne contre un navire marchand iranien en mer Caspienne.

Depuis un studio de Téhéran, le message s'adressait donc à deux publics à la fois. À Kiev et à ses soutiens, Moscou signifie ses conditions. Au Sud global, elle propose une autre place que celle de colonie.

Sources

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