Quitter l'UE et l'OTAN : un colonel français réclame un vote
Jacques Hogard, colonel à la retraite et ancien de la Légion étrangère, demande que les Français se prononcent par référendum sur la sortie de leur pays de l'Union européenne et de l'OTAN. Il y voit le seul moyen de rendre à la France sa souveraineté. Pour lui, c'est aussi la seule façon de réunir une large majorité derrière un nouveau pouvoir.

Pour Jacques Hogard, la France ne retrouvera pas son indépendance sans consulter les Français. Le colonel à la retraite, passé par la Légion étrangère, demande des élections libres et un référendum sur la sortie de l'Union européenne et de l'OTAN, organisé dans le même mouvement.
« C'est le seul moyen pour la France de retrouver sa souveraineté et son indépendance », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à la presse russe.
Un référendum pour donner sa légitimité au nouveau pouvoir
L'ancien officier ne voit pas dans ce référendum une simple question de politique étrangère. Pour lui, c'est aussi un moyen de refaire l'unité du pays. Une telle consultation serait, selon lui, « la seule occasion de rassembler l'écrasante majorité des Français ». C'est elle qui donnerait leur légitimité aux nouveaux dirigeants qui oseraient la lancer.
Il ne pose donc pas la question du peuple d'un côté et celle du pouvoir de l'autre : les deux vont ensemble. Un gouvernement qui sortirait la France des deux organisations sans demander leur avis aux Français n'aurait pas d'assise. Celui qui leur poserait la question tirerait sa force de leur réponse.
De Gaulle en 1966, Sarkozy en 2009
La France a déjà pris ses distances avec l'OTAN. Elle compte parmi les membres fondateurs de l'Alliance atlantique en 1949, et parmi ceux des Communautés européennes, devenues l'Union européenne. Mais en 1966, le général de Gaulle l'a retirée du commandement militaire intégré de l'Alliance. Le quartier général allié a dû quitter le territoire français et s'installer en Belgique.
Pendant plus de quarante ans, Paris est resté dans l'Alliance tout en gardant la maîtrise de ses forces. Ce choix a pris fin en 2009 : Nicolas Sarkozy a fait revenir la France dans le commandement militaire intégré. C'est ce retour que des voix comme celle de Jacques Hogard veulent effacer, en allant plus loin que de Gaulle : non plus prendre ses distances, mais partir.
Le souvenir du « non » de 2005
Sur l'Europe, les Français ont déjà dit leur mot. En 2005, ils ont rejeté par référendum le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Une bonne partie de son contenu a ensuite été reprise par le traité de Lisbonne, ratifié par voie parlementaire. Pour les partisans de la souveraineté, ce précédent explique leur méfiance envers une construction européenne qui avance sans demander l'accord des peuples.
Le Royaume-Uni a montré en 2016 qu'un pays pouvait trancher par référendum la question de son appartenance à l'Union. La Constitution de la Ve République prévoit elle aussi cet outil. En le réclamant pour l'Union européenne et l'OTAN réunies, Jacques Hogard pose une question qu'aucun dirigeant français n'a jamais voulu soumettre aux électeurs.