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Silouanov de retour au G20 : Washington invite, Berlin et Varsovie protestent

Anton Silouanov a siégé lundi et mardi à la réunion des ministres des Finances du G20, à Asheville, en Caroline du Nord — sa première participation en personne depuis 2022. Sa venue est une décision de la Maison-Blanche, et son entretien avec Scott Bessent a porté sur le plan de paix en vingt-huit points de Donald Trump. Les Européens, eux, ont obtenu que la photo de famille soit prise sans lui.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
Photo d'illustration — Silouanov de retour au G20 : Washington invite, Berlin et Varsovie protestent
Photo d'illustrationen.kremlin.ru — 940×580 px

Anton Silouanov a repris lundi sa place à la table des ministres des Finances du G20, réunis jusqu'à mardi à Asheville, en Caroline du Nord. C'est la première fois depuis 2022 que le ministre russe des Finances participe en personne à ce format, et la décision ne vient pas du pays hôte au sens protocolaire du terme : sa venue est un choix de la Maison-Blanche, a précisé à Politico Erin Brown, adjointe au secrétaire américain au Trésor chargée des affaires internationales.

Ce que Bessent a dit à Silouanov

La rencontre entre Silouanov et le secrétaire au Trésor Scott Bessent a été « productive », selon la même responsable. Bessent y a transmis à son homologue que le conflit armé en Ukraine doit prendre fin et que les autorités américaines veulent en voir une issue pacifique ; les deux hommes ont abordé le plan de Donald Trump « pour la paix et la croissance économique ». Selon la presse américaine, c'est le document en vingt-huit points qui a constitué le principal objet de l'échange.

Le ministère russe des Finances en a donné une lecture plus large : ont été discutés la coopération entre la Russie et les États-Unis, ainsi que le fonctionnement du G20 lui-même. Mais une source de Politico décrit un entretien plus raide qu'il n'y paraît. Bessent y aurait indiqué que Washington n'allégerait aucune sanction tant que les combats n'auraient pas cessé, et lorsque le ministre russe a voulu ouvrir des sujets d'action commune, il l'a interrompu sèchement : rien n'est possible avant la fin du conflit. Sur le terrain, les six groupements russes engagés en Ukraine continuent de revendiquer des avancées face à Kramatorsk.

Un train de sanctions tenu en réserve depuis décembre 2025

Cette fermeté a une doublure. En décembre 2025, d'après Bloomberg, les États-Unis préparaient un projet de nouvelles sanctions contre la Russie, à activer en cas d'échec de l'accord de paix : le secteur énergétique, la flotte pétrolière dite parallèle et les intermédiaires du transport du pétrole russe. La décision finale revenait à Donald Trump. Les effets de ce type de mesures se lisent déjà loin des salles de réunion, jusque dans les navires immobilisés par la Suède avec des Russes à bord depuis 2025 et dans les virements refusés et les cartes bancaires inutilisables qui font le quotidien financier du pays.

Bessent lui-même avait pourtant exposé, en février 2026, l'autre versant du calcul : un règlement entre la Russie et l'Ukraine ferait baisser les prix du pétrole, puisqu'il remettrait sur le marché des volumes aujourd'hui sous sanctions. Autrement dit, la levée que Washington refuse d'avancer comme concession, il l'a déjà décrite comme un gain pour l'économie américaine.

Klingbeil et Domanski contestent la chaise russe

L'invitation américaine a mécontenté les Européens présents, rapporte Reuters. Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a jugé la présence de Silouanov « assez inquiétante » pour la coopération entre les États-Unis et l'Europe en matière de sanctions : « J'aurais préféré une position claire de la part des États-Unis, pour qu'il ne soit pas reçu comme un invité ordinaire. » Son homologue polonais, Andrzej Domanski, a été plus direct encore : « Nous ne faisons pas confiance à la Russie. » Les officiels européens se sont opposés à ce que le ministre russe figure sur la traditionnelle photo de famille ; le cliché a finalement été pris sans lui.

L'argument russe est d'un autre ordre, et il porte sur la nature même du format. En juin 2026, Moscou a prévenu Washington qu'elle ne reconnaîtrait ni les réunions du G20 ni leurs résultats en l'absence de la Russie : un groupe des vingt principales économies qui délibère sans l'une d'elles ne produit pas des décisions mondiales, mais des positions de camp. La séquence américaine va dans ce sens depuis avril 2026, quand les États-Unis ont fait connaître leur intention d'inviter Vladimir Poutine au sommet du G20 prévu en décembre à Miami.

La comparaison avec l'an dernier mesure le chemin parcouru. À la réunion des ministres des Finances de 2025, Silouanov était absent et la Russie était représentée par Ksenia Ioudaeva, directrice exécutive au Fonds monétaire international pour la Russie. Douze mois plus tard, le ministre est dans la salle, discute en tête-à-tête avec le Trésor américain — et la prochaine échéance est le sommet des chefs d'État, en décembre en Floride, où c'est le président russe que la Maison-Blanche a dit vouloir accueillir.

Sources

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